Plan de la Tour ronde de Messène
Fijr. 86. — Coupe transversale d'une Tour de Messène.
tour ronde, dont la figure 85 nous donne le plan et la. figure 87 la vue d'ensemble. Dans une autre tour^ fort bien conservée^ on distingue parfaitement la manière dont on y pénétrait par le haut de la muraille. Les pierres y sont placées par assises horizontales, mais leurs joints sont pour la plupart obliques et irréguliers ; bombées sur leur face extérieure , elles font saillie sur la surface du mur^ taille que les Italiens appellent rustico. Tour et murailles sont couronnées de créneauXj encore faciles à reconnaître. Les petites fenêtres^ terminées à l'extérieur en angle aigu, s'élargissent à l'intérieur en forme d'ogive. La porte^ qu'on peut atteindre du haut du mur(voy. la coupe transversale à la fig. 86), est surmontée d'un linteau horizontal.
Deux tours rondes presque entièrement isolées protègent la ville de Mantinée^ suivant le plan des figures 88 et 89.
Vue d'ensemble.
MURS, PORTES ET TOURS
On construisait assez fréquemment des tours isolées sur les côtes et surtout dans les îles^ où elles servaient de phares et de refuges contre les pirates aux habitants des environs. Les Vénitiens ont aussi construit de ces tours sur plusieurs points des côtes de la
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Fig. 88 et 89. -- Plan des Tours rondes de Mantinée.
Fig. 90. — Coupe transversale de la Tour d'Andros.
Grèce^ afin d'empêcher les débarquements d'infidèles. La construction la plus importante de ce genre se trouve dans l'île de Céos. Elle est élevée de quatre étages au-dessus du sol^ couronnée de créneaux et entourée sur ses quatre côtés de poutres de pierre faisant saillie, lesquelles supportaient une galerie ouverte , «le seul exemple peut-être bien conservé du peridromos, cet élément essentiel des fortifications antiques». (Ross, Inselreisen, t. I, page i32).
Une tour à Andros, élevée sans doute pour garder les mines de fer de l'endroit, offre la même structure, bien que la forme en soit ronde (fig. 92). Elle se distingue, outre l'escalier tournant de l'intérieur, par une chambre circulaire située dans l'étage inférieur. Les pierres, s'avançantà mesure que le mur monte, rétrécissent peu à peu les parois de cette chambre, qui est couverte d'un plafond de dalles, concourant toutes au même centre comme autant de rayons (voy. la coupe transversale à la fig. go).
Généralement isolées, ces tours étaient pourtant quelquefois accompagnées de cours murées, où les habitants venaient se ré-
Fig. 91. — Plan de la Tour de Tènos.
fagier ou déposer leur avoir. La figure 91 nous représente le plan d'une de ces tourSj située dans l'île de Tènos; la cour qui communique avec elle et qui est ceinte d'un gros mur n'a pas moins de aS^n^ao de longueur.
Nous plaçons après les constructions défensives les constructions d'utilité publique,, et ici la première place appartient aux aqueducs^ aux ports, aux ponts et chaussées; l'antiquité grecque nous a laissé quelques spécimens remarquables de tous ces monuments. Curtius fait observer (Ueber stàdtische Wasserbauten der Hellenen dans V Archœol . Zeitg., i847j page 19 et suiv.) que^ dans leurs aqueducSj les Grecs se sont strictement conformés à la nature^ en posant pour principe invariable de suivre la direction du sol^ principe contraire à celui des Romains.
"Ceux-cij en effet^ fidèles à leur caractère impérieux^ traçaient à l'eau une ligne droite à suivre depuis sa source jusqu'à la ville; ils élevaient ainsi de superbes monuments entièrement indépendants des accidents du sol».
Les citernes marquent sans contredit l'époque la plus ancienne des constructions hydrauliques dans les villes de la Grèce. L'établissement en était nécessaire partout où la sécheresse du sol exigeait qu'on recueillît l'eau de pluie et où la source naturelle ne suffisait plus aux besoins d'une population croissante. Ce sont pour la plupart des réservoirs creusés dans le roc vif^ perpendiculairesj élargis dans le bas et couverts de dalles de pierre; on descend au fond au moyen de marches ou d'échelons. On rencontre assez fréquemment de ces citernes dans l'île de Délos^ à loulis (dans l'île de Céos)^ dans l'ancienne Thouria en Messénie, dans le quartier méridional d'Athènes^ ainsi que sur le penchant pierreux de la colline qui descend vers la mer; dans les quartiers
Fig. 92.
Tour d'Andros.
AQUEDUCS, PORTS, PONTS ET CHAUSSÉES. gS
est et nord de la ville il y a au contraire des traces nombreuses de puits, dont plusieurs étaient reliés entre eux au moyen de canaux creusés dans le rocher. C'est à une époque ultérieure, notamment à l'époque des tyrans, qu'appartiennent ces aqueducs où les sources des montagnes voisines étaient amenées dans des réservoirs au moyen de canaux faits dans le rocher ou de conduites souterraines en maçonnerie, pour être distribuées de là dans la ville par un système de canalisation. C'est par un système analogue, tantôt creusé dans le rocher, tantôt construit en pierre de taille, et toujours pourvu de nombreux puits d'air, qu'on amenait l'eau' à Athènes des sources de l'Hymette, du Pentélique et du Parnès; c'est de la même manière également qu'on approvisionnait d'eau les plaines arides de l'Attique, en se servant d'aqueducs souterrains qui fonctionnent encore de nos Jours. Parmi les autres constructions hydrauliques, mentionnons l'aqueduc d'Eupalinos, long de 7 stades et traversant une montagne, puis une conduite d'eau de source, destinée à alimenter la citadelle de Thèbes, enfin les canaux souterrains de Syracuse, dont on se sert encore aujourd'hui. Les débris de tous ces aqueducs et d'autres trouvés à Argos, à Mycènes, à Démètrias et à Pharsale témoignent amplement du soin que les Grecs apportaient à la construction de cette catégorie de monuments d'utilité publique, si importante dans la vie matérielle.
Si la nature s'est chargée elle-même de protéger les golfes sur plusieurs côtes de la Grèce, il en est beaucoup qui exigeaient des dispositions spéciales pour la protection des vaisseaux qui venaient y stationner. Nous trouvons les restes d'une digue en pierre, qui avait servi à protéger et à améliorer l'excellent port de Pylos, sur la côte occidentale de la Messénie. Cette digue, construite, comme les murailles de Messène, sur le mode pélasgique, et où prédominent les assises horizontales, s'étend au loin dans la mer, et préserve le port naturel du vent et de la marée.
Les constructions maritimes de la ville de Méthone ou Mothone, aujourd'hui Modon, située au sud de Pylos, avaient une plus grande étendue. La nature y avait établi un port protégé par une rangée d'écueils, qui l'entourait de toutes parts; on avait encore amélioré cette heureuse situation naturelle, en construi-
sant dans l'intérieur de la mer un mur^ figurant un arc de cercle plusieurs fois brisé. Ce mur et les fortifications des côtes constituaient, sur trois côtés, les limites de la station maritime proprement dite.
Afin de prouver comment les Grecs savaient utiliser les golfes pour la construction de leurs ports, citons, outre l'anse de Rhodes, où Ross a trouvé les traces d'un port antique de guerre et de com-
Fig. 93. — Plan des Ports d'Athènes.
merce, la ville maritime des Athéniens, connue sous le nom général de Pirée. Rattachée au continent attique, la péninsule rocheuse du Pirée s'enfonce dans le golfe Saronique (fig. 98) et prend dans sa partie sud-ouest (A) le nom d'Acte. Trois anses presque circulaires rompent la ceinture rocheuse de la côte : à l'ouest le vaste bassin du Piree (P) avec l'anse latérale, appelée Kantharos {K)^ à l'est les bassins deZéa (Z) et de Munichie {M). Ces golfes créés par la nature, les Athéniens les.transformèrent, grâce à des dispositions convenables, en autant de ports, destinés à recevoir une flotte marchande ec une flotte de guerre considérables. L'inté-