‹ La vie américaineChapitre 31 sur 52 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

L'esprit d'association et les intérêts généraux.

I. Los associations d'intérêts communs. —II. Les associations de bien public.

Les Américains ne recourent pas sans nécessité, aux formes collectives, nous l'avons constaté à plusieurs reprises. Qu'il s'agisse de culture, d'industrie, de commerce, ou de banque, ils ont une propension marquée à monter des affaires indépendantes, à ne pas se mettre plusieurs là où un seul peut réussir.

Mais ils ne sont pas pour cela rebelles à l'association; ils la pratiquent môme avec beaucoup de succès chaque fois qu'ils la jugent nécessaire, avec d'autant plus de succès qu'ils n'y ont pas recours par incapacité.

Le besoin de s'associer à tort et à travers vient en effet, la plupart du temps, de la conscience que l'on a de sa faiblesse ou de son indolence; tel propriétaire français , qui ne risquerait pas d .000 francs pour améliorer sa terre, confiera des sommes beaucoup plus considérables à une société de crédit véreuse, ou à une association de chevaliers d'industrie, parce qu'il a plus de conûance dans le travail des autres que dans

son propre travail. Tel autre, qui s'affilie à toutes les ligues pour le relèvement matériel et moral des classes inférieures, ne fait rien pour aider les gens qui dépendent de lui, ou sur lesquels il peut avoir une action personnelle. Quand de pareilles gens s'associent, ils mettent ensemble leurs incapacités; de là l'échec de tant de sociétés lancées à grand fracas.

Au contraire, lorsque des hommes habitués à faire eux-mêmes ce qu'ils ont à faire sans compter sur leur voisin, viennent à s'associer, c'est qu'ils se trouvent réellement en face d'une difficulté commune à surmonter, d'un intérêt commun à régir, non qu'ils échouent dans une entreprise personnelle ; ils mettent en commun leurs capacités ; ils forment une puissante union, celle des capables, la seule qui fasse la force. De là le succès général des associations américaines.

Déjà nous en avons rencontré bon nombre sur notre chemin, par exemple VAmerican Fédération of Labor, les Chevaliers du travail, et une foule d'autres associations ouvrières, les sociétés de tempérance, qui ont déterminé le mouvement prohibitionniste, les building associations, dont nous avons montré le rôle capital dans la question des logements ouvriers. Sous un régime de complète liberté, avec la facilité de se faire donner une chart conférant la personnalité civile, quand elles le jugent nécessaire, les associations, de toutes sortes peuvent prendre naissance.

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