LES INSTALLATIONS FAMILL\LES
lamille, non en vue des réceptions. C'est une grosse (lifTérence avec nos appartements parisiens; vous y trouvez souvent deux salons, un front parlour et un hack parlour, mais ils ont généralement des dimensions peu étendues. En revanche, les chambres sont nombreuses et habitables; voici le plan d'un petit cottage à deux étages d'un type très commun : au rezde-chaussée, cuisine, office, salle à manger, salon et vestibule; au premier, quatre chambres; au second, trois chambres. Le soubassement seul est construit en pierres, le reste en bois, et on peut faire bâtir cela pour 6.000 francs. Ce n'est donc pas un palais, mais c'est un home oîi il y a moyen d'élever une famille. Inutile de faire remarquer qu'à ce prix-là on n'a pas de dorures aux plafonds, on n'a même pas de plafonds du tout; mais entrez dans les maisons de pierres ou de briques qui coûtent vingt fois plus, qui sont plus grandes et plus luxueuses, vous retrouverez des dispositions analogues.
De même, si vous pénétrez dans les petits hôtels étroits et profonds de New- York ou de Boston. Là, le terrain est cher et les maisons se touchent, mais chacune a son entrée séparée, c'est le minimum du home^ mais c'est encore le home. En façade sur la rue, elles mesurent généralement T^.oO; c'est juste ce qu'il faut pour avoir la place d'un petit corridor et du front parlour; par derrière, une autre pièce sert de back parlour ou de salle k manger, et un escalier étroit se dresse au fond du corridor pour accéder aux étages supérieurs, uniquement occupés par les chambres.
Un sous-sol contient la cuisine, les dépendances, quelquefois la salle à manger : une petite cour s'étend derrière la maison; c'est là que se font tous les lavages, et des cordes tendues en tous sens portent le linge qui sèche. Assurément, l'aspect de toutes ces petites cours en enfilade n'est pas gracieux, quand on les contemple d'une fenêtre voisine, mais, placées entre les maisons qui bordent les rues, elles nuisent peu à l'aspect des villes et les maîtresses de maison les apprécient beaucoup. Grâce à ces sous-sols et à ces cours, elles peuvent échapper à la tyrannie du blanchisseur chinois qui brûle le linge, elles peuvent exécuter ou faire exécuter chez elles tous les travaux du ménage; leur maison est installée tout exprès pour cela.
En revanche, elle n'est pas bien organisée pour y donner une soirée ou un bal; sauf chez quelques richissimes citoyens de l'Est, désireux d'imiter les mœurs européennes, on ne trouve pas ces enfilades de pièces que nous apprécions tant; le vestibule étroit et long ne flatte pas l'œil; c'est commode pour la vie journalière, mais c'est mesquin d'apparence. D'ailleurs, le train de vie du monde n'est guère possible ici. Les femmes n'ont pas de jour de réception. Avec l'habitude des maisons séparées, on demeure loin les uns des autres, et si les moyens de communication ne manquent pas, ils ne sont pas agréables pour une femme qui fait des visites. Dans les tramways, on monte sans compter, tant qu'il y a de la place; on se serre les uns contre les autres, assis ou debout; une