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banales. C'est un grand progrès, non seulement dans les écoles, mais dans le pays tout entier, quand les doctrines courantes, sur quelque sujet que ce soit, sont d'une exactitude irréprochable.
Nous parlons ici des écoles ; il serait utile aussi que le public lettré ou simplement curieux eût sur beaucoup de sujets des petits livres de la sorte et en particulier pour les musées. Il entre dans nos collections, sans avoir aucune idée des époques auxquelles appartiennent les monuments; il voit tout dans une extrême confusion, et s'il se sert des catalogues, qui d'ordinaire ne sont pas composés pour lui, il n'y trouve que l'ennui et des difficultés de plus. On lui rendrait grand service en lui disant, pour prendre un exemple, que l'art grec commence à peu près au sixième siècle, qu'il atteint la perfection dans le dernier tiers du cinquième siècle, qu'ensuite il passe par des périodes qu'il est facile de préciser. On lui indiquerait parmi les monuments qu'il peut voir, ceux qui représentent le style de chaque époque; il comprendrait ce qu'il a sous les yeux, il se ferait des cadres où il mettrait par la suite tout ce qu'il étudierait. C'est un des principes essentiels de la pédagogie la plus élémentaire que ces cadres soient indispensables pour qu'une instruction puisse toujours acquérir de nouvelles idées et de nouvelles connaissances; si ces cadres font défaut ou s'ils sont inexacts, tout travail
XXVr LA VIE ANTIQUE. — I.A GRECE.
n'est qu'une dissipation. Ce qui est nécessaire pour la sculpture ne le serait pas moins pour les vases, pour toute l'archéologie et pour les autres séries d'objets réunis dans nos collections. Faute d'un tel secours, on ne sait rien mettre ni à la place ni au temps qui conviennent; l'intérêt des choses échappe presque entièrement, on visite un musée comme une exposition de l'industrie où quelques hommes spéciaux, au milieu d'une foule immense, peuvent seuls comparer et comprendre; on fait une promenade qui est à peine un délassement et qui aurait pu être un enseignement et un plaisir. Les musées, que les Chambres enrichissent à grands frais, sont des établissements d'éducation nationale ; ils sont faits pour le public, pour la démocratie aussi bien que pour les lettrés ; l'État a le devoir d'aider ceux qui y viennent à en tirer parti. C'est ce que les Anglais ont très bien mis en pratique. Ils exigent que des livres très simples, faciles à comprendre et d'un prix insignifiant, soient à la disposition des visiteurs. Pour l'instruction de tous, de l'élève du collège et de l'école primaire comme de l'ous^rier et des gens du monde, le Parlement britannique a pris dans cet ordre des mesures très utiles, qui s'étendent à toutes les collections depuis les marbres du British Muséum jusqu'aux serres du jardin de Kew, et qui commencent à être adoptées dans toute l'Europe.
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Les manuels destinés aux hommes déjà instruits n'ont pas moins d'importance pour le progrès de la haute culture intellectuelle. Ils donnent l'état des questions, la liste des travaux dont elles ont fait l'objet, tous les moyens de réunir, sans perdre de temps, les éléments nécessaires pour se former une opinion personnelle ; ils sont la condition indispensable de tout travail scientifique. Ce sont ces livres qui font des armées de bons ouvriers s'appliquant chacun selon ses forces à produire des œuvres originales. Si de pareils ouvrages manquent à une littérature, soyez certain que la grande production savante y restera le privilège de quelques-uns. Vous pourrez avoir quelques hommes de talent, même de génie; il vous manquera l'outillage.
Dans les changements qui sont apportés à l'enseignement de nos facultés des lettres depuis quelque temps, une des ambitions principales est de former chaque année des jeunes gens qui aient la méthode et le goût du travail personnel. Un des signes que ce progrès se réalise, sera la publication en France, sur les différents ordres d'études, de manuels dont les jeunes gens ne pourront se passer, qui élèveront l'enseignement en le débarrassant d'une foule de notions faciles à trouver dans des livres composés pour les donner. Les élèves, devenus des maîtres,
connaîtront les questions et comment on les traiteils chercheront à mieux faire que leurs devanciers. Les ouvrages de ce genre ne sont que l'état, sans cesse tenu à jour, des progrès de la science. Nous sommes sûrs que notre pays, après avoir traduit les manuels de ses voisins, tiendra à honneur d'en posséder qui soient son oeuvre.