‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 20 sur 115 · Feuille du jour du 7 septembre · texte numérisé non relu

Feuille du jour du 7 septembre

SOUS les galeries de bois, sur les boulevards, tiennent entre le pouce et l'index les deux bouts d'un long cordon engrené à l'axe d'une roulette de bois ou d'ivoire évidée comme une navette. « Au moyen d'un léger mouvement de la main, cette roulette monte et descend le long de ce cordon à la grande stupéfaction des spectateurs. Ce mouvement de la main, ajoute un pince-sans-rire qui, d'ailleurs, ne tient visiblement pas à faire tort à l'entreprise, est fort aisé à acquérir; il ne faut pas plus d'un mois d'un exercice dirigé par une application constante pour y réussir. Les boutiques du Singe vert et du Singe violet où l'on vend ce jeu ne désemplissent pas*. »

Tout le monde s'y met sans distinction de parti. « On ne voit que cela dans le Palais-Royal, il y en a de petits, de moyens, de gros comme la tête *. » Il ne s'élève de chicanes que sur le nom.

Voici comment s'y prend le Petit-Gautier pour tenter une substitution : « Les oisifs dont Paris fourmille, pour distraire leurs inquiétudes, s'amusent, dit-il, à jouer un jeu qu'ils nomment la Constitution ; c'est un joujou de bois rond, attaché à une corde ; et comme on le fait rouler tantôt haut et tantôt bas, selon le ressort artificieux qu'on lui donne, on l'a nommé le Jeu de la Constitution. » Mais il fait suivre son information de cette note des rédacteurs : « Nous ajouterons à ce détail une observation qui paraîtra singulière à nos lecteurs, c'est

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