‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 53 sur 115 · Voir, plus loin, (Chapitre XHL · texte numérisé non relu

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LES SOCIÉTÉS POLITIQUES i3b

ne sont pas généralement précédés d'une popularité très étendue. Ses défenseurs tombent, d'ailleurs, dans des contradictions qui ne donnent pas beaucoup de force à leurs raisonnements et qui les exposent môme au ridicule. Dans les moments où ils se font des illusions sur leur force, ils trouvent les Sociétés politiques une institution précieuse, et la Société séante aux Feuillants la plus admirable des Sociétés connues; rencontrent -ils des difficultés graves, ils ne songent plus qu'à la puissance grandissante de la maison d'en face, et ils réclament l'anéantissement total des clubs politiques, ou bien encore l'interdiction aux députés d'en faire partie *. Cela a paru un grand avantage aux fondateurs de la Société de s'installer dans un local si immédiatement voisin de l'Assemblée que c'est, pour ainsi dire, partager avec elle le môme logis ; cette espèce de communauté finit pourtant par devenir funeste au Club. Au milieu de décembre, les Feuillants, piqués au jeu par l'exemple que les Jacobins ont donné depuis près de deux mois, désireux d'ailleurs de ramener l'attention et de redonner un peu d'éclat à leur Société languissante, ouvrent leurs portes au public; mais le public de leurs tribunes, au lieu d'ôtre de cœur avec eux, comme celui des Jacobins, se montre hostile et bruyant. Leur président Chéron demande au maire de Paris un commissaire de police spécial. Pétion répond qu'il n'en

1. Cette deruière motion fut notamment faite à la Législature le 26 décembre par Maillot, membre des Feuillants, appuyée par Chéron, député de Seine-et-Oise, président en exercice des Feuillants, et reproduite à la lin de la séance par Jaucourt, autre membre du même club.

a pas un assez grand nombre. « Au moindre tapage, dit-il, faites avertir la garde, et elle s'empressera de rétablir l'ordre; écrivez un mot au commissaire de la section, et il se rendra aussitôt ; écrivez à un administrateur de police, et il se rendra aussitôt*. » Cependant, Chéron devenant de plus en plus pressant et témoignant les alarmes les plus vives, Pétion finit, le 26, par lui envoyer le commandant de la garde nationale pour conférer avec lui. Des précautions exceptionnelles sont prises, une garde installée, des sentinelles mises en faction aux abords de la salle ; mais, ces abords, cela comprend surtout la cour et le passage des Feuillants, c'est-à-dire l'une des voies d'accès par où les députés se rendent à l'Assemblée, et le véritable chemin pour se rendre aux comités. Un député jacobin. Montant, en entrant à la séance du soir, soulève un incident en racontant qu'une sentinelle lui a barré le passage parce qu'il n'avait pas la carte triangulaire de la Société des Feuillants. L'émotion produite par cette communication est à peine calmée, quand Merlin (de Thionville) arrive et déclare à son tour que, se rendant au Comité de surveillance, il a été arrêté jet bousculé par des « sbires », faute de la fameuse

farte à trois pointes, et n'a été dégagé que par l'inervention de gardes nationales volontaires. Grangeneuve apporte son témoignage, déclarant qu'il a vu croiser la baïonnette sur la poitrine de son collègue. On demande comment on a pu s'immiscer de la sorte dans la police de l'enceinte législative.

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