Journal de la Mode et du Goût, 5 février
S précepteurs, les commis d'administration et irchands. On la fait en drap d'Elbeuf, en un \ poil très léger et très chaud, et de qualité commune eu molleton des couleurs les plus s. On recommande comme nouveauté des ines superflues, rayées couleur sur couleur, e fond est café brûlé *.
iuxe des manchettes décline ; on se contente
communément de batiste ou de mousseline e. Pourtant la dentelle n'en est pas bannie, et •ouve dans les bons magasins un grand assort de manchettes d'hommes, en points d'Ar- [1 et d'Alençon, depuis le prix de 45 jusqu'à le 144 livres.
boucles d'argent aux souliers sont devenues depuis la séance de l'Assemblée constituante I novembre 1789, où les députés, sur la proon de M. d'Ailly, s'engagèrent à imiter les tes d'Issoudun et à offrir leurs boucles en don tique. On les porte maintenant en cuivre ou en
blanc. Des citoyens môme aisés et soigneux r mise se contentent de simples cordons ou de s. L'ancien inspecteur d*es manufactures Ronommé ministre de l'intérieur, va faire son î aux Tuileries sans boucles à ses souliers.
de boucles ! C'est ce détail de toilette qui 3 tout d'abord les yeux de l'entourage, le fait 3r d'horreur et lui donne plus que tout ce qui a dé le sentiment que la monarchie n'est plus
fantôme. Point de boucles ! Non, pas même
)te de Marchandises à vendre rue Bourg -l'Abbé, Petites^ 8 d'octobre 1791.
les amertumes du retour de Versailles et du retour de Varennes, n'ont préparé à cela. Point de boucles! La Révolution, qui bloquait le roi dans son palais, y entre en maîtresse avec ce ministre chaussé sans façon, et le maître des cérémonies ne saurait entendre malice quand le sceptique Dumouriez lui répond : « Ah ! Monsieur, tout est perdu ».
La transformation de la coiffure est peut-être plus frappante encore que celle du reste du costume. La queue a presque disparu ; la poudre n'est plus guère employée que par des hommes mûrs qui en usent par habitude et qui ne sont pas tous des aristocrates. On en peut dire autant du tricorne.
Les patriotes laissent tomber leurs cheveux, ou plats, ou bouclés et flottants, coupés sur le bord du col et sans frisure ; c'est ce qu'on appelle porter les cheveux courts, par comparaison avec les queues de naguère; car ce n'est que plus avant dans la Révolution que prendra naissance la coiffure à la Titus. Même une variante commence à trouver faveur, c'est la coiffure à la Carra, les cheveux longs, partagés également sur le sommet de la tête et retombant sur les épaules. A ces coiffures rapprochées de la simple nature, la jeunesse aristocrate a tenu à opposer le toupet fendu ou coiffure à la contrerévolution : le toupet est rabattu sur le front, partagé en deux boucles en demi-cercle, et le reste de la chevelure est crêpé.
Il y a, bien entendu, des perruques pour imiter toutes ces coiffures. Beaucoup de gens ont pris leur parti de montrer la vraie couleur de leurs cheveux, de les laisser voir grisonnants ou même rares, mais
personne ne se résignerait à rextrémité d'exposer aux regards un crâne dénudé. A tant faire que porter perruque, le jacobin affiché la préfère noire et sans ondulations : cela lui paraît plus sévère.
« Des cheveux ronds et sans poudre, cachet crasseux d'une secte avilie », s'écrie avec indignation l'ex-maître à danser Parisau *.
Le rôle de la chevelure, comme symbole d'opinion, est attesté par les Actes des Apôtres^ ^ qui signalent un classement des partis en vieilles perruques (absolus, aristocrates ou noirs), catogans (monarchistes ou monarchiens), ganaches (constitutionnaires, fayettistes ou feuillants}, et cheveux jo/a/.s (jacobins).
Le chapeau de feutre rond est devenu le couvrechef ordinaire.
C'est dans l'hiver de 1791-92 que le bonnet rouge fait son apparition comme coiffure. Déjà l'on a peint le bonnet de la liberté à titre d'emblème ou d'enseigne ; des dames, comme nous Talions voir tout à l'heure, y ont cherché un motif original pour forcer l'attention; des bonnetiers l'ont placé dans leur étalage, comme curiosité ou comme symbole. Le branle paraît être brusquement donné par un article publié en variétés dans le Patriote français, du 6 février 1792, sous ce titre : Sur la réforme à faire dans le costume des Français. Cet article, en même temps que des vœux divers de M. Faust, traduits