PROCLAMATION
Attendu que la Providence de Dieu, à la volonté duquel nous
LE « BOOM w D'UNE VILLE DE VIANDE. 93
C'est sur Drexel avenue, au milieu d'un élégant jardin public entouré de belles résidences, qu'un vieux citoyen de la ville me racontait ces tristes détails. Ils ne sont plus aujourd'hui qu'un souvenir historique; on a construit, au lieu de la ville de trois cent soixante mille âmes en bois et en briques, une autre ville mieux bâtie et comptant un million d'habitants; l'essor un moment arrêté a repris de plus belle , et les ter-
nous soumettons humblement, a fait éclater sur noire cité une calamité terrible qui réclame de nous les efforts les plus énergiques pour le maintien de l'ordre et l'assistance de ceux qui souffrent, FAISONS SAVOIR que la foi et le crédit de la ville de Chicago sont engagés par ces présentes à couvrir les dépenses nécessaires à l'assistance de ceux qui souffrent. L'ordre public sera mainteuu. La police et la police spéciale que nous organisons seront responsables du maintien de la paix et de la protection de la proi>riété. Tous les officiers et les hommes du Fire Department (Pompiers) et du Département de l'Hygiène seront investis sans autre avis des fonctions de la police.
Le Maire et le comptroller délivreront des reconnaissances pour tous les objets fournis par les différents comités de secours.
Le siège du gouvernement municipal sera établi à l'église congrégation nelle, au coin des rues Ann et West Washington. Toutes personnes sont mises en garde contre tout acte tendant à mettre la propriété en danger. Toutes personnes surprises dans un acte de déprédation quelconque seront immédiatement arrêtées. Avec l'aide de Dieu l'ordre, la paix et la propriété privée seront sauvegardés.
Le gouvernement de la ville et le comité des citoyens s'engagent vis-à-vis des membres de la communauté à les protéger et à préparer les voies pour la restauration de la prospérité publique et privée.
On croit que l'incendie perd sa violence et que bientôt tout ira bien {ail will soon be well).
R. B. Mason, Maire.
Geo. Taylor, Comptroller.
Charles C. P. IIolden, Président du Conseil de ville.
T. B. Brown , Président du Bureau de la Police.
rains que j'aperçois à droite et à gauche , bien que situés très loin du centre, valent encore 100 francs le mètre carré. La plupart se couvrent de maisons particulières d'une apparence élégante et les avenues adjacentes, du côté du lac Michigan, sont bordées également d'une série d'habitations privées, ombragées de grands arbres, entourées d'une petite pelouse qui les isole du voisin; rien ne ressemble moins à nos casernes parisiennes ; ici , chacun est chez soi , non seulement dans la classe aisée, mais aussi dans la classe ouvrière ; ceux qui , par suite de circonstances particulières, ne peuvent pas s'installer dans ces conditions, font tous leurs efforts pour y arriver et considèrent qu'il est de première nécessité d'avoir un home indépendant; vivre en son hôtel n'est pas un luxe inouï ni une marque de grande fortune; je vois, dans Greenwood avenue, de charmantes résidences dont la valeur se monte à 15.000 ou 20.000 dollars : cela représente un loyer de 4.000 à 5.000 francs à Paris et, si nous tenons compte de la valeur de l'argent très différente à Chicago et à Paris , il faut réduire au moins de moitié.
Les ouvriers et les petits employés trouvent des installations moins coûteuses dans des suburbs plus modestes, où le prix du terrain tombe à 1 dollar le mètre carré ; là encore , les spéculateurs de terrain ont réalisé de beaux bénéfices; à l'origine, tous les environs de Chicago ont été cédés par le Gouvernement au prix de 1 dollar 1/4 l'acre, soit 16 fr. 25 l'hectare; même à 1 dollar le mètre carré, soit 52.000 francs l'hectare , on peut dire que l'affaire paie. Aussi le métier de real estate man (spéculateur sur les terrains) s'est- il développé à Chicago dans de grandes propor-