Voici la conclusion de cette pièce: « LégisLateurs nous
vous conjurons, au nom de la patrie, ou de déclarer sur le champ que la France n'est plus une monarchie, qu'elle est une république ; ou au moins, d'attendre que tous les départements, que toutes les assemblées primaires aient émis leur \teu sur cette question importante avant de penser à replonger une seconde fois le plus bel empire du monde dans les chaînes et dans les entraves du monarchisme. »
fées. — Vous avez raison, Monsieur, lui dit en s'interrompant la femme orateur, d'autant qu'ils commencent tous par ces mots : « Il y avait autrefois un roi*. » Quelques journaux du môme parti se condamnent au silence : « On a remarqué, note la Chronique de Paris^ que les Petites Affiches n'avaient pas dit un mot de l'évasion du roi, pas môme à l'article des objets perdus. »
Quand enfin les fugitifs, que ramènent comme par l'oreille les délégués de l'Assemblée, rentrent dans Paris, harassés, poudreux, escortés, en outre des troupes, par une cohue hostile et silencieuse de quarante mille curieux, protégés contre elle par des écriteaux qui disent : « Celui qui saluera Louis sera battu, celui qui l'attaquera sera pendu », pas une tôte ne se découvre. Au contraire, les gens accoutumés à errer dans la rue tôte nue, pour ne paraître pas s'isoler de la démonstration commune se hâtent de se coiffer de ce qu'ils ont sous la main, les garçons perruquiers de leur cravate, les marmitons de leur serviette*. A quelque distance de la berline et du cabriolet qui ramenaient les prisonniers apparaissait un chariot ouvert, décoré de branches de laurier, contenant les citoyens qui avaient concouru à l'arrestation, et alors les langues se déliaient, les acclamations éclataient brusquement et les chapeaux sautaient en l'air. Le morne cortège suivait, de la barrière Saint-Laurent à la butte de l'Etoile, la longue suite des boulevards neufs, en-