Id., 5 octobre
Digiti
rallongement de la culotte, Tarrêter non plus au genou, mais à la moitié du mollet, se faire encore un point d'honneur de montrer la couleur de leurs jarretières et de leurs bas, l'ancien haut-de-chausses va dans la plupart des cas se rejoindre avec des bottes ou des molletières, ou môme commence à descendre vers la cheville, ouvrant ainsi l'ère des sans-culottes. L'attache monte d'ailleurs très haut, pendant que le gilet s'est raccourci. « Interrogez un peintre ou un sculpteur, dit un critique aux jeunes patriotes, et demandez-lui s'il pourra retrouver les formes du corps humain dans ce gilet qui s'arrête à votre estomac et dans ces culottes qui doublent la longueur de vos cuisses aux dépens de votre ventre et de vos jambes *. » L'historiographe régulier des modes nouvelles se laisse gagner à ce courant de protestation. « Depuis quelque temps, dit-il un beau jour, le costume des hommes ne vaut pas la peine qu'on s'en occupe : ce sont toujours des culottes sans fond qui montent par-dessus les hanches, et si étroites qu'elles ne permettent pas de faire la moindre enjambée ; il faut trotter menu, sinon on court risque de les fendre entre les cuisses. Les habits, pour la plupart, sont bruns ou noirs; les redingotes, du plus mauvais goût ; les gilets presque tous rouges *. »
Le citoyen Lebrun condescend ici par exception à citer la redingote ou lévite, qui ne laisse pas d'avoir ses partisans, principalement chez les hommes de
1. Lettre du Vieillard, dans le Journal de Paris du 7 novembre