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AQUEDUCS, PORTS, PONTS ET CHAUSSÉES

rieur du golfe du Pirée était réservé aux navires de commerce^ cinq chantiers établis sur la côte servaient de dépôt aux marchandises ou pour tout autre but commercial ; ce grand bassin, dont l'entrée, large seulement de 25o mètres, était protégée par des môles et des chaînes, avait pour défense le port de guerre Kantharos; celui-ci, d'après les documents maritimes attiques, était assez étendu pour contenir 94 vaisseaux de guerre. Les ports de Zéa et de Munichie, exclusivement réservés à la flotte de guerre, renfermaient l'un 176, l'autre 82 refuges pour les navires. Graser a mesuré les débris de 38 de ces refuges dans le port de Zéa {Zà) et de 9 dans celui de Munichie {Ma). Une ligne de fortifications, longue de 60 stades, protégeait la côte du côté de la mer et défendait en même temps la péninsule. A cette ligne se rattachaient les Longs-Murs b, dont on peut reconnaître encore les substructions'.

En ce qui concerne la construction des routes, branche si importante de l'architecture utile, nous avons bien quelques témoignages écrits sur certains chemins ou chaussées construits et nivelés avec beaucoup de soin, notamment sur ceux où se faisaient les marches triomphales pendant les grandes fêtes nationales; mais rien de précis ne nous a été transmis sur les procédés employés par les Grecs en cette matière, et il reste bien peu de vestiges qui nous permettent de déterminer leur système de nivelage et de pavage des routes. C'est dans les contrées basses et marécageuses que le besoin d'avoir des routes unies et sûres s'est fait sentir avant tout; on les construisit d'abord sous forme de simples digues ou jetées (/waaTa, Y^'-p^p^O- Une jetée de ce genre, dit Curtius, conduisait depuis Copai en Béotie jusqu'à l'extrémité opposée du marais Copaïs. Elle a 6'",6o de largeur, elle s'appuie contre des rochers et est munie d'un pont, qui laisse passer l'eau du Céphise. Cette jetée, de même que celle qui séparait le territoire des Tégéates de celui des Pallantins et traversait les marais formés par le limon de l'Alphée, offrait un double avantage : elle préservait les terres labourables des débordements du fleuve

' Voy. chap. XVI,, où Ton trouvera de plus amples détails sur l'architecture des ports de guerre.

pg LA VIE ANTIQUE.

et établissait en même temps une excellente voie de communication. Les digues en question étaient parfois rattachées à des canaux, comme, par exemple, à Phénéa.

Aux vieux châteaux de seigneurs conduisaient des routes, "Comme on en rencontre à Orchomène et dans d'autres endroits» (Curtius, Die Geschichte des Wegebaues bel den Griechen, i855); plus tard, ce sont les transactions commerciales et les fêtes nationales qui hâtent la construction de chemins plus commodes. C'est le culte de la divinité qui ici également appela l'art à la vie et les voies sacrées furent les premières routes savamment construites de la Grèce. Aujourd'hui encore la Grèce est sillonnée de ces routes, où l'on voit creusées dans le rocher des ornières pour les roues des voitures. Les chars sacrés, chargés des statues des dieux et du matériel nécessaire au culte, pouvaient ainsi rouler et se transporter facilement d'un endroit dans un autre. Le sol compris entre les ornières était nivelé avec du sable ou du gravier, et partout où il n'y avait pas de double ligne d'ornières, des ornières latérales creusées aussi dans le rocher évitaient, comme dans nos chemins de fer, les chocs et les rencontres ; on en trouve des exemples dans l'Attique et près de Chalcis.

Quoiqu'un peu mieux renseignés sur la construction des ponts chez les Grecs, nous le sommes cependant encore d'une façon bien insuffisante. Dans la plupart des cas, on a dû se servir de constructions en bois pour traverser les cours d'eau et les ravins. Mentionnons, à titre d'exemple, un pont de bois très long et très solide, qui avait été jeté sur l'Euripe entre Aulis et Chalcis, dans l'île d'Eubée, pendant la guerre du Péloponnèse, et qui a été sans doute remplacé plus tard par une chaussée, dont il reste encore quelques débris. On rencontre néanmoins quelquefois en Grèce des ponts entièrement en pierre, mais ils ne pouvaient avoir de bien grandes dimensions, tant qu'on n'avait pas inventé la voûte. Gell cite un de ces ponts à Mycènes, un autre à Phliunte; tous deux consistaient en solives de pierre couvrant l'espace à franchir.

Les cours d'eau plus larges étaient couverts de ces constructions que nous avons appris à connaître à propos des portes et des mu-

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railles : de chaque côté les assises des pierres se surplombaient graduellement et^ dès qu'elles étaient suffisamment rapprochées, recevaient pour couronnement de grandes dalles ou poutres de pierre. Ce système a été employé dans un pont situé entre Pylos et Méihone, près de Metaxidi (en Messénie). Les assises inférieures seules sont anciennes } la voûte a été ajoutée plus tard.

Un pont très compliqué et fort habilement agencé est celui qui passe sur le fleuve Pamisos^ en Messénie. Il est situé dans un endroit où une petite rivière se jette dans le Pamisos ; il se compose de trois bras, dont l'un est dirigé du côté de Messène^ le second vers Mégalopolis et le troisième vers Franco Eclissia (Andania). Les piles des bras traversant les deux cours d'eau portent sur leurs façades des éperons prismatiques, dont l'arête brise plus facilement les flots agités. La figure 94 représente une partie de ce pont; on y remarque une baie plus petite, surmontée de pierres équarries, pendant que la grande baie est formée de pierres placées en encorbellement. C'est ce que prouvent les vieilles assises encore existantes; on n'a ajouté que plus tard la véritable voûte, pour leur servir d'appui.

Les piles du pont de l'Euro tas, près de Sparte, sont de même ordonnance. Faisons observer que la voûte ogivale a été construite ultérieurement.

Nous parlerons dans le chapitre suivant de constructions hydrauliques d'un genre particulier, les châteaux d'eau (fig. 97 et 98).

Fig. 94. — Tont du Pamisos.

Fig. 95. — Coupe transversale du Trésor de Mycènes.

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