‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 100 sur 115 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

C'est, en effet, contre les « constitutionnaires » que les satiristes du parti noir s'étaient accoutumés à diriger tous leurs coups et, dans leur entraînement, comme leurs caricatures gi'avées à la manière noire ne se fabriquent pas du jour au lendemain, ils se trouvent encore avoir tout un lot de caricatures à produire contre les Constituants, contre La Fayette, contre Bailly, après que le Manège a changé d'hôtes, que La Fayette a quitté le commandement de la garde nationale et Bailly, la mairie de Paris. Ce n'est qu'alors que Weber fait annoncer * la mise en vente du portrait de M. d'André, ci-devant député, représenté dans sa boutique les balances à la main ; de deux caricatures nouvelles relatives à M. et M™« Coco-Bailly; enfin d'une caricature contre M. de La Fayette, le Sans-toi^t^. Ce titre, en jeu de mots, rappelle une autre caricature, antérieure de près de deux ans, qui était intitulée sans tant de recherche : le Centaure, Cet être mythologique, c'est, dans les deux cas, La Fayette ne faisant qu'un avec son fameux cheval blanc; mais, cette fois il détale, portant sur l'encolure'une espèce de diablotin, auquel nous pouvons donner son nom grâce à la légende : « Le chagrin monte en croupe et galope avec lui. » D'autres inscriptions lui reprochent divers propos scandaleux pour les bons royalistes, notamment : « l'insurrection est le plus saint des devoirs. » Une clef s'échappe de ses mains, ce qui veut dire qu'il a perdu la place de geôlier du roi. Le mois suivant

Page 1