II. — LA CITÉ-EMPIRE
De même qu'elle centralise les échanges internationaux, de même New-York centralise le mouvement financier de l'Amérique. G*est le grand marché de l'argent. Il y a des banques importantes à Philadelphie, à Boston, à Saint-Louis, à Chicago, mais au fur et à mesure qu'elles atteignent une situation locale considérable, elles sont obligées de créer à New-York une succursale, qui finit par l'emporter sur la maison d'origine par le chiffre de ses affaires. C'est ainsi qu'on retrouve à New- York, Drexel, le plus gros banquier de Philadelphie, Peabody, de Boston, etc.
L'animation qui règne tout autour de Wall street est inexprimable; c'est là que se trouve le Stock Exchange ou Bourse des valeurs ; il faut y pénétrer pour se rendre compte des affaires qui s'y traitent. Un agent de change, auquel je suis recommandé, m'introduit et me renseigne. Du haut de la galerie circulaire qui règne autour d'une salle immense , je vois les onze cents membres de la Bourse aller, venir, télégraphier, s'interpeller, prendre des notes rapides. Des poteaux plantés dans le parquet portent l'indication des différentes valeurs qui font l'objet des transactions. Ici, ce sont les actions et obligations de Chemins ■ de fer; là, le Sugar Trust ou syndicat monopolisateur du sucre. L'agitation est extrême autour de ce Trust