‹ La victoire en dérouteChapitre 52 sur 169 · SIMS VUE · texte numérisé non relu

SIMS VUE

Le revirement qui s'opéra était déjà préparé avant la guerre par la gocialdémocratie et par les paroles qui venalent de France. La guerre et les échecs miliaires avaient Sapé l'impérialisme. Mais c’est Wilson, et le monde nouveau que sa main tendue montrait tout proche à l’Europe, qui éclairèrent les Allemands et qui les orientèrent.

Jugez de leur déception !

Te gocialisme en Allemagne n’est pas si battu qu’en France : il demeure encore une force puissante ; mais, divisé, n'est-il pas à la merci d’un coup d'Etat militaire ?

Je gais bien ! devant tout danger, il refait aussitôt lunion pour la résistance.

TI] a réussi une première fois !

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Réussira-t-il aussi la prochaine ? Il subsiste, en Allemagne, plusieurs gouvernements d'Etats socialistes, en Saxe, en

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Brunswick. Dureront-ils longtemps encore ?

En tout cas, leur action extérieure a été de la plus haute utilité. Elle est la preuve de l’action décisive qu’aurait exercée en Europe le socialisme, s’il y était puissant. |

Les socialistes allemands ont, à la fois, efficacement soutenu, dans leur patrie, la cause de la paix et les droits de leur pays.

Ils n’acceptent pas le traité de Versallles, mais ils n’attendent sa revision que de l’opinion européenne et du consentement du peuple français revenu à la raison. Îls excluent tout recours aux armes, acceptent le désarmement et y travaillent.

S'ils étaient les maîtres en Allemagne, il deviendrait impossible aux pires chauvins de chez nous de maintenir à leur égard une attitude éternellement hostile et menaçante. La paix de l’Europe serait vite fondée sur des bases solides.

Par malheur, les socialistes ne sont maîtres ni en France ni en Allemagne, les deux pays où il serait essentiel qu’ils le fussent pour fonder cette paix euro-

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péenne. Mais quoi 7 ne sont-ils pas, du moins, les maitres en Russie ?

Certes, et nous allons étudier la Révolution russe et l’effet diviseur qu’elle a produit en France comme en Allemagne.

Tls sont les maîtres de la Russie. Et bientôt, peut-être, de l’Angleterre l

Car le Labour Party n’est pas loin de conquérir, dans le Royæume-Uni, la majorité parlementaire, et dès aujourd’hui l’action qu’il exerce est extrèmement forte, tout spécialement en matière de politique étrangère.

Seulement, c’est en Allemagne et nulle part ailleurs que se jouent aujourd’hui les destinées européennes ! Là se règle, pour longtemps, le sort du monde.

Qi l'Allemagne pouvait être acquise aux idées de paix, si elle entrevoyait sa prospérité future dans un développement 1industriel et commercial, si elle aimait la liberté, une liberté qui ne nuirait pas à son don admirable d'organisation, l’Europe s’orienterait avec elle vers un avenir de Droit et de Paix. Au lieu qu’une Allemagne revenue à son esprit d’avant la guerre, préparant la revanche et la réussissant, dirigera le monde, pour de trop

longues années, vers l'idéal bismarckien de la force triomphante.

æ & Nos amis les plus clairvoyants sont aujourd’hui très pessimistes.

Je connaïs tel bon observateur qui, encore en 1920, sentait en Allemagne un courant fort vers la paix et le rapprochement, et qui, depuis le printemps de 1921, désespère.

L’unité des esprits, me disait-il, se fait contre nous. La mise en demeure de la Commission des Réparations a révolté tout le monde. Les pacifistes se taisent, découragés, et les revanchards guident.

Cette cruelle bêtise « il n’y a qu’une Allemagne », que chez nous criaient les chauvins, elle est devenue vraie.

Le pire est que les masses ouvrières, effrayées des perspectives, se détournent de leurs chefs socialistes et suivent plutôt les directions de leurs grands patrons. |

S'il a raison, tout est perdu. Mais je veux espérer malgré lui.

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