CHAPITRE V
LES MURS DE DÉFENSE, LES PORTES ET LES TOURS. — AQUEDUCS, PORTS, PONTS ET CHAUSSÉES.
Sommaire: Les murailles. Murailles de Tirynthe, de Mycènes, de Psophis et de Panopée. La citadelle de Tirynthe. — Les portes. Portes de Tirynthe , porte des lions de Mycènes, portes d'Orchomène et de Messène. — Les tours. Tours de Phigalie, d'Orchomène et d'Actor, tours de Messène et ue Mantinée, de Kéos, Andros et Tènos. — Constructions d'utilité publique. Aqueducs, ports maritimes; les ports de Pylos et de Méthone, le Pirée. — Chemins et chaussées. — Ponts : les ponts de la Messénie, du Pamisos e: de l'Eurotas.
Dans les chapitres précédents nous avons appris à connaître les édifices qui servaient à l'exercice du culte et répondaient au sentiment religieux du peuple grec. Occupons-nous maintenant des constructions qui^ nécessitées par des besoins extérieurs et matérielsj visaient uniquement le but pratique de la vie.
Parmi celles-ci la première place appartient aux murailles. Nous avons déjà vu plus haut que de fortes murailles entouraient
MURS, PORTES ET TOURS
les lieax sacrés^ notamment les circonscriptions de temples. Mais on trouvait aussi de semblables remparts dans tous les centres de la vie des Grecs. C'était même la condition indispensable de leur existence. Nous en avons la preuve dans les nombreuses ruines des villes de l'Hellade et du Péloponnèse,, dont les murailles doivent être comptées au nombre des plus anciennes productions de l'architecture grecque. Les Grecs avaient coutume de dire que ces constructionSj généralement colossales, et qui ont dû exiger un déploiement de forces considérable^ étaient l'œuvre des CyclopeSj cette race des géants de la fable qui^ venus de Lycie, avaient travailléj paraît-il, aux murailles de Tirynthe. Aujourd'hui on attribue une origine pélasgique aux constructions de ce genre^ car on croit y reconnaître la main des Pélasges. Cette opinion semble être confirmée par ce fait que ces monuments se rencontrent surtout dans les endroits qui étaient primitivement au pouvoir de cette race. A Athènes, on appelait pélasgiques les plus anciennes parties des murailles qui fortifiaient l'Acropole, et l'on en attribuait la construction aux Pélasges, qui avaient eu autrefois ici leur principale résidence (Paus., I. 28, 3.). La troisième dénomination de ces murailles a trait au mode de construction. Celui-ci consistait, à l'époque la plus reculée, dans la juxtaposition de blocs de pierre informes, à plusieurs angles; de là le nom de construction ^o/;^^o«(3/e. Parmi les murailles conservées, celles de Tirynthe se distinguent par lagrosseur et l'irrégularité de leurs pierres ; on ne les a point taillées et leurs interstices ont été comblés au moyen de pierres plus petites. " 11 n'est pas resté d'autres débris de la ville que ces murailles, dit Pausanias (II, 25, 7). Elles sont l'œuvre des Cyclopes; elles se composent de pierres non taillées, dont la plus petite est tellement grosse qu'une paire de mulets ne pourrait même l'ébranler. Dans les intervalles vides on a placé, dès les temps anciens, des pierres plus petites, qui servent de lien aux plus grosses. " Dans un autre endroit (IX, 36, 5), Pausanias compare ces murailles aux pyramides égyptiennes, à cause des difficultés d'exécution et de l'énormité de leurs dimensions j elles étaient, dit-il, non moins dignes d'admiration que ces monuments.
Les murailles de Tirynthe paraissent être aujourd'hui dans le
Fig. 67. — Murailles de Tirynthe.
même état où Pausanius les a vues. Elles ont été étudiées par Gell et la figure 67 nous représente ^ d'après ses dessins, un de leurs fragments.
La seconde catégorie de murailles est celle où la pierre a encore
la forme de polygones irrégulierSj mais offre déjà un certain travail artistique. Taillées à angles, suivant leur forme naturelle, elles sont juxtaposées avec soin, de manière que le mur présente une surface solide et sans solution de continuité ^ On trouve le plus beau spécimen de cette construction plus avancée dans les murailles de la ville de Mycènes, en Argolide, fondée également à une époque très reculée de l'histoire; la figure 68 peut nous en donner une idée. Elles sont d'une épaisseur remarquable; leurs faces extérieures sont seules composées de pierres taillées et soigneusement emboîtées; l'intérieur du mur est comblé avec des pierres plus petites et avec du mortier. Ce genre de construction, que les Grecs appelaient efJLT:>£XTOV ou apu.ov(o(j on cherchait souvent à le consolider au moyen de fortes murailles transversales à l'intérieur. Quant à l'emploi des blocs de pierre polygonaux, comme, par exemple, dans
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Fig. 68, — Murailles de Mycènes.
« Forchhammer, commentant un passaged'Aristote (Eth. Nicom. 5, i4), explique comme il suit le procédé qu'on semble avoir employé pour obtenir dans les constructions ;?o/j'g-o»i3/e5 des joints tout-à-fait exacts :
Le mur une fois commencé et plusieurs blocs polygonaux ayant été placés l'un à côté de l'autre, on appliquait sur la partie supérieure des blocs restée libre une plaque de plomb flexible, de façon à prendre exactement les angles
MURS, PORTES ET TOURS
Fig. G9. — Murailles de Psophis.
les murailles d'Argos, de Platées, d'Ithaque^ de Coronéej Samè * et d'autres endroits^ il en résultait souvent une solidité à toute épreuve^ car les pierres étaient alors agglomérées quelquefois, sous forme de voûte. Aussi les Grecs ont-ils eu recours dans certains cas à ce procédé^ alors même qu'ils connaissaient déjà la construction rectangulaire perfectionnée (fig. i8); on l'a employé également de notre temps, par exemple dans la terrasse inférieure du Walhalki près Ratisbonne et dans les murailles défensives sur les côtes de la mer du Nord^ que Forchhammer a comparées fort judicieusement à ces constructions cyclopo-pélasgiques.
Malgré les avantages qu'offre la construction polygonale, l'idée de symétrie et de régularité a poussé de bonne heure les Grecs à employer des assises de pierres horizontales et régulières; c'est
un fait qu'il est plus ou moins facile de constater dans plusieurs emplacements de vieilles murailles. On a parfois rangé des blocs tout à fait irréguliers en assises horizontales : c'est le cas d'une partie des murailles d'Argos.
Dans certains endroits les pierres forment bien des couches horizontales^ mais les joints verticaux ne pré-
Pig. 70. — Tour de Panopée. .... ' ^ • ^ '
^ ^ sentent aucune régulante, comme
nous le prouvent les ruines trouvées en Etolie, pendant que dans
que ces blocs faisaient entre eux; on choisissait ensuite, parmi les blocs qu'on avait à sa disposition, ceux dont la forme naturelle se rapprochait le plus des angles voulus, et on les façonnait de manière à leur faire parfaitement remplir ces angles. (O. R.)
1 Dans l'île de Céphalonie; la même île offre encore de beaux spécimens de constructions polygonales dans les ruines des villes de Kranè et de Pronnoi, voir Bibliothèque des Écoles d'Athènes et de Rome, 12^ fascicule- (O. R.)
d'autres endroits ces joints bien caractérisés indiquent plus nettement la transition à la construction quadrangulaire. Citons dans cette catégorie, entre autres, les murailles de Psophis, en Arcadie (voy. fig. 69). Telle est aussi la disposition des pierres d'une sorte de tour, qui a dû être construite pour consolider la
muraille de Panopée (fig. 70). La construction rectangulaire est encore plus visible dans les murailles de Chéronée, en Béotie, qui offrent en outre cette particularité que, contrairement à la plupart des cas, elles ne sont pas verticales, mais fortement renflées, (Comp. les murailles d'Oeniadœ, fig. 77.)
Mais, dans les constructions ultérieures, les Grecs ont employé le plus fréquemment les blocs rectangulaires.
C'est de cette manière que sont construites, outre les murs des temples, les murailles d'enceinte des villes bâties plus tard; nous en avons la preuve dans les murailles de la ville de Messène, fondée en 371 avant Jésus-Ciirist, et dont nous donnerons plus bas quelques spécimens. Les murailles les plus solides et les plus artistiques à la fois étaient celles que les Athéniens avaient élevées pour relier leur ville au port du Pirée; malheureusement, il n'en reste plus que des fragments insignifiants, tels que des blocs de pierre assez volumineux.
Enfin nous plaçons sous les yeux du lecteur (fig. 71) le plan de la citadelle de Tirynthe, qui peut être considérée comme le modèle des fortifications antiques. Un mur périphérique (xûxXoç) formé de blocs de pierre qui ont en moyenne 2 '/2 mètres de longueur sur i mètred'épaisseur (voir p. 81), couronne un plateau rocheux qui mesure 282 mètres de long sur 62 à 78 mètres de
Fig. (1. — Plau de la Citadelle de Tirynthe.
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Fig 72. — Galerie de Tiryntlie.
large. Schliemann suppose que ce mur^ encore très solide dans certains endroits, avait une hauteur de i8 mètres antérieurement à sa destruction par les Argiens, au milieu du V*^ siècle avant notre ère. Une seule porte à l'est (fig. 71 C), protégée par une tour qui a i3 V^ mètres de hauteur (fig. 71 D), donne accès à la citadelle. Deuxplateaux(.4 eti^), séparés par un mur cyclopéen (H).
occupent l'intérieur de l'acropole.
Dans l'intérieur des murs qui entourent la partie sud de la citadelle on remarque des couloirs, sorte de galeries couvertes d'une voûte en ogive; deux de ces couloirs, placés au sud, sont parallèles (E), un troisième qui traverse la muraille sud-ouest (F)
a dû servir de porte d'attaque. Une quatrième galerie enfin, mesurant 28 mètres de long sur 'i^^oj de large et dont l'ogive est formée par des pierres posées en encorbellement, s'ouvre du côté de la ville au moyen de six sorties en arceau (fig. 71 G et 72).
^ Quelques archéologues croient reconnaître dans les galeries intérieures des magasins pour la conservation des vivres pendant le siège, dans les galeries extérieures une stoa qui aag rait servi de garde-manger pour les habitants de la ville située en dessous. D'autres, notamment Schliemann, prétendent au contraire, avec beaucoup plus de raison, que ces galeries et ces ouvertures servaient, uniquement à la défense de la citadelle.
S'agissait-il de murer une montagne pour en faire une citadelle, on préférait ouvrir une seule porte. Cependant il y a des citadelles à plusieurs portes, exemple : l'Acropole d'Athènes. Quant aux villes, qui étaient les centres d'un mouvement plus ou moins
Fig. 73. — Porte de Tiryntlie.
ou
l'ortc du Pliigalie.
actifj stimulé par les nombreuses voies qui venaient y aboutir^ il fallait qu'elles eussent d'autant plus de portes que les transactions étaient plus animées; du reste^ toutes les villes se sont
toujours fait gloire de posséder plusieurs porteSj quij bien fortifiées^ semblaient symboliser la puissance de la cité. La grandeur et l'importance des portes dépendaient j bien entendu^ de l'importance des voies de communications de l'endroit. Aussi faut-il établir une distinction entre les grandes portes et les petites portes (^uXai et TruXi'osç), et parmi les premières, il en est presque toujours une qui prend le nom de porte principale (jxeyaXai TtuXai). Tel était le Dipylon d' Athènes j où venaient converger les routes d'Eleusis et de Mégare, la grand'route du port ainsi que les chemins de l'Académie et de Colone^ tandis que la grande rue du marché y débouchait de l'intérieur de la ville ^. Là était donc le centre du mouvement et le foyer des relations journalières entre citoyens. En ce qui concerne la construction des portes^ elle a été très simple au début. Partout où les pierres des murailles étaient laissées à l'état brut, les portes aussi avaient le même aspect et la même conformation. On avançait de plus en plu»
chaque assise supérieure de blocs, de sorte qu'ils se touchaient à une certaine hauteur et formaient un arc très simple et grossier. Nous retrouvons cette construction primitive dans une porte de Tirynthe (fig. yS); la galerie mentionnée plus haut et construite dans l'épaisseur du mur (fig. 72) est faite également de couches de pierres se
Fig. 75.
Petite Porte de Messène,
1 Cf. un article de M. von Alten dans le t. III, ler fasc. des Mittheilungen des deutschen archceologischen Insiiiiites in Athen. D'après les fouilles récentes faites dans cette re'gion, il distingue deux portes : i" la porte sacrée, d'où partaient la route d'Eleusis et une route du Pirée; 1° près de là, le Dipyle (porte à double entrée), où aboutissaient les routes de l'Académie et de Thriai. (O. R.)
MURS, PORTES ET TOURS
Fig. 76, Porte de l'Acropole de Mycènes.
surplombant^ c'est-à-dire, se rapprochant graduellement l'une de l'autre. Les murailles d'un travail plus soigné ont naturellement des portes exécutées avec plus de soin. Celles-ci se terminent alors soit par des assises de pierres posées également en encorbellement, soit par un long bloc de pierre, qui repose sur les deux piédroits. La première disposition, dans toute sa simplicité, est assez fréquente, V. par ex. les petites portes de Phigalie (fig. 74) et de Messène (fig. jS); la seconde se rencontre dans la petite porte de l'Acropole de Mycènes (fig. 76), ainsi que dans la ported'ŒniadaejenAcarnanie(fig,77).
Mais la porte, dite des lions, de Mycènes (fig. 66 et 78), offre l'exemple le plus ancien et le plus remarquable de cette disposition. Elle est placée entre une saillie rocheuse naturelle et un pan de mur artificiel également en saillie; deux poutres de pierre solides constituent les piédroits, qui sont un peu penchés l'un vers l'autre, afin de resserrer l'espace à couvrir. Sur ceux-ci repose un bloc de pierre colossal, qui a 3"i,5o de longueur et forme le linteau. Le mur s'élève de beaucoup au-dessus de la hauteur de la porte; afin de délivrer le linteau de la pression exercée par les assises de pierres et d'éviter que la porte ne cédât sous un poids immense, on a ménagé au-dessus une ouverture triangulaire, créée par la construction en encorbellement du mur. Plus tard, on a enchâssé dans cette ouverture une dalle de pierre plus mince, mesurant Sj^So de large sur 3 mètres de haut. Sur cette dalle le sculpteur a représenté deux superbes lions, qui de leurs pieds de devant s'appuient sur un large socle, surmonté d'une colonne s'amincissant de haut en bas. Gôttling voit dans ces lions et dans l'Hermès "phallique du milieu la divinité protectrice de la citadelle de Mycènes. Quoi qu'il en soit, cette oeuvre est d'un intérêt parti-
Fig. 77. — Porte d'Œniadfe.
culier^ car elle est un des spécimens les plus anciens de la plastique grecque.
Il était tout naturel qu'on songeât à protéger les grandes portes aussi bien que les petites au moyen de saillies murales ou de
Fig. 78. — Porte des Lions de il y cènes.
tours, d'où il était facile de repousser les assiégeants. Nous avons déjà fait remarquer ce détail en parlant de la porte de Mycènes-
citons encore une porte d'Orchomène (fig. 79), où la saillie murale, placée à droite de l'entrée^ est encore très nettement indiquée.
Une porte construite avec plus de solidité et plus de goût artistique s'est conservée à Messène.
Cette ville^ fondée par Épaminondas et élevée au rang de capitale de la Messéniej était considérée, de même que Corinthe^ à cause de la puissance de ses murailles, comme la première place forte de tout le Péloponnèse. La porte dont nous parlons correspond parfaitement à cette opinion souvent énoncée par les anciens. Le plan ci-joint (fig. 81) et la coupe transversale (fig. 80) nous prouvent que c'était une entrée double^ ayant une porte exté-
Fig. 79. — Porte d'Orchomène.
MURS, PORTES ET TOURS
rieure a et une intérieure b. Elle est placée à l'endroit où le mur plus épais affecte l'aspect d'une tour. Dans l'intérieur du mur un espace circulaire forme une sorte de cour. Aux deux points opposés de cette cour sont situées les deux portes, dont
Fig. 80. — Coupe transversale de la double Porte de Messène.
l'une, au point a, regarde le dehors et l'autre, au point b, est tournée du côté de la ville.
Signalons enfin, comme particularité très curieuse, un certain
ar
Fig. 81. — Plan de la double Porte de Messène.
nombre de portes cintrées dans l'Acarnanie, que M. Heiizey a découvertes il y a quelques années^ Tandis que les constructions cintrées n'apparaissent en Grèce qu'à l'époque macédonienne, on trouve dans l'Acarnanie, au milieu des fortifications polygonales, des portes certainement fort anciennes, qui n'ont pas de linteau
iVoy. Le mont Olympe et l'Acarnanie par L. Heuzey. p. 429 et suiv. Firmin Didot, Paris 18G0. (F. T.).
go
de pierres en encorbellement ^ mais une voûte taillée dans la pierre. La porte^ du moins, est voûtée extérieurement, pendant qu'à l'intérieur elle est recouverte de dalles de pierre horizontales (fig.82).
De la description des portes^ nous passons tout naturellement à celle des tourSj qu'on avait coutume d'élever presque dans toutes les enceintes fortifiées^ pour en consolider la construction et aussi pour faciliter la défense. Si, en effet, les portes servaient à établir une communication commode avec les environs d'abord, puis, grâce aux routes qui s'y croisaient, avec les états voisins.
Pi". 82. — Porte cintrée de Palaeo-Mani lAcarnanio)
il fallait qu'elles fussent bien gardées et bien protégées. Curtius a donc eu raison de dire que ce sont les portes qui développèrent chez les Grecs l'art de fortifier et d'assiéger les villes. La tour, c'est-à-dire la partie la plus importante de toute place forte, semble née primitivement de ces gros pans de mur, qui faisaient saiUie à la droite des portes ^ et permettaient de repousser vigoureusement l'assaut de l'ennemi.
La forme la plus élémentaire de la tour consistait dans un ressaut du mur, de sorte que la ligne droite des murailles se trou-
« A droite des portes plutôt qu'à gauche, sans doute pour permettre au.x assiégés d'attaquer les ennemis du côté où ils n'étaient point couverts par leurs boucliers. (O. R.)
MURS, PORTES ET TOURS
vait rompue dans certains endroits^ et il en re'sultait une sorte d'annexé^ où les défenseurs, plus en sûreté, pouvaient déployer leur activité mieux qu'ils ne l'auraient fait dans une muraille en ligne droite. Les vieilles murailles pélasgi- - ^ ^
ques de Phigalie, en Arcadie, nous offrent I 1 —
de ces ressauts simulant des tours (fig. 83), *. ^^^ — ■ /
qui sortant du mur affectent la forme carrée ou semi-circulaire.
Souvent aussi on utilisait pour l'établissement de tours des rochers isolés ou des monticules qui, appropriés à la défense par la nature même, étaient encore fortifiés au moven d'ouvraaes en maçonnerie: de là
y Ci-?
n'..-..''jj 1 1 ^' • Plan d'une Tour de Phipalie.
était aise d explorer la contrée environ- *=
nante. Telle était la tour de l'Acropole d'Orchomène, en Béotie
(fig. 84).
Une tour à deux étages se trouve encore à Actor. Elle est
placée à l'endroit où les murs de la ville se coupent à angle
obtus; elle est en-
core si bien conservée qu'il est facile de reconnaître l'emplacement des deux étages, mais on n'a pu trouver aucune trace de l'escalier. 11 est probable que cet escalier, de même que le plafond du premier étage, étaient en bois, afin de pouvoir, le cas échéant, être transportés plus facilement. On arrivait à la tour par des poternes, communiquant avec ia surface supérieure du mur. Les trois autres faces de la tour, tournées au dehors, portaient des fenêtres qui, semblables aux meurtrières de nos châteaux du moyen âge, étaient très étroites à l'extérieur et larges à l'intérieur.
Fig. 84. — Tour de l'Acropole d'Orchomène.
Telle est encore la disposition des tours qui servaient de rempart et d'ornement à la ville de Messène. Il s'y trouve, entre autres^ au sommet d' un angle obtus, formé par les murailles^ une