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« Tout homme qui met au jeu prend au-dessus d'un duc et pair le rang que sa carte lui donne. » Le problème n'est plus maintenant de rapprocher les conditions sociales et de faire oublier les inégalités de la naissance; il est de faire vivre ensemble, aux bougies, des hommes qui, à toute autre heure et en tout autre endroit, commenceraient par s'informer si l'événement du jour les trouve dans le môme camp, et à cet égard aussi, la table de jeu concourt à confondre les rangs. Les présentations faites, la maîtresse de la maison ne cherche point à accaparer ses invités, ne se met môme pas trop en peine de les guider; elle leur laisse la liberté d'aller, de venir, de se distraire à leur guise, de fuir qui bon leur semble, de se grouper comme ils l'entendent. Elle ne trouve jamais son salon trop bruyant, ne surveille que les coins trop calmes et court, le verbe haut, y ranimer l'entrain. Malgré cette espèce d'étourdissement voulu et cherché, il vient à se produire des coudoiements trop étranges pour ne pas amener, de part et d'autre, des réflexions : la maison prend de plus en plus le caractère d'un lieu de passage ; la société se renouvelle sans cesse. Devant ce défilé incohérent, s'immobilisent seulement quelques « fidèles » : ce sont, outre Fleury, le beau Tilly, Champcenelz, le chevalier Richard, les chanteurs Elleviou et Trial, Gossec assez souvent, plus une demi-douzaine de ci-devant gentilshommes, des originaux sans intérêt pour l'histoire et qui jouent les Amadis muets. « Une des désertions qui fut le plus remarquée, dit Fleury, fut celle de M. le marquis de Condorcet ; ce n'était pas un assidu ; mais quand
Ji8 LA VIE A PARIS (1791-1792)
il venait, il constatait si bien sa présence qu'il fallait encore le remercier du peu d'heures qu'il nous consacrait. » Condorcet pouvait avoir de bonnes raisons pour renoncer à des réunions si mélangées, qui devaient d'ailleurs devenir funestes à quelquesuns des hôtes de la maison et aux dames de Sainte-
the elles-mêmes.
irle volontiers aussi du salon de la Montan-
ais ce n'est qu'une sorte de prolongement des coulisses de son théâtre et de son directorial, et la société qui y circule est
mposite et trop changeante pour se prêter
énombrement sérieux. On n'y cause guère petits groupes ; mais, là aussi, le rappro-
t des partis s'opère souvent autour d'une
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