Moniteur du 12 octobre
la tribune des Jacobins. Un correspondant d'un journal qui n'est pas habituellement très-monté de ton, après avoir donné quelques détails sur la conduite du curé, conclut : « Pour détruire entièrement cette calotinocratie, il faut que l'Assemblée nationale se hâte d'abroger la constitution civile du clergé *. » Il y a une fraction chaque jour grossissante du parti patriote qui conçoit des doutes sérieux sur cette entreprise d'une église nationale. On a déjà pu lire ce début d'un article important du journal de Prudhomme : « L'Assemblée nationale constituante a commis deux grandes fautes, et nous en recueillons chaque jour les fruits amers : la première, en décrétant la constitution civile du clergé ; la seconde, en chargeant l'Etat des frais d'un culte*. »
On pense bien que le fait seul d'avoir prêté le môme serment n'a pas donné aux membres du clergé constitutionnel des tournures d'esprit toutes pareilles ; il en est chez qui ont persisté pleinement les allures traditionnelles de leur état et qui sont avant tout adonnés aux pratiques dévotes, d'autres, au contraire, qui, tout en s'acquittant avec ponctualité des fonctions de leur ministère, tout comme ils rendraient la justice ou commanderaient un bataillon de leur section, si c'était à cela que les eût appelés le suffrage des citoyens, tiennent par dessus tout à faire œuvre patriotique, à concourir aux progrès des idées nouvelles et qui finissent sans effort au club voisin le dimanche soir l'homélie commencée à