CONSTANTIN DE RENNEVILLE
se plaindre surtout d'Antoine SoreL Les papiers de d'Argenson contiennent contre le curé de Lery un méînoire de la main de Renneville qui n'est évidemment pas la 7narque d'une belle dme, bien qu'il n'ait pas à proprement parler le caractère d'mie dénonciation. U n'est pas douteux, d'autre part, qu'en février 1703, il s'était ouvert, soit à du Juncas, soit à Saint- Mars, de son désir d'éclairer les ministres du roi sur certains faits, relatifs probablement aux affaires des Pays-Bas. A ce sujet, de Torcy écrivit à Saint-Mars : « J'ai reru ce que vous m'avez écrit sur ce que M. Constantin vous a dit. U y a peu de fondeinent à faire sur ses paroles et comme je suis persuadé de Cinutilité des découvertes qu'il propose de faire pour le service du roi, il ne convient pas d'entrer en matières avec lui {{). »
C'est à Londres oit il s'est retiré en 1713 que Renneville écrivit son Inquisition Française. Au volume primitif, il en ajouta successivement trois, de 1715 à 1719, grossissant son histoire de la Bastille, de quantité d'épisodes plus ou moins dramatisés. U n'avait d'ailleurs pas oublié ses compagnons d'infortune. Dès sa sortie de prison, il était intervenu auprès des Etats pour que les pinsonniers détenus à cause de la guerre fussent remis en liberté. Tous furent délivrés à l'exception de Cardel et de Molain quil ne put désigner que par leurs surnoins de la Bastille (2). La publication de son livre lui avait valu des haines puissantes. U7ie nuit, il fut attaqué dans une rue sombre par
(1) Archives de la BastiUe, 12475. (Bibliothèque de l'Arsenal.)
(2) L'Inquisition française, U. Préface, ibid. IV, 277.
t7^ois coupe-jarrets. D'ailleurs, son caractère, aigri par la captivité, le second mariage quil avait contracté avec Judith Devaux lui avaient aliérié le cœur de son fils, « C'est, dit-il, un //rs bon enfant que sa mère^ en mon absence, avait élevé dans une piété exem- 'plaire, mais il s'est laissé séduire par les suggestions de harpies qui ne tendent quà leurs fins honteuses (Ij. » Enfin, on n avait 7nen oublié, assure-t-il, pour le faire succomber sous les calomnies les plies atroces, A Ven croire, ceux qiion appelait en Angleterre les prosélytes ou nouveaux réfonnés avaient mille difficultés pour obtenir leur part de subsides que le roi d" Angleterre et le Parlement attribuaient aux réfugiés pauvres qui ne pouvaient gagner leur vie (2). Son caractèi^e difficile le portait à se quereller avec tous. Aussi finit-il par quitter l" Angleterre , acceptaM le grade de major d'artilleîne et lieutenant-colonel d^ infanterie à la suite, au service de V électeur de Hesse, Il inourut à Cassel, en 1723. Sa veuve, qui lui suî^vécut jusqiien 1763, publia dans cette ville, en 1725, les Œuvres spirituelles laissées par son inari, L'Inquisition Française comportait certainement un cinquième volume que la mort a ernpêché Renneville d'écrire. Le libraire Etienne Roger, d'Amsterdam, le remplaça par un volume sur Tlnquisition de Goa qui était déjà composé lors de la réimpression du deuxième volume de l'Inquisition Française, en 1718.
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(1) L'Inquisition française. II. Préface.
(2) L' Inquisition française. II. Préface.
Ita Vie à la Bastille