‹ La vie à Paris, 1900Chapitre 10 sur 46 · LA VIE A Y A H I · texte numérisé non relu

LA VIE A Y A H I

Litre qui lui fui donné sur la proposition de Carnot) rééditer ses ouvrages de linguistique, ses « Recherches sur les Antiquités des Bretons » et ses « Origines Gauloises >s, Comme Molli net, tout en combattant, la Tour d'Auvergne « bouquinait ». Ccst la Tour d'Auvergne qui, dans le couvent des capucins de Fonlambic, découvrit l'admirable chant euscarîen d' « A3Labizar » ou de Ronce vaux.

Tout son héritage, après une vie d’héroïsme, se composa d’ailleurs de son havresae, de son livre de solde et de son sabre. Cela lui avait suffi, EL ce descendant d’une branche de la maison de Bouillon refusait même le Litre de « premier grenadier » que lui garde la postérité :

— Parmi nous autres soldats, disait-il à Bonaparte, il n’y a ni premier, ni dernier !

Oui, ü faut que Paris dresse à la Tour d’Auvergne le monument promis* EL le capitaine Pain filant du Roui! et M* Hess ont raison de l'aire un nouvel appel au public. Un appel qui, j’espère, sera entendu. De telle sorte que le premier grenadier de la République aura son centenaire, lü 27 juin, ix la fois è Paris et en Bretagne,

Ainsi, par toutes ces préoccupations, le Parisien grippé sc Lient encore au courant de ce qui intéresse la foule. Il ne s’étonne pas que Mme Sarah Reinhard t ait brusquement interrompu, sous le coup de cette diantre de grippe, une représentation d' « Ilamlet »♦ Il connaît les effets bizarres, soudains, de rinüuenza* On des comédiens les mieux doués de ce temps, le plus robuste peut-être, capable <T apprendre un

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rôle en un nuit, perdit littéralement la mémoire à la suite d’une attaque de celle grippe ou « fièvre dengue »« Quand je lui demandais de rejouer un rôle qu'il avait su par cœur pendant des années* il me répondait :

— Qui, mais donnéz-moi trois jours* J'ai besoin de le réapprendre 1

C’est une« atroce compagnonne » — comme dît Don César* que la grippe* Elle brise les os comme jadis le bourreau le faisait aux patients. Toutes les articulations semblent rompues, A travers la fenêtre, le paysage parisien* les arbres sans feuilles, les toits où restent encore* çà et là, comme des « névés » sur les monts, des plaques de la dernière neige, les fiacres qui roulent, les automobiles qui filent, les tramways qui cornent, semblent pour Yinffuenzé enveloppés d’une sorte de brouillard triste. La vie parait avoir quelque chose d’oscüiant. EL ce n'est rien, c'est un mal passager.

Le Parisien malade n'a pas à supporter cet atroce et mélancolique supplice qui inspira* un jour* à Xavier Àllbryet ataxique, un cliebd’œuvro : la « Maladie à Paris ». C’est là qu’on voit que celle solitude parfois souhaitée* devient* à la longue, un supplice, une terreur, car elle s’appelle l'abandon. Ali! la. santé! C'est an premier accroc, au plus petit accroc, qu’on en sent tout le prix!

Et quand je pense à toutes les souffrances, à toutes les misères du Paris Malade* des vrais malades, je me rappelle ce mot de Dumas me disant :

— L'amour, l'ambition, la gloire et les maux qu'ils

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