Journal universel d'Audouin, 3 septembre
sentiment d'un dépit concentré, contrastait assez plaisamment avec les figures ouvertes et gaies des patriotes ^ » Aux cris de : Vive le roi! une voix forte avait seule ajouté : de la Constitution, Ce n'était qu'un prélude, et le reste de la journée était à l'avenant : « L'affluence était si considérable qu'on s'y portait, écrit une spectatrice; on a montré en pompe l'enfant royal. Sa mère, sa tante, le prenaient tour à tour dans leurs bras pour le présenter au peuple. Toutes les badauderies ont recommencé *. » Un étudiant écrit de son côté : « Je me trouvais à cette ridicule parade : vainement voudrais-je peindre les allures de l'Autrichienne ; elle se mettait à la fenêtre, elle en sortait, se levait, s'asseyait, prenait le dauphin dans ses bras, l'embrassait, le monti'ait au peuple; et nos amis de la Cour et surtout de la chère liste civile de crier à plein gosier : Vive le roi ! Vive la reine ! et autres jubilations d'ancien régime, et la gent parisienne ou moutonnière de bêler à son tour : Vive le roiî Vive le restaurateur de la Liberté ^, »
Le 13, le garde (}es sceaux Duport-Dutertre, revêtu de la simarre, remet au président de l'Assemblée une lettre signée Louis. Elle débute ainsi : « Messieurs, j'ai examiné attentivement l'acte constitutionnel que vous avez présenté à mon acceptation. Je l'accepte, et je le ferai exécuter ; » elle est suivie de ce postscriptum : « J'ai pensé, messieurs, que c'était au milieu même des représentants de la Nation, et dans