‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 42 sur 115 · Journal de Paris, 25 mai · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 25 mai

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Pescheux et C'«, qui ont à Paris, rue de l'Echiquier, le dépôt de la manufacture de Dieppe, ci-devant appartenant à la Ferme générale, ne sont pas en reste; ils ne vendent que les tabacs que la Ferme générale appelait autrefois tabacs d'Etrennes, et ils ajoutent : « MM. les marchands et débitants sont prévenus qu'avec une livre de ces tabacs, ils peuvent en faire passer deux livres dinférieur, ou trop vert*. »

Ces facilités nouvelles, ce large dégrèvement des denrées les plus usuelles ont naturellement fait germer dans tous les esprits les plus riantes espérances de vie large et à bon marché, de commerce actif, de travail facile. Par malheur, cette attente est étrangement déconcertée par la rareté croissante du numéraire. Pour une part peut-être , il se cache, mais surtout il s'exporte. Il n'est pas d'émigrant qui n'ait commencé par se faire précéder à l'étranger par tout ce qu'il a pu réunir d'espèces sonnantes et souvent par celles de parents ou d'amis qui pour une raison ou une autre ne le suivent pas. Dans les échanges extérieurs , on rencontre des difficultés sérieuses à faire accepter, môme avec un agio raisonnable, un papier-monnaie dont il faut môme apprendre à connaître les types. Ce n'est pas du tout que les émissions d'assignats aient dépassé, du moins à cette époque, les proportions raisonnables ; elles sont, au contraire, surabondamment gagées ; l'amortissement, ou, pour employer le terme officiel, le brûlement s'en fait avec une régularité irréprochable et avec toutes les garanties possibles de

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