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CHAPITRE X

LE MOBILIER

Sommaire : Les différentes sortes de sièges. — Les différentes sortes de lits. — Les tables. — Les coffres et caisses.

Nous avons dépeint dans les chapitres précédents les œuvres d'architecture, telles que les besoins de la vie publique et privée les avait créées et développées; nous nous proposons maintenant d'en montrer le rapport avec la vie quotidienne du peuple grec. La maison d'habitation, dans son organisation intérieure, ses habitants dans leur activité extérieure, la vie de famille, les occupations de l'homme en dehors de la maison, dans les lieux consacrés aux exercices corporels, aux divertissements et au culte, sa manière de vivre à la guerre, son départ pour la dernière demeure : voilà, autant que les monuments conservés peuvent nous servir de preuves à l'appui, les différents sujets que nous allons traiter dans les chapitres qui vont suivre.

La disposition de la maison grecque a été décrite plus haut d'après les données écrites et les ruines existantes (chap, VI). Malheureusement l'injure des temps, qui a exercé sa funeste influence principalement sur les constructions privées des Grecs, en a atteint aussi l'organisation intérieure, et les seuls objets mobi-

liers qu'on ait pu soustraire à cette destruction générale sont ceux qui avaient été confiés^ dans les tombeaux^ au soin tutélaire de la terre. Par conséquent^ partout où nous n'aurons pas de spécimens sous la main, dans notre description du mobilier domestique, nous aurons recours aux vases à figures et aux œuvres plastiques; ces documents viendront confirmer les témoignages écrits de l'antiquité.

Commençons par les sièges, dont les différentes formes sont désignées par les mots Sî^poç, xXiajjidç, xXivttjp, xàicti'y) et ôpo'voç. Le diphros est un siège bas, sans dossier, facile à mouvoir, à quatre pieds disposés en x ou perpendiculaires. La première forme du diphros, appelée ôxXaSta; ot'cppoç ou oxXaSiaç, ou bien, selon Hesychios, Gpovoç TTiuxToç, ôîïjpoç TaTTetvo'ç , se pliait sans diflaculté, car son siège se composait de sangles entrelacées; les Athéniens de

Fig. 195 à 198. — Diphroi.

l'antiquité avaient coutume de faire porter ces pliants à leur suite par leurs esclaves. Les diphroi à quatre pieds perpendiculaires étaient également très usités; ils ne se pliaient pas, le siège et les pieds étant solidement attachés ensemble. On rencontre ces deux formes du diphros, notamment la dernière, sous tous ses aspects, sur beaucoup de monuments anciens. Le diphros okladias , représenté à la figure igS, est emprunté au bas-relief en marbre d'un tombeau de Krissa. Ajoutons-y les chaises pliantes des fig. 196 et 197, dont les pieds, contournés avec élégance, sont très soigneusement sculptés. Les dessins 198 et 2o5 figurent des diphroi plantés sur quatre pieds droits : le premier appartient à la frise du Parthénon, où l'on voit les filles et les femmes des étrangers domiciliés à Athènes (piÉToixoi) porter sur la tête des sièges de ce genre; c'était une fonction (Stçpocpopeïv) à laquelle elles étaient astreintes pendant les Panathénées; le second fait partie d'un bas-relief athénien en marbre, il se distingue par des pieds fort bien tournés, ainsi que par des boutons

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Pig. 199 et 200.

Dipliroi à pieds recourbés.

artistement façonnés au tour et placés sur la tablette du siège^ sans doute pour consolider le coussin qui s'y trouve. — En ajoutant un dossier à un diphros non pliant on créa une seconde espèce de chaises, à laquelle s'appliquent probablement les termes xXicfAoç, xXivr/ip et xXiffiT). Leur forme, comme le prouvent les figures 199 et 200 ressemble beaucoup aux chaises dont nous nous servons habituellement; la seule différence qu'il y ait^ c'est que la partie supérieure du dossier du meuble grec a quelquefois une forme demi-circulaire: le corps de la personne assise se trouvait ainsi dans une position bien plus confortable que sur les chaises à dossiers rectilignes de nos salons. Les pieds, gracieusement recourbés en dehors, s'harmonisent on ne peut mieux avec la courbe du dossier.

Enfin on entend par ôpo'voç tous les sièges plus grands, qui, outre un dossier vertical élevé jusqu'au milieu du dos ou jusqu'à la tête, sont pourvus d'appuis latéraux, pour reposer les bras. Au temple, le thronos était le siège de la divinité; chez les particuliers c'était la place d'honneur du maître de la maison et de ses amis. Difficiles à déplacer, à cause de leur grandeur, ces meubles étaient solide-

Thronos à Dossier bas.

ment attachés tout autour du mur, comme par exemple dans la salle du palais d'Alcinoiis, tandis A que les sièges plus petits, dont nous avons parlé plus haut, pouvaient être aisément transportés d'un endroit dans un autre. Les trônes destinés à l'usage particulier étaient faits généralement de bois dur; ceux au contraire qui étaient réservés aux divinités dans les temples, ou bien aux principaux personnages et aux juges dans les assemblées du peuple, dans les tribunaux, dans les réunions du Conseil (pouXïi) dans les stades et les hippodromes, étaient presque toujours tout en marbre. Mais l'artiste grec, se conformant au caractère noble

Fig. 202.

Thronos à Dossier

bas.

Fig. 203.

Thronos à Dossier élevé

de ces meubles, les couvrait partout de riches ornements. Tantôt les pieds sont artistement travaillés au tour ou pourvus d'un magnifique feuillage ornemental, tantôt les bras ou le siège sont soutenus par différentes figures, et une décoration non moins somptueuse est répandue à profusion sur le dossier. Dans les œuvres de sculpture, le thronos aifecte les formes les plus variées. Les figures 201 et 202 représentent un trône à dossier bas; le premier est emprunté au monument des Harpies de Xanthos, le second à la frise du Parthénon. Un bas-relief en marbre (fig. 2o3) nous fait voir un thronos à dossier élevé, servant de siège à un dieu; plusieurs autres sièges d'honneur en marbre, se trouvant dans le théâtre de Bacchus (fig. 189) et sur l'Acropole d'Athènes, nous donnent une idée de ces meubles, où venaient s'asseoir les prêtres, les thesmothètes et les athlothètes, dans les théâtres et sur les places publiques. On rencontre quelquefois aussi des trônes sans dossier; nous en avons la preuve, entre autres, dans un thronos peint sur un vase et sur lequel Oreste tue Egisthe (fig. 204). Tous les sièges que nous venons de citer étaient, pour plus de commodité, couverts de peaux moelleuses, de tapis ou de coussins (figures 196, 197, 199, 201 et 202). Homère nous apprend qu'on s'en servait chaque fois qu'on devait s'asseoir. Les étoffes fines, qui étaient étendues sur les trônes de la salle d'Alcinoûs, ne faisaient que recouvrir les coussins et les bords de la tablette du siège, peutêtre un peu moins ouvragés. — Le banc de pieds (ôpïjvuç) complétait le trône; il est ou fixé aux pieds de devant du trône, et, par conséquent, immobile, ou bien isolé de celui-ci; dans les deux cas, il servait de marche-pied pour monter sur les trônes toujours assez hauts, ou de point d'appui pour les pieds du personnage assis. On trouve aussi de ces petits meubles à côté des sièges bas, comme on peut s'en convaincre par les figures 198 et 2o5; ils correspondent en-

Ie'V

Thronos à Pieds droits

sans Dossier.

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Fig. 2C5.

Tlironos avec Banc de Pieds.

tièrement à nos petits bancs, employés surtout par les femmes, il faut peut-être ranger dans la catégorie du Oprjvuç, dont la ligure 2o5 nous retrace les formes élégantes^ cet escabeau en bois massif (o^éXai;) dont Eurymachos se sert comme d'un projectile dans la maison d'Ulysse. Ces petits bancs^ larges comme le siège lui-même , étaient forcément plus longSj lorsqu'on les plaçait^ comme marche-piedsj devant un lit; l'escabeau que représente une peinture de vase^ reproduite à la figure 208^ aidait plusieurs personnes à monter en même temps sur le même lit.

L'exemple le plus ancien de lit (xXi'vT)) semble être celui qu'Ulysse avait construit de sa propre main, dans sa maison. Il avait étété le tronc d'un olivier, encore enraciné dans le sol, ne laissant debout qu'une hauteur de quelques pieds et, après l'avoir bien équarri et bien poli, il y avait fixé les traverses du lit, de manière que le tronc devînt l'un des pieds du côté du chevet et que la charpente tout entière ne pût se démonter. 11 tendit ensuite ^y^ des sangles 5ur les traverses; mais il est impossible de dire si ces bandes entrelacées étaient fixées, comme dans nos lits, à un châssis mobile, formant le fond du lit, ou bien (hypothèse que semble confirmer l'examen des monuments) si elles s'attachaient , au bord supérieur des traverses. En tout cas, la charpente de la couchette antique n'était autre chose qu'un prolongement du diphros. Prolonge-t-on le diphros à pieds croisés, on obtient un lit de camp, et si l'on prolonge le diphros à pieds droits, on aura la banquette à coucher. Le premier est maniable et transportable à volonté, tout comme la chaise pliante; peut-être les o£;;i.via, dont il est souvent question dans l'Odyssée et qu'on plaçait devant le portique antérieur des maisons, n'étaient-ils autre chose que des lits de camp. La fameuse couchette de Procruste, peinte sur un

Fig. 206.

Couchette de Procruste.

Fig. 207.

Banc à coucher.

vase (fig. 206), est un meuble de cette espèce. Au diphros à pieds fixes correspond le banc à coucher, sans dossier et porté sur quatre pieds (fig. 207). En y ajoutant plus tard un dossier au chevet, puis un autre aux pieds et enfin un troisième dans le sens de la longeur, on est arrivé à produire des meubles analogues à ce que nous appelons chaise-longue et sopha (fig. 208, 209, 210 et 21 1). La construction de cette x>a'vyi, destinée au repos, ressemblait sans doute à celle qui était usitée dans les repas. En fait de matériaux, on employait, outre les bois ordinaires, l'érable et le hêtre; on faisait de ce dernier des meubles massifs ou plaqués. De même que les chaises, les lits étaient soigneusement travaillés; on s'appliquait surtout à bien façonner les parties qui n'étaient pas recouvertes d'étoffes, telles que les pieds et les dossiers. Les pieds sont ou habilement sculptés ou bien ouvragés au tour ; le reste du meuble est souvent incrusté d'or, d'argent ou d'ivoire. Nous voyons un lit de ce genre dans le camp d'Ulysse ; les témoignages écrits et les monuments de l'antiquité nous en offrent beaucoup d'autres exemples (voy. fig, 194).

Passons maintenante la literie. Faisons remarquer tout d'abord qu'il n'est Jamais question dans Homère de coussins bien rembourrés et autres objets de literie luxueux, qu'on trouva plus tard. Chez ce poète, le lit de l'homme riche se compose d'abord des pïiyea, qui étaient, soit des couvertures douces tissées de laine longue, soit peut-être une sorte de matelas. On mettait làdessus, pour rendre la couche plus tendre, des -zâTz-ri-ztc, (couvertures). On étendait encore quelquefois sous les ^/lyea des'peaux de brebis (xwsa), que les pauvres avaient coutume d'étendre sur la dure; tout ce fond était recouvert de toiles de lin. Les Grecs se couvraient avec des yXaïvai; ce mot, qui signifie manteau, indique soit qu'avant de se coucher ils étaient leurs vêtements, pour s'en servir comme d'une couverture, soit qu'ils avaient des couvertures de laine faites à cet effet. A l'époque post-homérique, lorsque le luxe asiatique vint remplacer la vieille simplicité grecque, on posait imiiiédiatement sur la sangle (xetpta) le matelas, appelé xv£.pKXov, tuXeÎov ou tuXtj, qui était composé d'un mélange de laine et de plume, contenu dans une enveloppe de toile ou de laine. Sur ce matelas on mettait des couvertures, que PoUux

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désigne par les mots TrcpiffxptotxaTa, 67ro(7Tpcou,aTa, eTTipÀr^uaTa, IcpsaToi^e;, •/Xaîvat, àucpisffTpi'oeç, ÈTctÔôXaia, SaTCioeç, 'J^iloSd.TZiOi^, ^uîtÎocç /puaoTraatoi, au::quels il faut ajouter •ïàTrYjTe; et àtA'^iTa7r-/)T£ç, couvertures qui étaient velues d'un seul côté ou des deux côtés. Des oreillers rembourrés, de même que des matelas de laine et de plume^ complétaientj du moins depuis le m.oment où le luxe s'introduisit en Grèce, le meuble destiné au sommeil. Les lits placés dans les

Fig. 208 et 209. — Klinai destinées au Kepos.

salles de société^ étaient montés de la même manière. C'est là que les anciens, à demi-couchés, suivant un usage consacré depuis les temps post-homériques, avaient l'habitude de lire, d'écrire et de prendre leurs repas. Ils couvraient ces lits avec différents tissus

Fig. 210 et 211. — Klinai destinées au Repos.

moelleux et plucheux, remarquables par leur finesse et leurs couleurs éclatantes; un ou plusieurs coussins, confortablement bombés, maintenaient le corps dans une attitude demi-assise, ou servaient d'appui au bras gauche (fig. 208). Si nous jetons un coup d'oeil sur les dessins ci-dessus, nous verrons, à la figure 206, le lit de camp, à la figure 207, le lit simple (xXi'vr,), couvert de p/iYsa. La figure 208 donne un lit d'une façon également simple, avec un dossier, contre lequel s'appuient deux personnes demi-couchées;

igo Ï'A VIE ANTIQUE.

l'une pose son bras gauche sur un coussin enveloppé d'une étoffe bariolée^ l'autre s'incline sur deux coussins superposés. La couchette dessinée à la figure 209 est bien plus somptueuse. Les bois richement décorés de ce meuble assez hautj pourvu de deux dossierSj sont garnis de matelas et de coussins bien rembourrés; un j^etit banc très long et façonné avec non moins de luxe repose les pieds du couple assis. Le siège, reproduit d'après un bas-relief de marbre à la figure 21 1, ressemble tout à fait à nos sophas. La figure 210 enfin représente un genre de xXi'vy) tout particulier; ici est couché un malade, auquel Esculape prodigue ses conseils et ses consolations. Les magnifiques tapis tendus sur la couchette, avaient généralement pour but, ici comme dans les trônes, de draper les bois grossièrement travaillés ; nous en avons la preuve évidente dans la peinture d'un vase figurant un symposion, dont nous parlerons avec plus de détails au chap. XVII.

Dans l'antiquité^ on n'employait les tables que pour porter les ustensiles nécessaires dans les repas, tels que les assiettes, les coupes ou vases plus petits; on ne s'en servait, comme de nos jours, ni pour lire, ni pour écrire. Les tables anciennes, tantôt carrées et portées sur trois pieds, tantôt rondes ou ovales, reposant alors sur trois pieds isolés et même plus tard sur un seul (-pâTTî^ai TsrpâTOoe;, Tpi'TroÎEç,, (xovoTrooEi;), ressemblaient, en général, à celles d'aujourd'hui; elles n'en différaient que par un seul point, c'est que, plus basses que les nôtres, leur plateau atteignait à peine la hauteur du lit; plus hautes, elles eussent été incommodes pour les personnages couchés sur le lit (voy. fig. 208). Aux temps homériques, on plaçait une petite table devant chaque trône, coutume qui semble s'être perpétuée assez tard chez les Grecs. Dans les temps les plus reculés, l'usage de dresser un service à part pour chaque convive n'existait pas. On apportait la viande sur de grands plats dans la salle à manger; l'officier la découpait, on mettait les portions directement sur le plateau de la table, et, faute de couteaux et de fourchettes, on les portait à la bouche avec ses doigts; le pain était dans des corbeilles, à côté des tables. Ces tables homériques, placées devant les trônes, étaient-elles aussi basses que celles qu'on trouve, en grand nombre, sur les monuments des époques ultérieures, où l'habi-

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tude de se coucher à table avait remplacé l'habitude plus ancienne de s'asseoir? C'est une question que nous ne chercherons pas à élucider; car les monuments les plus anciens ne nous fournissent aucune preuve à l'appui de cette dernière coutume. Les pieds des tables étaient exécutés avec beaucoup de goût comme tous les meubles dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent. On aimait notamment à donner aux pieds des tripodes la forme de jambes d'animaux ou à les terminer en sabots; les tables à quatre pieds ontj pour la plupart, une apparence moins artistique (fig. 212, 2i3, 214). On fabriquait ces meubles avec du hêtre principalement^ mais plus tard avec du bronze^ des métaux nobles et de l'ivoire.

Les Grecs conservaient leurs vêtements^ ainsi que différents

Fig. 212, 213, 214. — Tables.

objets précieux, articles de toilette de luxe, flacons de parfums et rouleaux d'écritures dans des coffres et caisses plus ou moins grands. Quant aux commodes à tiroirs mobiles et armoires droites^ pourvues de vantaux, il est douteux qu'on les ait connues dans la haute antiquité; nous ne voyons de réceptacles, semblables à nos armoires, que sur des monuments d'une époque plus récente, comme, par exemple, sur la charmante peinture murale de l'Herculanum, qui représente l'intérieur d'un atelier de cordonnier. Les coffres à serrer les habits, mentionnés assez souvent par Homère (x'^i^^ôç, cpwpiafJLÔç), avaient, sans aucun doute, une certaine ressemblance avec nos vieux bahuts, qui se sont encore conservés dans quelques anciennes maisons. Ces meubles, dont la grande surface extérieure se prétait admirablement à la décoration artistique, étaient couverts de figures et d'ornements de toutes sortes, sculptés dans le bois ou incrustés dans des métaux nobles et dans l'ivoire. Les figures 2i5 à 222 représentent des coffrets rehaussés

de figures et autres décorations incrustées ou ornés de lignes contournées en méandres et serpents coloriés ; tous ces dessins sont empruntés à des peintures de vases. Les Grecs paraissent avoir aimé surtout à orner ces objets de clous polis (fig. 21 7^ 220^ 222), mode qui a reparu de nos jours dans les articles gracieux en bois. L'exemple le plus célèbre d'un de ces coffres, richement décorés, se trouvait dans l'opisthodome du temple de Junon, à Olympie; c'était le coffre de Kypselos, qui datait peut-être du commencement de l'ère olympique et servait, d'après l'hypothèse de Bôtticher, à conserver une pièce d'étoffe extrêmement grande, comme on en déposait souvent, dans les temples, à titre d'offrande. Pausanias, qui l'a décrit très exactement, nous apprend qu'il était en bois de

Fig. 215 à 222.

Coffrets.

cèdre, de forme probablement elliptique et orné de magnifiques épisodes mythologiques, partie sculptés dans le bois, partie incrustés dans de l'or et dans l'ivoire; le tout formait autour du meuble cinq bandes parallèles. Ces grands bahuts à couvercles, destinés à garder les vêtements, sont assez rares dans les oeuvres d'art, notamment dans les peintures sur vases (fig. 21 5)^; maison rencontre assez fréquemment de ces petits coffrets portatifs, qui devaient contenir des objets de toilette, des épices (fig. 216, 218, 219, 220, 221, 222) et des parfums (fig. 217), comme cela ressort de l'ensemble des sujets auxquels ils sont empruntés. Les rouleaux d'écriture semblent avoir été conservés dans un coffret, qui

^ Voy. sur la surface intérieure d'une coupe à boire du musée royal de Berlin (Gerhard, Coupes et Vases, I., tabl. IX) une caisse où Hypsipyle,- fille du roi de Lemnos, avait caché son père Thoas. Voy. aussi la peinture sur vase, représentée à la figure chapitre XIII.

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figure dans une peinture sur vase^, coffret placé devant un éphèbe lisant et portant l'inscription: "XEIP0NEI2 K4AE... — A l'époque homérique^ une bande d'étoffe nouée tenait lieu de fermoir. Plus tard on prit l'habitude de consolider les extrémités de cette bande avec de la terre glaise humectée ou avec de la cire^ et d'y appliquer un anneau à cacheter. Toutefois on connaissait déjà dans l'antiquité les serrures^ les clefs et les verrous; aussi voit-on^ à une époque plus rapprochée de nous, les caisses fermées au moyen de serrures; nous en avons pour preuve les petites clefs^ attachées aux bagueSj dont il reste encore quelques spécimens (voy. chap. XXIV, les anneaux à clefs). Ces clefs appartiennent^ en réalité, à la période romaine; cependant il est incontestable que les Grecs en faisaient usage également; elles sont d'ailleurs trop petites pour avoir servi à fermer autre chose que les petits meubles.

* Micali. Vlialia avanti il dominio dei Romani. — Tav. CIII.

Fig. 223. — Chaise avec Banc de Pieds.

Fig. 224 à 228. — Divers Vases de Luxe.

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