I. — LES FACIUTÉS APPARENTES d'INSTALLATION
Au premier abord, il semble que rien ne soit aussi facile que de s'installer sur un homestead. Toutes les compagnies possibles d'émigration vous apprendront que les terres vacantes appartiennent au gouvernement des États-Unis et qu'il les distribue de la manière la plus libérale aux colons désireux de les cultiver.
En effet, on peut acquérir sur ces terres la propriété d'une étendue de G4 hectares de trois manières différentes ; il suffit d'aller s'y établir et de déclarer au bureau du Gouvernement laquelle de ces trois manières on veut employer.
Si vous occupez vos 64 hectares à titre de homestead proprement dit, vous en serez propriétaire au bout de cinq années de résidence, en justifiant par le témoignage de deux voisins que vous avez construit une
maison et cultivé une partie du terrain. Donc , rien à débourser.
Si vous voulez réduire à six mois les cinq ans de résidence exigés, vous n'avez qu'à payer au Gouvernement 16 fr. 25 par hectare ; cela vous coûtera donc un peu moins de onze cents francs. C'est ce qu'on appelle aux États-Unis le droit de préemption.
Enfin, si vous désirez vous assurer de suite une quantité de terre plus étendue, vous pouvez combiner l'un de ces deux modes d'acquisition avec un troisième, appelé timber daim. Il vous faudra, pour cela, planter en essences forestières quatre hectares de terre , qui deviendront votre propriété , et , en récompense de ce travail de boisement, utile au bien public sur les terres nues de la prairie, le Gouvernement vous en accordera 60 autres. Ainsi, vous serez à la tète de 128 hectares.
Ajoutez que votre femme a les mêmes droits que vous, votre fils ou votre fille majeure également; une famille nombreuse est donc assurée de trouver et au delà l'emploi de ses bras sur une terre à elle.
Non seulement il est facile de devenir propriétaire, mais il est facile aussi de cultiver. Sur ces terres neuves, généralement très fertiles, avec les instruments ingénieux qu'emploient les Américains, le premier venu peut se transformer en agriculteur.
De là cette idée assez répandue chez beaucoup de colons que n'importe qui est apte à s'établir sur un homestead. Un jour que je me trouvais chez un Français installé au Kansas depuis longtemps déjà et propriétaire aujourd'hui d'une ferme importante, il me dit au retour d'une longue promenade sur ses terres , en jetant autour de lui un regard satisfait : « Vous