LES VICISSITUDES D UNE PETITE VILLE DE L'OUEST
TorrCs Cabin (La Case de l'Oncle Tom). Ajoutons encore que cette vente est restée légendaire dans l'histoire de Florence, son boom ayant subi, depuis quelques années, un ralentissement marqué.
La valeur des terrains augmente plus rapidement encore dans les villes qui arrivent, comme Aberdeen, Grand Forks dans le Dacotah, Fremont dans le Nebraska, Moorhead dans le Minnesota, au chiffre de cinq à quinze mille habitants; là, les prix de 100 et môme 200 dollars le pied-front ne sont pas rares et le voisinage de la ville fait souvent monter les terres de culture environnantes à 100 dollars l'acre (1.300 fr. l'hectare). C'est surtout dans ces localités que les maisons se promènent le plus. Il en est qui changent de place trois et quatre fois , quand leur propriétaire est assez heureux pour les poser toujours sur des lots favorablement situés qui augmentent rapidement de valeur et sont achetés par des banquiers ou des commerçants.
Le revers de la médaille, c'est l'incertitude de la propriété dans les pays nouvellement peuplés et plus oncore peut-être dans ceux qui , ayant connu un moment de grande prospérité, éprouvent ensuite des malheurs.
L'histoire du capitaine Couch et de sa mort tragique à Oklahoraa City ont fourni aux lecteurs un exemple assez convaincant des inconvénients de cette incertitude aux débuts de la colonisation. Celle qui se produit plus tard tient à une autre cause, et elle se manifeste par deux mots qui reviennent souvent dans la conversation des Américains de l'Ouest, les bons et les mauais titres de propriété.
11 y a, en effet, de bons et de mauvais titres : les premiers sont ceux qui ont été délivrés en bonne et
due forme au premier occupant du daim ou à une ligne de chemin de fer et transmis ensuite régulièrement de vendeur à acheteur; pour ceux-ci, aucune difficulté ne s'élève. Les seconds sont ceux qui résultent d'une simple possession de bonne foi. Si le possesseur se trouve être premier occupant, sa situation n'est pas sans remède, il peut la faire régulariser en fournissant les preuves de séjour exigées et en versant une somme assez faible; mais si le lot de terrain ou Vhomestead sur lequel il s'est établi a été précédemment réclamé par une personne en ayant obtenu le bon titre et l'ayant abandonné depuis, il faut absolument, pour avoir ce bon titre , que son prédécesseur le lui cède ; or, en général, les gens qui abandonnent ainsi leur installation partent sans donner leur adresse. Il résulte de là que beaucoup de terres excellentes ne sont pas occupées, parce que personne n'ose les cultiver par crainte d'un retour inopiné de l'homme au bon titre au moment de la récolte.
Une des choses qui rendent ces mauvais titres très fréquents, c'est la vente pour taxes impayées. Ordinairement, les taxes s'acquittent en deux termes, aux mois de juillet et de décembre de chaque année; quand un contribuable est en retard, le receveurne lui envoie ni avertissement ni sommation, mais se contente de faire afficher, sans le prévenir, à la Court house du comté, les terres dont il n'a pas payé les taxes. Tous les six mois, on peut voir annoncer ainsi dans les journaux de longues listes de lots de terrain ou de propriétés rurales. Au jour fixé par l'affiche, on appelle séparément chaque lot ou chaque propriété, en demandant si quelqu'un veut bien acquitter les taxes. Presque toujours un agent d'affaires se présente, verse la somme