‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 48 sur 115 · Desgenettes, Souvenirs de la fin du dia'huitième siècle · texte numérisé non relu

Desgenettes, Souvenirs de la fin du dia'huitième siècle

d'antan dans des camps opposés. L'abbé Morellet continue à avoir chez lui le dimanche sa petite séance de conversation et de musique de chambre ; mais il a rompu rageusement sa longue habitude des dîners et des réceptions de M™» Helvétius à Auteuil, ne pouvant supporter les apologies du nouvel ordre de choses, qu'il entendait constamment de la bouche des Mirabeau, des Volney, des Cabanis, des Sieyès, des Chamfort, effarouché môme par Bergasse et l'abbé Delaroche; n'ayant pu, à la suite d'une vive discussion politique, faire mettre Cabanis en disgrâce, il cherche des consolations chez M""® Broutin, à Cernay, où il peut à son aise épancher son royalisme attristé en compagnie de Lacretelle, Destutt de Tracy, André Chénier, Démeunier ' . Avec Suard et Dupont de Nemours, il dîne aussi toutes les semaines au Palais-Royal, chez le fermier général de BouUongne, qui s'honore de recevoir à sa table son collègue Lavoisier *.

Bien différente est la composition des soupers du mercredi du chirurgien Portai ; l'astronome Lalande, l'auteur comique Cailhava, l'envoyé de Genève Reybaz qui a collaboré aux derniers discours de Mirabeau, puis des députés de gauche, tous du midi comme leur hôte, Lasource, Lacombe Saint- Michel, Mailhe, Carreau en deviennent les habitués les plus réguliers ^.

Peut-être devrait-on hésiter à classer parmi les salons, au sens où on l'entendait du temps des Du

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