INTRODUCTION. XVII
de la grammaire, il est bon aussi, quand il est parlé de ces constructions de natures diverses ou de ces objets usuels qui reviennent sans cesse dans les textes, de s'en faire une idée exacte. Faute d'être instruit à cet égard, on voit mal ce que l'auteur a voulu dire; ce n'est pas seulement le sens matériel qui échappe; on suit moins bien les idées et souvent on ne les comprend pas du tout. Connaître seulement le vocabulaire, c'est à vrai dire ne savoir qu'à moitié le sens d'un grand nombre de mots.
Quelques dictionnaires, encore très rares, ont le même objet que ce livre, — nous parlons seulement de ceux qui s'adressent aux élèves; — mais ils donnent l'explication des term^es pris séparément sans présenter d'ensemble la série qui constitue une même famille ; pour s'en servir utilement, il faut déjà avoir des connaissances étendues, savoir choisir et comparer. Un article, par exemple, traite d'une forme de vase, d'une arme particulière, tandis qu'ici, dans un court chapitre, on trouve un exposé élémentaire, il est vrai, mais complet dans la mesure où il veut l'être, de ce que nous savons sur toutes les formes de vases ou sur les genres d'armes les plus variés. Cette différence de méthode est importante surtout pour les débutants, auxquels il est nécessaire de ne donner que des idées justes.
XVllI LA VIE ANTIQUE. LA GRECE. "
De récentes éditions certainement méritoires d'ouvrages grecs et latins présentent l'explication d'un certain nombre de mots en l'accompagnant de figures. Cette sorte de commentaire, quelques services qu'il rende, peut n'être pas sans danger; il n'éclaire quelques parties d'un sujet que par fragments et au hasard; il est parfois plus une œuvre de curiosité que de science. On peut même craindre que cette imagerie ne soit prise comme une simple distraction; le maître doit corriger les notes par les connaissances générales qu'il s'est fait un devoir d'acquérir, engager l'élève à lire les traités méthodiques qui mettent chaque détail à la place qui lui appartient dans une étude d'ensemble.
Il est inutile d'insister sur cette vérité que l'archéologie supplée aux écrivains pour les époques qui ne nous ont laissé aucun écrit, pour des séries de faits qui étaient expliqués dans des livres aujourd'hui perdus, pour des coutumes ou des usages que nul n'a jamais songé à décrire. Elle rend un plus grand service, même pour les siècles où la littérature a été florissante: elle est de toutes les études celle qui donne le mieux le sentiment des ditférences qui séparent un Grec d'un moderne, par cela seul qu'elle les met visibles et matérielles devant nous ; il suffit de les regarder pour les comprendre; et quand les yeux sont ainsi instruits, il est impossible que l'esprit, appliqué à l'examen des