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« la dernière guerre », cette idée qui, la veille, l’enthousiasmait. La dernière guerre ? Allons done ! est-ce par la guerre qu'on tuera la guerre ? jamais !
finissons le plus tôt possible ! imposons la paix tout de suite ! revenons à l’action internationale révolutionnaire qui seule peut nous affranchir,
Puis chez les soldats eux-mêmes ! ces tranchées à demi pleines d’eau et d’excréments, dont parlait Aubriot ! ce spectacle de l’arrière pendant les permissions, comme l’a noté Bernier : de l'arrière joyeux et tranquille, qui ne conçoit méme pas la vraie existence quotidienne de ces pauvres bougres dans leurs cagnas, sous les marmites.
Beaucoup d’ailleurs n'étaient pas faits pour être des héros. Très dur d’être héros ! Dans la vie ordinaire, on est volontiers douillet. Chez beaucoup d'’écrivains de guerre, vous sentez la rancune exaspérée du paisible homme de plume auquel à été imposée, pendant des mois et des ans, la vie atroce ! Il garde rancune à tout l’univers de ses peurs.
Cet arrière joyeux et rassuré prenait l’habitnde de la gnerre ; j'entends de
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la guerre lointaine et du canon dont on distingue le bruit sourd en prêtant l’oreille ! Cruelle pour qui a son fils au front ! Mais les autres ? Souffrance indirecte ! Peu à peu les gens se mettent à discuter les conditions qu’ont doit imposer aux vaincus. Cléments et débonnaires quand cela tourne mal pour nous, ils deviennent impitoyables et conquérants quand le sort des armes nous favorise.
Si bien que, par une gageure paradoxale, quand les Américains arrivent, nous devenons moins dignes de leur secours.
Hé oui ! les Américains viennent « pour rien » et sans but de conquête.
ls viennent pour le droit des peuples et pour la liberté : mais comme leur arrivée par millions nons apporte la victoire, nous commençons à supputer, nous, ce que doit nous apporter cette victoire.
Les proclamations enflammées de Wilson, qui devraient réveiller chez nous les vieux échos endormis de la grande époque révolutionnaire, électrisent la masse de notre peuple.
Mais déjà les journalistes sourient et raillent entre eux. « Mais oui ! qu’il
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