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I.TEUX DE DIVERTISSEMENT PUBLICS

Quelques entrées souterraines donnaient accès dans la lice, sans toucher l'emplacement réservé aux spectateurs (v. à la fig. 176 une portion de la coupe longitudinale). Ces entrées souterraines, nécessitées par certains accidents caractéristiques du terrain, n'étaient pas rares dans les stades grecs. Un passage de cette espèce, réservé aux lutteurs et aux hellanodices, donnait accès au stade d'Olympie dont la terrasse sud mesurant encore aujourd'hui environ dix mètres de hauteur, était considérée par Pausanias (VI, 20, 8) comme une oeuvre d art (gtoIoiov yr,? ypyj.â iait). La découverte de ce passage a permis de déterminer, lors des dernières fouilles d'Olym.pie, kl position exacte du stade. Dans le stade panathénaïque d'Athènes on voit encore de nos Jours un passage souterrain creusé dans le rocher. Pour faire ce stade on utilisa une petite vallée qui s'étend du bord de l'Ilisos jusqu'au pied de l'Hélicon : Hérode Atticus la fit terrasser de tous côtés et décorer luxueusement de sièges, de corridors et de portiques en marbre pentélique. Le stade d'Olympie avait 204^,07 de longueur sur 33™, 36 de largeur; en 1869, on y a trouvé une des trois colonnes dont il a été question à la page précédente.

Parmi les monuments destinés aux fêtes et aux jeux publics, nous avons déjà cité le théâtre.

Si le drame était la forme la plus achevée de la poésie grecque et le principal attrait de ces fêtes, qui constituaient le plus bel ornement de la vie publique en Grèce, le théâtre était certainement le type le plus parfait des monuments correspondants aux besoins de cette vie publique.

Les théâtres étaient donc généralement construits avec un goût et un luxe inaccoutumés, et, s'ils n'égalaient pas les stades et les hippodromes par leurs dimensions, ils les surpassaient presque toujours de beaucoup tant par leur brillante décoration que par l'agencement intérieur de l'ensemble.

Fig. 174.

Plan du Stade d'Aphrodisias.

Ces édifices étaient également très simples à l'origine^ d'autant plus qu'il y a eu certainement des théâtres avant que le drame eût atteint son développement artistique et qu'il eût pris place parmi les réjouissances publiques. Car primitivement^ en construisant les théâtreSj on n'avait en vue que la danse et les chants qui faisaient partie des fêtes^ surtout des fêtes dionysiaques, etj comme tous les

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Pig. 175. — Coupe transversale,

actes ou exercices se rattachant au culte des divinités grecques, ceux-ci ne tardèrent pas non plus à recevoir droit de cité, à devenir, par cela même, un sujet d'éducation artistique pour les jeunes garçons et les jeunes filles, une source de jouissance pour le peuple. Les théâtres servaient encore à d'autres fins: ici pouvaient

Fig. 176. — Coupe longitudinale.

avoir lieu des cérémonies de toute sorte; les autorités y trouvaient un emplacement commode pour les communications publiques; "là se tenaient parfois les assemblées du peuple proprement dites, et ainsi, lorsque l'art dramatique était déjà arrivé à son apogée, ce fut très souvent dans le grand théâtre de Dionysos à Athènes que le peuple se réunit pour délibérer sur ses affaires. En ce qui concerne la forme et l'économie architectonique de ces monuments, faisons observer que, dans ce cas encore, les Grecs

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se conformaient aux conditions naturelles, et^ de même que dans les stades et les hippodromes, recherchaient de préférence un terrain accidenté pour y construire leurs théâtres. Mais, pendant que dans les stades et dans les hippodromes l'exercice spécial de la course exigeait un versant de colline allongé ou quelque dépression semblable du sol, le théàtre, où les exercices étaient toutautres, demandait une tout autre forme architecturale. C'est qu'ici une grande assemblée assistait à un spectacle qui, contrairement aux courses,, était attaché à un endroit déterminé. Il fallait donc ranger des sièges tout autour et les distribuer de manière à permettre autant que possible à tous les spectateurs de porter facilement leurs regards sur le même point. On abandonna donc la forme oblongue des stades et hippodromes, pour la remplacer par un segment de cercle plus ou moins grand, qui était évidemment la forme la plus logique et la plus commode.

Le théâtre le plus ancien se composait de deux parties essentielles : l'espace réservé aux danseurs (/opo;, of/r^arpoi) et celui qui était assigné aux spectateurs. Le premier était aplani très simplement et contenait au milieu la statue du dieu, en l'honneur duquel on célébrait la fête: c'était le plus souvent la statue de Dionysos, dont le culte était lié plus que tout autre à la danse. Autour de la circonférence de l'orchestre s'étageaient en hémicycle les gradins des spectateurs, qu'on disposait généralement, nous l'avons dit, sur les flancs d'une colline. Au début, on s'asseyait ou l'on se tenait peut-être debout sur le versant même de la colline ; plus tard, on installa des sièges de bois et puis de pierre, partout où le terrain était mou. Si, au contraire, il était rocheux, on taillait dans le sel même des gradins en amphithéâtre. Les Grecs ne s'éloignèrent pas de cette habitude alors même que leurs théâtres présentèrent une tournure plus artistique et une exécution plus finie des détailsaussi n'a-t-on trouvé jusqu'à présent, dans la Grèce proprement dite, qu'un seul théâtre qui nesoitpas adossé contre les flancs d'un monticule: c'est le théâtre de Mantinée, qui est tout en maçonnerie, et encore l'espace destiné au public n'est-il qu'une espèce de jetée en terre, munie d'un mur de soutènement en pierres polygonales et garnie de sièges de pierre.

Il est inutile de faire remarquer que la nature offrait rarement

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des localités entièrement propres à la construction des théâtres. Souvent on était obligé d'y apporter des modifications topographiques plus ou moins importantes, jusqu'à ce qu'enfin on commençât à bâtir des théâtres en pierre, notamment à l'époque postérieure à Alexandre dans les villes luxueuses de l' Asie-Mineure.

Cependant, dès une époque très ancienne, on avait été forcé de transformer les théâtres et d'en compléter l'aménagement. Les chœurs dionysiaques, qui se faisaient entendre dans les plus anciens théâtres, développèrent peu à peu le drame, c'est-à-dire la tragédie et la comédie, jouées tout d'abord, comme le furent les tragédies de Thespis, sur des échafaudages en charpente. Mais on ne tarda pas à remplacer ces tréteaux par une construction plus durable dans les théâtres mêmes. C'était d'autant plus naturel que les représentations dramatiques figuraient dans les fêtes dionysiaques, qui de tout temps avaient été célébrées dans les théâtres.

La première amélioration consista à élever une construction près de l'orchestre en face des gradins réservés aux spectateurs. Cette construction, on la retouve dans la plus haute antiquité, mais réduite aux proportions d'un simple mur, situé du côté opposé à l'auditoire et destiné, soit à bien limiter l'emplacement de l'orchestre, soit à renforcer l'effet acoustique des choeurs. Ce mur devint peu à peu une construction spéciale, dont les différentes parties, artistement groupées, répondaient aux besoins scéniqueset terminaient gracieusement l'ensemble du monument. Le premier théâtre bâti en pierres et pourvu d'une scène fut celui d'Athènes, qui a servi de modèle à toutes les constructions de ce genre en Grèce et dans les colonies. Ses gradins en planches s'écroulèrent un jour, pendant qu'on y jouait des pièces d'Eschyle et de Pratinasj c'est alors qu'on se mit à bâtir le grand théâtre de Dionysos, dans la jo'^ olympiade, au sud de l'Acropole (cf. fig. 64 1), en utilisant en partie le penchant de la colline ; il ne fut terminé que vers 340-330 avant Jésus-Christ, sous l'administration de Lycurgue.

Depuis il avait complètement disparu ; des terres d'alluvion et les décombres de différentes constructions ultérieures avaient si bien enseveli, pendant le cours du temps, ce foyer célèbre de la culture attique, que quelques débris insignifiants permettaient à peine d'en déterminer l'emplacement. L'honneur d'avoir décou-

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vert ce théâtre revient à l'habile architecte allemand Strack; c'est sous sa direction qu'on entreprit en 1862 les fouilles qui amenèrent la découverte de l'édifice tout entier (fig. 189).

Le théâtre de Dionysos^ une fois construit^ devint un type du genre, qu'on imita plus tard, avec plus ou moins d'exactitude, selon l'espace disponible et la nature des terrains. Il résulte des considérations ci -dessus que le théâtre grec se divisait en trois parties bien distinctes : Vorchestre , formant un cercle presque complet, la place l'éserrée aux spectateurs et la scène. Commençons par l'emplacement des spectateurs. Celui-ci, appelé par les Grecs -tb xoïXov' (le creux, l'excavation), se composait de plusieurs

Fig. 177. — Plan du Théâtre de Stratonicée.

gradins, qui s'étageaient tout autour de l'orchestre sous forme d'un demi-cercle ou d'un grand segment de cercle et servaient de sièges (looj^iov) à l'auditoire. Les sièges étaient limités aux deux extrémités par un mur qui leur servait d'appui, et qui, suivant la direction ascendante des gradins, dégageait entièrement la vue de la scène. Ces deux murs déterminaient deux conformations différentes des théâtres, suivant que leurs prolongements formaient un angle obtus ou une ligne droite. De là deux catégories, qui comprennent tous les théâtres grecs connus jusqu'à ce jour. Citons, comme exemple de la première, le théâtre de l'île de Délos. C'est une élévation naturelle du sol, un peu arrangée et régularisée

1 Le mot Oî'aTpov lui-même, au sens propre, ne de'signe également que J'emplacement réservé aux spectateurs (O. R.).

par la main de l'homme et flanquée aux deux extrémités d'un mur mesurant 5"'j70 d'épaisseur sur 9 mètres de longueur.

Le théâtre de Stratonicée (fig. 177) est un second exemple de cette première conformation; il date probablement de l'époque des Séleucides et a été ac;randi sous le règne des empereurs romains.

Parmi les théâtres dont les gradins se terminaient à angle droit^ mentionnons celui de Mégalopolis en Arcadie, primitivement l'un des plus beaux et des plus grands théâtres delà Grèce (fig. 178). Il est bâti sur le versant d'une colline^ rehaussée au moyen d'un

terrassement; Pausanias le regardait comme le plus vaste des monuments de ce genre. Les mesures de son diamètre extérieur variaient de 144 à 180 m.

Aujourd'hui tout en ruines^ il ne présente plus ni gradins ni aucune trace certaine de la scène.

Le théâtre de Ségeste en Sicile a la même conformation ; son xolXov date de la plus haute antiquité grecque. Les gradins inférieursj au nombre de vingt environ, taillés dans le rocher, sont encore bien conservés. Plus tard on en a ajouté d'autres, qui reposent sur des soubassements artificiels. Une allée sépare les premiers des seconds. Ce qui reste de la scène provient d'une époque romaine assez récente. La figure 179 représente la vue en perspective et la figure 180 le plan de ce théâtre.

Disons, à propos de cette allée, qu'il n'est pas rare dé voir également dans d'autres théâtres les gradins coupés par des séparations plus ou moins larges. Dans les édifices de petites dimensions les gradins montent sans solution de continuité et forment comme autant d'étages. Mais dans les théâtres aux proportions plus vastes on a souvent établi de ces passages, qui partageaient les gradins en bandes ou rayons concentriques et avaient reçu des Grecs le nom de oiai^ojti.aTa ; ils avaient pour but de permettre de gagner plus facilement chaque rangée de sièges et chaque siège en particulier.

Fig. 178. — Plan du Théâtre de Mégalopolis.

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Comme le théâtre de Ségeste^ celui de Stratonicée (fig. 177) ne présente qu'un seul dia^oma. D'iiutres en ont deux, tels que, par

Fi^. 179. — Vue du Théâtre de Sdgeste.

exemple j le petit théâtre de Cnide, que quelques-uns regardent comme un Odéon(fig. x8i et 182); son orchestre mesure à peu près

Fig. 180. — Plan du Théâtre de Ségeste.

ig'DjSo; son koilon est borné par un mur rectangulairej ce quiétaitsansdoute nécessité par ladirection des rues environnantes.

Nous avons encore deux dia:[omata intérieurs et un troisième bordant tout le koilon dans le théâtre de DramyssoSj en Épire^

Fig. 181 et 182. — Plan du Théâtre de Cnide.

quij en outre, peut être considéré comme un spécimen des théâtres

Fig. 183. Plan du Théâtre de Dramyssos.

à terminaison rectangulaire, cités plus haut. Le koilon, comme nous le voyons à la figure i83, est bien conservé. Donaldson

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l'ig. 18i. — Plan du TUcàtre de Sityone.

prétend qu'il v avait une colonnade au lieu du troisième dia^oma supérieur; mais il n'en reste aucun vestige. Le diamètre de l'orchestre est très petit par rapport au koilon; en <i et e des escaliers, courant le long du mur de soutènement, conduisent au second dia- \oma. La construction dans son ensemble est très simple; aussi quelques-uns l'attribuentils à une époque grecque fort ancienne; d'après d'autres elle n'appartiendrait qu'à la période romaine. Il n'y a aucune trace visible de la scène.

A rextérieur, le koilon était généralement circonscrit par un mur, comme dans le théâtre de Dramyssos et d'autres. Vitruve, dans sa description des théâtres grecs, place ici une colonnade; mais il ne reste aujourd'hui rien qui témoigne de l'existence de colonnes de ce genre à l'époque grecque.

Quant aux allées conduisant aux gradins, elles se trouvaient habituellement entre le mur d'appui et la scène ; le public gagnait

ses sièges en passant par l'orchestre. Toutefois dans les grands théâtres d'autres communications pouvaient devenir nécessaires.

Dans le théâtre de Dramyssos, un escalier mettait l'extérieur du mur d'appui en communication avec le diazoma. Dans d'autres théâtres, où la situation des lieux le permettait, on avait ménagé des entrées dans les parties supérieures du koilon; ainsi, par exemple, dans le théâtre de Ségeste, cité plus haut, et dans celui deSicyone, dont la figure 184 représente le plan. Ici deux allées (a et b) partant de deux côtés différents conduisaient les spectateurs à travers la montagne jusqu'au milieu du koilon; la figure i85 représente la vue du passage a. Tous les théâtres avaient, en outre, pour éta-

Vue du Passage a.

hlir une communication entre les gradins, de petits escaliers, qui, convergeant comme autant de rayons vers l'orchestre, partageaient le koilon en plusieurs segments, formant des sortes de coins (xepxîSEç). Le nombre de ces escaliers était ordinairement pair dans les théâtres grecs; il variait de deux à dix, suivant la grandeur du monument et les conditions locales. Y avait-il plusieurs dia:{omata, les escaliers changeaient de place pour chaque dia:{oma, comme à Cnide, à Ségeste et à Stratonicée, ou bien ils étaient en prolongement, comme à Dramyssos. Les escaliers étaient disposés de manière que deux marches équivalaient

Fig. 186. — Gradins du Théâtre de Syracuse.

à la hauteur d'un gradin de sièges; quant aux gradins, leur installation était telle que les spectateurs pouvaient s'asseoir commodément sur chaque rangée, sans être incommodés par les pieds des personnes assises sur le rang immédiatement supérieur. Vitruve dit qu'ils n'avaient ni moins de 3o ni plus de 45 centimètres de hauteur; s'ils n'étaient pas plus élevés, c'est qu'on avait coutume de les rehausser au moyen de coussins plus ou moins moelleux. Leur largeur était à peu près double de la hauteur. Les gradins sont généralement d'une grande simplicité et certains détails prouvent qu'on a eu en vue surtout leur commodité. Ainsi leur bord antérieur est souvent un peu plus élevé pour qu'on puisse s'y asseoir plus à son aise, tandis que la partie postérieure plus basse est destinée à recevoir

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Pig. 187.

Gradin du Théâtre de Mëgalopolis.

les pieds des personnes assises sur le gradin supérieur. C'est ce qu'on remarque, par exemple, dans les gradins du théâtre de Syracuse (fig. 186).

Dans d'autres théâtres la surface antérieure des sièges rentre un peu afin de laisser plus de place aux pieds; tel est le cas des théâtres de Mégalopolis (fig. 187), de Tauromenium et de Sidè, en Asie-Mineure; les gradins du théâtre de Sparte (fig. i8S), légèrement concaves, sont particulièrecommodes. Ceux de lasos, en Asie-Mineure, font l'effet de véritables chaises. Les sièges placés devant un dia:^oma

avaient d'ailleurs presque toujours la forme de fauteuils avec dossier; citons à l'appui, entre autres, le théâtre d'Épidaure, très célèbre dans l'antiquité'. Mais c'est le théâtre de Dionysos, à Athènes, découvert en 1862 et dont nous avons dit un mot à la page 170, qui offre un intérêt particulier au point de vue des sièges de ce genre. Le koilon, renfermant cent gradins, est partagé en treize kerkides, au moyen de quatorze escaliers, dont les deux latéraux montent près des entrées, tout contre le mur d'appui. Chaque gradin a o"',345 de hauteur et o'",782 de profondeur horizontale ; la partie de devant où l'on s'asseyait a o"',332 de largeur; une excavation, qui se trouve par derrière et où les personnes assises plus haut plaçaient leurs pieds, est large de 0^,45. Les escaliers ont 0^,70 de largeur; la hauteur des marches correspond à celle des gradins; la différence consiste en ceci: chaque marche ne mesure que o'n,22 de hauteur sur le devant, mais elle monte en pente vers le fond, et l'on a pratiqué des rainures sur cette partie montante, pour empêcher de glisser. La rangée inférieure

Fig. 188.

Gradins du Théâtre de Sparte.

1 Ce théâtre e'tait l'œuvre de Polyclète. La Socie'té Arche'ologique d'Athènes y a pratiqué tout dernièrement des fouilles : Voy. 'AQv-vatov t. IX, fasc. 5 t. X, fasc. I (O. R.). ' ' • '

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celle qui borde immédiatement la circonférence de l'orchestre (fig. i89), est occupée par 67 sièges d'honneur ou trônes, faits d'un seul bloc de marbre pentélique^ et tantôt simples , tantôt doubles ou triples; les inscriptions qu'ils portent prouvent qu'ils étaient destinés aux prêtres,, aux différents autres fonctionnaires du culte^ aux archontes et thesmothètes. Le trône central, couvert de riches

Fig. 189. — Gradins du Théâtre de Dionysos, à Atliènes.

décorations en relief^ était exclusivement réservé au prêtre de Bacchus Eleuthereus. Ajoutons enfin que le mur du proskènion, orné de superbes bas-reliefs^ n'a été construit que par l'archonte PhaidroSj peut-être dans le troisième siècle de notre ère; l'ancien prosJcènion était situé 6 mètres ^ et un autre^ plus ancien encore, 8 mètres plus loin^ dans le fond, parce que les choeurs de l'ancienne tragédie et de l'ancienne comédie exigeaient un orchestre plus vaste que les représentations mimiques de la période romaine.

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L'orchestre, nous l'avons déjà dit, était l'endroit destiné aux danses du chœur, qui ont donné naissance à l'art dramatique. C'est pourquoi, même dans les théâtres plus récents, on leur ménagea une grande place entre le koilon, que nous venons de décrire, et la scène. Cette place était plus vaste dans les théâtres grecs que dans les théâtres romains, où des chœurs dansants ne figuraient jamais. Vitruve, en décrivant l'orchestre grec, trace un cercle et y inscrit un carré. Le côté rapproché de la scène constitue la limite de l'orchestre ; l'espace compris entre cette ligne et la tangente parallèle est occupé par la scène. De tous les autres côtés, com.me nous l'avons vu plus haut, l'orchestre est circonscrit par le koilon. Au milieu de l'orchestre se dresse la thymélè, autel de Dionysos, qui forme le centre de la danse. Le sol était bien nivelé ; lors des assemblées du peuple on le saupoudrait peut-être de sable (de là son nom de xov(aTpa), mais quand on y dansait, on improvisait sans doute un parquet en planches tout autour de la tliymélè, qui a dû reposer sur un piédestal à marches. Si le théâtre devait servir aux représentations dramatiques, un autre aménagement devenait indispensable. L'orchestre était alors encore la place où se tenait le chœur ; mais, comme, dans ce cas, le rôle du chœur ne se bornait pas à la danse et au chant, et qu'il était obligé de converser avec les acteurs placés sur une scène plus élevée, il lui fallait aussi un endroit plus élevé. On construisait à cet effet dans une partie du la konistra, jusqu'à la thymélè, une charpente en bois sur laquelle on établissait un plancher, qu'on peut appeler également orchestre dans le sens étroit du mot ou bien orchestre scénique^ dénomination très juste par opposition à l'orchestre chorique. Les choreutes arrivaient sur ces tréteaux, situés quelques pieds plus bas que la scène, en traversant un passage (TtapoSoç) entre le mur d'appui du koilon et la scène, passage que prenaient également les spectateurs pour entrer dans la konistra et pour de là gagner leurs sièges. On montait quelques marches jusqu'à l'orchestre scénique, qui communiquait lui-même avec la scène au moyen d'un petit escalier (xXiVaxeç) de trois ou quatre marches (xXijxaxT^ipE;) ; le mouvement des pièces exigeait souvent en efifet que le chœur montât de l'orchestre sur la scène ou descendît de

la scène sur les planches de l'orchestre. Il est à peine nécessaire de faire remarquer qu'il ne reste plus aucune trace sérieuse de cette installation passagère. Aussi ne nous arrêtons pas davan-

Pig. 190 et 191. — Plau du Théâtre de Telmessos.

Fig. 192. — Mur de devant de la scène.

tage aux opii-ions divergentes des archéologues sur ce sujet^ et voyons ce que sont les scènes qui existent encore de nos jours.

Les scènes des théâtres grecs ont laissé des traces moins nombreuses et moins authentiques que les koila. La scène prend généralement chez les Grecs le nom de ax-r^rr^ (tente)^ mot

LIEUX DE DIVERTISSEMENTS PUBLICS. i8l

qui date probablement de l'époque où l'on dressait dans le fond de l'orchestre un échafaudage en bois, d'où les acteurs sortaient peut-être comme d'une tente. Cette expression fut appliquée plus tard aux théâtres de pierre et indiquait alors l'édifice entier de la scène^ ou même, dans une acception plus restreinte, le mur du fond de la scène j Vitruve, tenant compte des différentes décorations qui couvraient ce mur, parle de scœna tragica, comica et satyrica. De même encore l'espace étroit où Jouaient les acteurs, situé devant cette paroi, s'appelait parfois cy-r^Wi, mais plus communément Ttpoffxï^viov. Cet endroit, surtout dans son milieu, d'où les acteurs s'adressaient au public, reçoit aussi assez fréquemment le nom de XoysTov. Le prosccenium, afin de transporter, pour ainsi dire, les personnages de la pièce dans un monde étranger, s'élevait de beaucoup au-dessus du niveau de la konistra. Il est probable que le terme uTrocxr'vtov doit signifier tout l'espace situé sous le plancher du proscœnium; sa paroi tournée vers l'orchestre aurait été, suivant Pollux, ornée de colonnes et de statues ; de là l'échelle de Charon (XapoJvsiot x/a'aay.si;), qui servait aux apparitions des morts ou des divinités fluviales, montait sur le prosccenium ; une trappe de bois mobile en couvrait l'entrée. On entendait par le mot TrapaTxr'via les deux saillies murales de la scène, qui terminaient le proscœnium à droite et à gauche. Quant au terme ÊTttffxr^via, on l'appliquait aux différentes galeries qui couronnaient presque toujours le mur de la scène.

Nous possédons plusieurs scènes antiques, ou au moins quelques-unes de leurs parties constitutives; il en reste notamment un certain nombre dans les villes d'Asie. Mais dans beaucoup on sent déjà l'influence romaine, et, si l'on veut se faire une idée de l'ordonnance purement grecque de la scène, il faut bien se garder de les considérer, sans réserve, comme des modèles du genre. Peut-être serait-on en droit de citer, à titre de spécimen, le théâtre de Telmessos, en Lycie, qui se recommande par sa simplicité même (fig. 190 et 191). Le A"o//on est formé par une colline, les gradins se terminent à angles obtus, un dia^oma les partage en deux moitiés, un autre circonscrit les gradins supérieurs; huit escaliers divisent le koilon en neuf xspxtoe;; l'orchestre est très grand et correspond assez bien aux données de Vitruve; le pro-

scœnium reposait sur une charpente en bois. Le mur de la scène était percé de cinq portes^ dont chacune était placée primitivement entre deux colonnes. Sous celles-ci,, on reconnaît encore les mortaises (fig. 192)^ où étaient engagées les solives formant le plancher du proscœnhim. Les portes situées au dessous conduisaient dans Vhyposcœnium, dont nous avons indiqué la place plus haut.

En attendant que nous examinions d'autres exemples d'édifices scéniquesj quand il sera question des théâtres romains (v. chapitre XXIII)^ terminons par une vue en perspective (fig. igS)^ que Strack. a dessinée, pour donner une idée d'ensemble du théâtre grec, d'après les documents des écrivains de l'antiquité et les ruines conservées jusqu'à ce Jour.

Fig. 193. — Vue en perspective d'un Tliéâtre grec.

Fig. 194. — Lit (xAiv^) de Luxe.

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