‹ La vie américaine (volume 2)Chapitre 60 sur 91 · l'intensité de l'évolution INDUSTRIELLE ET COMMERCIALE · texte numérisé non relu

l'intensité de l'évolution INDUSTRIELLE ET COMMERCIALE

L'industrie américaine comparée à celle des pays d'Europe les plus avancés s'en distingue par le développement intense de son machinisme.

Sur ce point, je ne saurais me contenter des impressions personnelles dont j'ai fait déjà part à mes lecteurs à l'occasion des grandes usines des États-Unis. J'invoquerai donc d'autres témoignages émanant d'individus compétents.

En ce qui concerne la France, je citerai les opinions des délégués ouvriers des syndicats de Paris à l'Exposition de Chicago en d893. Presque tous ceux qui ont

visité des ateliers de leur métier sur le territoire américain ont été frappés du même fait.

Le délégué des coupeurs et chemisiers a visité à Troy la manufacture Clueet, Goon & G" : « En général, dit- il, tout se fait dans la maison même , y compris le blanchissage et le cartonnage, et, chose remarquable, tout à la machine j sauf quelques belles commissions qui sont blanchies à la main. » Et il ajoute quelques Hgnes plus loin : « Une chose dont il est difficile de se faire une idée, c'est le perfectionnement et la multiplicité de l'outillage : paniers mécaniques, machines à repasser l^s faux cols et manchettes , machines à repasser le col à la chemise, machines à repasser le corps de la chemise avant qu'elle n'arrive aux mains de la plieuse, machines à coudre telles pièces plutôt que teJles autres... tout y abonde et fait l'émerveillement du visiteur (1). » •

« On ne saurait pour notre industrie , écrit le délégué de la chaussure , établir de parallèle entre la fabrication américaine et française ; alors que celle-ci est encore à l'état d'enfance, — le mot ne nous semble pas trop fort, — l'autre a acquis un développement considérable et se trouve en possession d'un outillage perfectionné et de premier ordre. On ne peut non plus, généralement , comparer la valeur technique de l'ouvrier américain et français. Au point de vue mécanique, l-état retardataire de la chaussure en France porte l'ouvrier français à avoir des connaissances techniques plus développées que son collègue américain et l'oblige dans une certaine catégorie de travail d'être un

(1) Délégation des syndicats ouvriers de Paris à l'Exposition universelle de Chicago 189«. Rapport d'ensemble, p. 325.

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