‹ La vie à ParisChapitre 27 sur 40 · TERESA · texte numérisé non relu

TERESA

Applaudilissimo cd acclaniato dranima in 5 atli, scrillo dalla célèbre penna

di ALESSANDRO DUMAS.

De Milan à Venise. — Les cliemins de fer italiens. — Le parcours. — Les cachets aulrichieus. — L'imagination et la réalilc. — Entrée nocturne à Venise. — Chapitre terrible où le chroniqueur doit la vie à son chaj)eau. — Venise entrevue. — Une nuit sans moustiques, mais troublée par des songes. — Le canon et l'aurore. — La place Saint-Marc. — La basilique. — Les Procuralies. — Le café Florian. — Les petites industries. — Les bouquelicres. — Les décrolteurs. — La Piazzctta. — Le grand canal. — Une féerie.

li août.

En réservant le lac de Côme pour le retour, je ine suis dirigé do Milan à Venise. — Ee trajet entre ces deux villes, sauf une section entre Treviglioet Rrcscia, se fait en onze heures par une voie ferrée. — En Italie comme en Allemagne, les premièies places des chemins de fer sont absolument abandonnées : les compagnies n'ont pas inventé, dans ces pays-là, des secondes inabordables, pour forcer la

recette des premières : — les compartiments italiens sont établis d'après un système qu'on étudie encore en France; — on y monte de face par un escalier bien autrement praticable que notre barbare marchepied : — un couloir de circulation traverse le compartiment dans toute sa longueur; vous trouvez là des sièges vastes et commodes, garnis en cuir, sur lesquels un sybarite pourrait reposer vingt-quatre heures sans sentir ses feuilles de rose se replier. — Les premières n'ont sur les secondes que le frivole avantage d'une ornementation plus luxueuse; — on y trouve des glaces, mais il faudrait avoir la confiance d'Adonis pour payer le plaisir d'y réfléchir son image. — Aussi, le voyageur qu'on rencontre aux places d"élite se signale, par cela seul, comme un touriste de la première candeur. Il n'a de comparable que l'Anglais qui, à l'Opéra, paye son billet de bal dix francs au bureau, quand tous les gantiers et les débitants de tabac en vendent à six francs.

Nous traversons les plaines de plus en plus fertiles de la Lombardie : la culture dominante est celle du maïs, dont la lige atteint là jusqu'à sept pieds de hauteur. C'est d'an effet charmant à l'œil. — Nous traversons des villes, des bourgs, Peschiera, forteresse célèbre, Vérone, Padoue; — partout, les agents autrichiens ajoutent à notre passe-port l'ornement d'un nouveau cachet. Du reste, ce contrôle n'a rien de fiscal comme dans d'autres parties de l'Italie. L'Autriche donne ses timbres et ne les vend pas. — Enfin, à une heure du matin, c'est avec l'émotion naïve d'un enfant qui n'aurait rien vu de sa vie que j'entends le conducteur crier : « Venise ! »

Toutes les choses humaines m'ont toujours paru un peu surfaites par l'imagination ; une certaine déception nous attend toujours quand nous louchons aux objets que nous avons rêves : Venise seule demeure au-dessus de toute attente, et je dois à cette ville merveilleuse la surprise la plus émouvante que j'aie ressentie de ma vie. Théophile Gautier recommande cette entrée de nuit à Venise. — Je fus admirablement servi par les circonstances : — tous mes compagnons de voyage couchaient apparemment en terre ferme : — ce que je sais, c'est qu'ayant pris une gondole, je me trouvai seul , à deux heures du malin, aux prises avec la plus étonnante navigation qu'il ail été jamais donné aux hommes d'inventer. — La gondole

glissait sur l'eau sans bruit, avec une discrélion dont les gondoliers vénitiens ont seuls le secret.

Nous traversions ce réseau de petits canaux, que je conçois bien niainlenanl, mais qui, alors, me paraissaient une invention diabolique. — Ces canaux baignent des rues si élroileï, que deux gondoles peuvent à peine y passer de front; — nous tournions et nous tournions sans cesse dans ce labyrinthe aquatique, passant sous des ponts jetés d'une fenêtre à l'autre, sans fanai, dans cette nuit obscure, qu'éclairait parfois dans le lointain une lumière douteuse, comme celle qui guide les chevaliers à la recherche d'un palais enchanté. — A celte heure de nuit, dans cette ville inconnue et bizarre, toutes les apparitions prenaient un caractère fantastique. Sur un pont, deux ofliciers autrichiens se tenaient immobiles, regardant passer la gondole. Grâce à leur uniforme blanc, je n"hésitai pas à les prendre pour deux fantômes.

Du débarcadère au grand canal, celte navigation, Dieu en soit loué, dure au moins une demi-heure. — Le silence étrange de celte ville unique n'était interrompu que par les inlerpellalions qu'échangeaient, en patois vénitien, les deux gondoliers placés à la proue et à la poupe. Un moment, je crus les comprendre, et il me sembla qu'ils se disaient : « Voilà un étranger qui doit être cousu dor; si nous le coulions sous le pont des Soupirs?... Personne ne le connaît, personne ne le réclamera, et nous sommes ses héritiers naturels. »

Il me sembla aussi que le gondolier de la poupe, inspiré d'un rare bon sens, répliquait : « Eh ! que veux-tu faire d'un voyageur qui a un si vilain chapeau gris ?... Ne vois-tu pas que c'est un des barbouilleurs de papier qui viennent, toute l'année, dessiner la Piazza cl la Piazzeila? Menons-le coucher, et souhallons-lui une bonne nuit et un meilleur chapeau. »

Je demeure convaincu que mon chapeau m"a préservé des horreurs que méditait le gondolier de la proue, et, par reconnaissance, je le porterai toute ma vie. — Je demande seulement à le faire retaper.

Nous débouchâmes, tout à coup, dans le grand canal, et, là, de nombreux becs de gaz offrirent à mes yeux éblouis un morceau de la féerie vénitienne. — C'est donc bien vrai! il y a une ville au monde qui n'est que marbres, palais, statues. —Quels enchanteurs onl fait

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surgir de la mer ces merveilles que j'avais jusque-là reléguées dans le domaine des fictions?

J'avais indiqué au gondolier Ihôtel de l'Europe.— Le concierge nous signifia qu'il était occupato. —Nous poussâmes jusqu'à l'hôtel Danieli, le plus classique de Venise, et, là, je trouvai une chambre.

Deux heures sonnaient quand je me mis au lit : — on m'avait beaucoup efi"rayé des moustiques et aussi

Des punaises [Jien aises, De pouvoir, d'un jeune élrangei-, .Manger.

Je n'ai pas vu Irace de ces hôtes incommodes. Mais mon incursion nocturne dans la ville et tout l'appareil de la Venise mystérieuse et scélérate chantée par le mélodrame avaient laissé dans mon cerveau des impressions obstinées : — mon sommeil fut celui de l'acteur qui s'agite sur un accessoire, avec musique en sourdine à l'orchestre , tandis que le fond du théâtre s'ouvre pour lui dévoiler un rêve en action. — Mon rêve fut celui-ci :

Les douze Autrichiens qui, depuis la frontière, avaient déposé des timbres sur mon passe-port, étaient rangés en ligne, tenant une torche à la main. — Leur chef s'approcha de moi. Par une de ces bizarreries si communes dans les songes, cet inquisiteur avait la tète et la voix un peu voilée de Grassot. Il me parla en ces termes :

« El gnouf, gnouf, gnouf! — Nous venons donc surprendre les secrets de Venise? Nous prenons l'aigle d'Aulriclie pour une autruche? — El tout cela pour écrire dans des petits papiers ! — Ah ! ah î al) ! nous allons voir. — On me prend pour un baladin, — moi dont les ancêtres ont épousé la mer! »

J'étais bien aise de rencontrer Grassol, et je voulus m'en faire reconnaître.

« Gnouf! gnouf! gnouf! pas de familiarité, reprit le farouclu' inquisiteur. — Nous ne somnies pas ici pour jouer des pièces de Labiche. — Tu as pénétré dans Venise malgré la défense des inqui-

silours d'État. — Nous allons le décoller; — à moins que tu ne préfères Loire l'eau du grand canal pour l'en retourner à pied sec à Paris. — Tu refuses de boire le canal? — Alors, nous allons le décapiter sur le grand paillasson de l'escalier des Géants, comme Marino Faliero. — Cela fera plaisir à Marc Fournier. — Coupart! dites à vos hommes de se tenir prêts. »

La scène changea subitement. — Je me trouvai sur un gra„a radeau. — Je rencontrai là Paul de Saint-Victor. — Je lui contai mon affaire en le priant de faire mes adieux à ma famille. — Je le chargeai aussi d'avertir les directeurs de ne plus m'envoyer de slalles pour les premières représentations. Saint-Victor se mil à rire :

« C'est la première fois que vous venez à Venise, me dit-il ; — eh bien, c'est votre baplême du tropique...

— Comment?

— Oui; — il y a ici une société de farceurs qui promènent les étrangers nouvellement débarqués dans les horreurs ténébreuses de la Venise de l'Ambigu. — Tout cela flnira demain par un déjeuner. — Vous avez bien reconnu Grassot? C'est le vice-président de la société, dont le président est Donvé. »

J'embrassai Saint-Victor et je m'éveillai. — Il y a toujours dans les rêves des impressions de la vie réelle qui surnagent sur ces abîmes de folie. — Saint-Victor se rencontrait là probablement parce ' que, à Paris, il m'avait annoncé qu'il me retrouverait à Venise. — Uuant à Donvé, son intervention était encore plus logique. — La veille même de mon départ de Paris, le tapissier de l'Opéra, l'excellent Duval, un Mécène en palissandre, donnait à Courbevoie un gala de soixante couverts où je rencontrai Donvé, ce dernier des trouba- "dours, qui chanta diverses gaudrioles en s'accompagnant de la guilare. — Venise, — guitare, — vous voyez la liaison des idées.

Le lendemain, j'étais sur pied dès l'aube. — A Venise, le bon vouloir des gens vertueux qui aiment à voir lever l'aurore est encouragé par un bâtiment autrichien en station dans la lagune de l'ouest qui, tous les malins, annonce le soleil par un coup de canon. — Je louai une gondole à la journée. — Le premier jour, il n'y a pas autre chose à faire. — Plus lard, on parvient à s'orienter dans ce réseau de petites rues et dans les îlots, reliés par des ponts, où les indigènes

circulent toujours à pied sec; — mais, au début, on ne saurait faire un pas dans Venise si on n'avait une gondole à ses trousses. — D'ailleurs, dans tous les temps, la gondole est de rigueur pour parcourir la grande artère et le siège de toutes les merveilles de Venise,

— le grand canal.

Naturellement, je courus tout d'abord à la place Saint-Marc. — La fameuse basilique est là : je ne vous la décrirai pas — (relisez îtalia).

— Je me bornerai à vous dire que, quand on ne connaît ni la Sainte- Sophie de Conslanlinople, ni les étonnantes découpures de l'Alhambra, on ne peut se faire aucune idée de ce style gréco-byzantin, mêlé d'arabe, qui se signale dans la basilique et le palais ducal. — C'est quelque chose de tout à fait nouveau et surprenant pour les hommes du Nord occidental, qui ne connaissent que l'art grec ou romain, la renaissance ou le gothique.

La place Saint-Marc, proprement dite la Piazza, forme un carré long assez semblable au Palais-Royal. — La Basilique et une moitié du palais ducal, un peu masquée par la tour carrée ou campanile de Saint-Marc, ferment un des côtés du carré; — les trois autres sont occupés par des galeries à arcades qu'on appelle les Procuralies. C'est là le centre de toutes les élégances et de tous les loisirs de Venise. C'est là qu'on rencontre ce fameux café Florian, qui est à la fois une Bourse, un foyer et un lieu de rendez-vous universel. — On dit que le café Florian n'a jamais fermé: — ce qu'il y a de certain, c'est que, cette nuit, en revenant de la Fenice, à deux heures du matin, j'y ai trouvé des gens qui prenaient des glaces avec autant de sérénité qu'en plein midi.

Toute la journée et une partie de la nuit, on rencontre sous les Procuraties, un incroyable fourmillement de Vénitiens et de cosmopolites. — Là, on demande des glaces, des sirops de cerise, des limonades dans tous les idiomes connus; car, à Venise, on ne fait pas trente pas sans s'otîrir à soi-même un rafraîchissement qu'on accepte toujours.

Toutes les petites industries parasites circulent sous les Procuralies et contribuent à leur donner une physionomie orientale. — Des I-evanlins vous offrent des parfums et des essences de Constanlinople; — des juifs vous proposent leurs éternels petits canifs; —

comme à Florence, deux ou trois bouquelières viennent tous les malins, au café Florian, fleurir notre boutonnière. — Ce petit commerce se fait avec beaucoup de grâce et de discrétion ; — la fleuriste qui a adopté un étranger lui donne tous les jours son petit bouquet, et s'éloigne rapidement sans jamais rien demander. — Le jour du départ seulement on lui donne une pièce de monnaie dont elle est toujours satisfaite. — Il n'y a qu'une industrie que je n'ai jamais pu comprendre dans cette ville, tout entière pavée de dalles comme une église et où, même en admettant la pluie, la boue est chose inconnue, c'est l'industrie des décrotteurs. — Cependant, à chaque pilier des Procuraties, on rencontre un de ces fanatiques amants de la propreté de la chaussure. — Mais aussi il faut voir quelle diplomatie ils déploient pour se procurer un client. — Vous êtes au café Florian, lisant un journal : vous levez les yeux et vous voyez un farceur qui contemple d'un air triste votre bottine. « 0 signor! — poussière... pauco... poussière...

— Non... laissez-moi.

— 0 signor...

— Mais laissez-moi donc... »

Ici, le décrotteur se jette à vos pieds.

« 0 signor! — pour l'honneur de Venise... »

Vous êtes vaincu, et, pour Ihonneur de Venise, vous laissez cirer vos bottes et un peu votre pantalon.

Quand il s'agit d'un Vénitien, la formule est difTérenle; — le décrotteur se prosterne comme ci-dessus, en s'écriaiit : « 0 signor, que diraient les doges, vos aïeux, s'ils vous voyaient en cet état? »

Enfin, quand le décrollage ne peut s'opérer, ni par l'insinuation, ni par la violence, il s'accomplit par la ruse; — un jeune Vénitien de quatre ou cinq ans, gros comme un moustique, se glisse sous voire table; — un farfouillement insensible vous avertit à la longue de la présence d'un corps étranger sur votre botte; mais, quand vous découvrez le délinquant, le délit est consommé. — Je répète que la boue est une chimère à Venise, et que les décrotteurs n'y peuvent vivre qu'à force de génie et d'invention. — Mais ce n'est pas toujours une explication suITlsante de la jnanie qu'ils ont de cirer les pantalons jusqu'à la naissance du mollet.

Toutefois la Piazza n'est qu'un lieu de réunion dont l'horizon est borné : — le point de vue merveilleux est à la Piazzelta, ou petite place, qui lui donne accès en venant du canal. — Là, en tournant le dos à Saint-Marc, vous avez : à gauche, le palais ducal; — à droite, le palais impérial ; — en face, les deux colonnes si célèbres, — le grand canal, — et, de l'autre côté de ce canal, l'église Saint-Georges, qui semble gracieusement accroupie dans la lagune. — C'est là, au môle, qu'il faut s'embarquer pour suivre les sinuosités du canal dans le sens du Rlalto. — Tous les palais de Venise sont là qui vous regardent passer; — tous les grands noms de la ville des doges sont attachés à ces marbres, autrefois pleins de bruits et de fêles, et aujourd'hui pour la plupart sombres et abandonnés.

Parfois, cependant, Venise semble sortir de ce sommeil et se souvenir. — Demandez à Eugène Guinot, que j'ai rencontré ici, quelle impression nous a laissée la soirée du dimanche 3 août. — Nous étions sur le canal : au delà du Rialto, nous rencontrâmes une immense gondole, parée de fleurs, qui portait des musiciens invisibles, — la musique d'un régiment autrichien. — Une centaine de gondoles éclairées de ces feux de couleur que nous appelons flammes de Bengale, suivaient la sirène harmonieuse; — les marbres baignés dans les lueurs immenses et phosphorescentes, apparaissaient comme ces palais enchantés que les génies évoquent des flammes. — Sous les baldaquins de leurs palais, des femmes vêtues de mousselines digphanes et penchées dans des altitudes molles et vaporeuses, semblaient les fées de ce beau conte adriatique. Rien ne peut rendre l'enivrement d'une pareille scène, dont Venise garde le secret. « En efl"et, dit très-bien Théophile Gautier, Venise est un drame dont les acteurs ont disparu ; mais la décoration est encore debout. " — Et quelle décoration !

On ne rend pas compte de Venise comme d'un vaudeville. — On voudrait se borner, on est débordé. — Aussi bien je ne demande qu'à rester ici quelques jours encore. — Après vous avoir communiqué mes premières impressions, je me propose, à une prochaine entrevue, de vous initier plus familièrement aux splendeurs de cette étonnante féerie.-

La chaleur à Venise. — Le commerce. — Les boutiques. — Le Lido. — Les bains de mer. — Les marchands italiens. — Un couvent arménien.

— Excursion sur le grand canal. — Le palais ducal. — La bouche de fer. — Les prisons. — Le pont des Soupirs. — Théorie sur Venise. — Les palais. — Le Riallo. — Les marchés. — Le comte de Chambord. — La duchesse de Berry. — Leurs palais. — Souvenirs historiques. — L'.\cadémie des beaux-arts. — Les collections particulières. — La collection Corrcr. — Les théâtres. — La Compagnie française à Venise.

— Mademoiselle Laurentine. — La Fenice. — Débuts de madame Medori. — Le passé et l'avenir de cette chanteuse. — Le dilettante vénitien. — Constitution des théâtres en Italie. — Adieux à Venise.

21 aoijt.

Il fait chaud ù Venise, mais la ciialeur n'y est pas écrasante comme à Paris. — Le Ibcrmomèlre monte en ce moment comme chez nous à trente degrés; — mais, en Italie, dès qu'on s'approche d'une des deux mers qui baignent la Péninsule, on reçoit des brises rafraîchisi^antes qui, dans l'après-midi, tempèrent l'atmosphère.

A Venise, quand le môle et la place Suint-Marc sont inabordables, le touriste se réfugie dans le réseau des petites rues coupées par les canaux. — Il y a là aussi beaucoup à voir et à observer.

C'est là qu'on rencontre tout le commerce et les boutiques de Venise, dont il n'y a pas vestige sur le grand canal, peuplé uniquement de palais. — La circulation y est trè.';- active; — les rues, emmêlées comme un peloton de l]l, aboutissent à des carrefours ou petites places oti l'on trouve soir et malin des chanteurs et des baladins, et toujours aussi des cafés, des osteria, des sens qui mangent et qui boivent. Là aussi, on rencontre des ruelles sordides où Shylock a du faire son commerce de chair humaine.

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