e Version, n
qu'on tenait pour non avenue Facceptation. On commence à sentir qu il ne s'agit plus seulement d'achever la Révolution, mais de la défendre. Dès octobre, les Annales de Mercier et Carra donnent une hospitalité fastueuse à un mémoire de Julienne de Belair, ayant pour titre : « Les piques redoutables de la Révolution, qu'il faut se hâter de fabriquer; exemple à suivre dans tous les cantons de la France *. » Ce travail, en effet, par un raffinement peu usité de la part des papiers publics, paraît orné de figures. « L'on doit, dit l'auteur, au civisme éclairé du directeur-propriétaire des Annales (l'imprimeur Buisson), d'avoir fait graver deux modèles des piques qui furent fabriquées dans Paris en 1789. » Elles doivent avoir une hampe de six pieds avec dix pouces de fer, et le démonstrateur met en fait que les maréchaux-ferrants dans les bourgades peuvent fournir la partie offensive de l'arme à raison de 2 livres 10 sols la pièce.
Une autre série de faits encore excite Tanimadversion des patriotes ; ce sont les menées du clergé réfractaire : de sorte qu^entre les décrets de la nouvelle Assemblée, les deux qui sont accueillis avec le plus de faveur sont un décret contre les émigrants et un autre contre les prêtres insermentés : tous deux sont tenus en suspens par le défaut de la sanction royale. Le peuple se découvre, dans cette Constitution dont il avait attendu haletant l'achèvement et qu'il s'apprêtait à chérir, un ennemi auquel il n'avait pas accordé grande attention : c'est l'infâme