‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 55 sur 115 · Charavay, Assemblée électorale de Paris, 1791-92, p · texte numérisé non relu

Charavay, Assemblée électorale de Paris, 1791-92, p

abouti à quelque résolution notable, une députation descend et demande à la communiquer à la grande Société. Des femmes figurent dans ces députations ; le 4 mars 1792, c'est la sœur Théroigne qui se présente comme orateur de l'une d'elles, avec un plan de fête patriotique « pour remonter l'esprit public à sa juste hauteur». Un autre membre de la môme députation met à profit l'occasion de dénoncer l'arrestation illégale de deux membres de la Société fraternelle, MM. Tremblay et Hébert, « auteurs des journaux du soir et du Père Duchesne ».

Une autre société qui ne manque point de rappeler aussi qu'elle a des adhérents des deux sexes, pais qui prétend à une originalité de plus, c'est la Isociété des Indigents amis de la Constitution, fondée

/rue Jacob dans un local laissé vacant par le déménagement de l'imprimerie Prudhomme, et séante main-

I tenant rue Christine. Si l'on s'en rapporte à Marchant *, M™» Prudhomme est la fondatrice de ce club et l'a môme présidé au début; dans tous les cas, son mari, à partir du numéro 99 des Révolutions de Paris (4 juin 1791) signe « membre de la Société des Indigents ». Au moment de l'affaire du Champde-Mars, cette société a pour président Vachard, vendeur des feuilles de Marat *.

III n'est guère de quartier qui n'ait une ou plusieurs sociétés patriotiques ; elles doivent ôtre distinguées des comités de section qui, malgré leur tîaractère officiel, instituent parfois de longs débats

i. Notes de la Jacohinéide.

2. M"» Roland, Portraits et anecdotes, art. Robert. — Vachard devint en Tan II l'un des administrateurs du département de Paris.

Digiti

sur les questions à l'ordre du jour, envoient des députations à l'Assemblée nationale, à l'assemblée des électeurs, aux Jacobins et que de temps en temps on voit aussi qualifier arbitrairement de clubs. Parmi les sociétés un certain nombre, et surtout les premières fondées, n'admettent que des hommes. Beaucoup d'autres se sont modelées sur la Société fraternelle des Jacobins, et le nom môme de sociétés fraternelles est devenu un terme générique. En faisant annoncer la fondation de l'une d'elles, Tallien écrit « que tous les citoyens, citoyennes et leurs enfants depuis l'âge de douze ans sont admis gratuitement *. » Tallien est d'ailleurs grand propagateur et grand coureur de clubs du dimanche : on le voit présider tour à tour dans l'espace de quelques mois au Palais-Cardinal, à la bibliothèque des Jacobins, aux Minimes, à la section de Montreuil. Il n'est pas seul à se livrer à de semblables pérégrinations. Baumier, par exemple, qu'on voit le 27 août 1791 porter une adresse à l'Evôché au nom de la Société de la Fraternité*, se trouvant à quelques jours de là, le 4 septembre, comme orateur d'une députation des Cordeliers à la Société fraternelle des Jacobins, est appelé séance tenante à la présidence de celle-ci, ce qui ne laisse pas de soulever quelques réclamations ^.

Entre toutes ces sociétés qui attirent Tattention par des manifestes, des placards, des publications de discours, par des adresses et des députations, on

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