Journal de Paris^ supplément 80 de 1791, 16 juillet
62 LA YIE A PARIS (^791-1792)
Théâtre-Français de la me Richelieu et chez la
Montansier, et ne sont résolument repoussés qu'à
rOpéra. Vers dix heures du soir, le Palais-Royal
regorge de citoyens accourus de tous les points de
du faubourg Saint-Antoine et de la
ne colonne de trois ou quatre mille
re lesquelles beaucoup de femmes, se
rendre aux Jacobins. Elle obtient de
une députation nombreuse, dont
)remier brouhaha apaisé, annonce
lier le lendemain au Champ de la
;r de ne jamais reconnaître Louis XVI
ciété fait connaître qu'elle vient jus-
der la signature d'une pétition pour
cision expresse sur le sort du fonc-
re, traître et déserteur. On se sépare
entendu que la Société se réunira le
s la journée pour arrêter la rédaction
mblée se montre nerveuse au sujet ons de la soirée précédente ; elle conorité comme battue en brèche, obiicipalité qu'elle accuse presque de ) soir môme est fondée la Société ;éant aux Feuillants. Dans le jour tentative de pétitionnement s'est proip-de-Mars. Comme il s'élevait des iir la rédaction < on a décidé d'en ré- )ins et l'on s'est ajourné au lende*
limanche. On est averti que la grande luite en un grand nombre d'expédi-
lions, sera signée dans Taprès-midi sur Tautel de la Patrie. Dès le matin, des curieux venus de partout flânent au Champ-de-Mars. Un bruit suspect fait découvrir, cachés sous l'autel, deux malheureux à qui Ton attribue les intentions les plus criminelles * ; ils sont entraînés au Gros-Caillou, conduits chez un commissaire de police qui commet la sottise de les relâcher sans pourvoir à leur sûreté, et ils sont massacrés dans un quartier perdu par des gens restés inconnus. De longues heures après, les porteurs de pétitions venaient s'installer aux quatre angles de l'autel de la Patrie. La foule arrivait; les feuilles se couvraient de signatures. Toute la population sortie par une belle après-dînée d'été allait voir signer. Les jeunes gens faisaient des rondes*. Pendant ce temps, à plus d'une lieue de là, Bailly et les officiers municipaux réunis à la maison commune, recevant un rapport sur le meurtre du matin, se représentaient le Champ-de-Mars comme en proie au carnage, faisaient battre la générale dans tous les quartiers, et diriger toutes les forces contre les factieux. Enfin à cinq heures et demie, comme on leur avait amené quatre pauvres diables accusés d'avoir jeté des pierres, ils jugeaient qu'il n'y avait plus un moment à perdre, proclamaient la loi martiale, faisaient arborer le drapeau rouge à l'une des fenêtres principales de l'Hôtel-de-Ville 3, avertissement invisible du Champ-de-Mars, et décidaient de transporter leur
1. A cinq heures du matin, suivant Dubois-Crancé, Analyse de la Révolution française^ pub. par Th. lung.