Moniteur du 21 février
s'explique le peu de publicité donné aux délibérations du Cercle social.
Condorcet, qui ne néglige aucune occasion d'exposer ses vues sur le gouvernement qui convient le mieux à la France, fait, comme Payne et Cloots, des communications à la Bouche de fer, et un discours de lui sur la République est imprimé, à la demande de l'Assemblée fédérative des Amis de la Vérité, par l'imprimerie du Cercle social.
Malgré le caractère particulier de cette société, Bonneville, dès le lendemain de la première séance des Feuillants, s'empresse de proposer en compensation aux Jacobins de se fondre dans le Cercle social, en leur vantant « les grands moyens que donne au Cercle social sa correspondance très étendue *. » Cette offre ne paraît pas avoir été prise en sérieuse considération ; mais Bonneville obtint plusieurs fois de faire recommander ses écrits aux sociétés affiliées par le Comité de correspondance.
Le Cercle social admet des femmes. Un de ses membres les plus remuants, de ceux du moins qui se réclament le plus volontiers de lui, est précisément une femme, une hollandaise-. M™® Etta Palm, née d'Aelders, qui poursuit l'émancipation de son sexe*. En juillet 4791, elle tient à faire savoir qu'elle a confondu le sieur Cerisier et l'a forcé à quitter la tribune du Cercle sociaP. Elle a tenté de fonder, avec quelques amies, une Société patriotique et
juillet 1791 (Aulard, t. m, p. 25).
: Divers discours et motions sur l'émaDcipation
imblée fédérative des Amis de la Vérité. In-8»
tiquet du 24 juillet.
y.J^fl'^-^A»;^^. ^^A ^ ^. t%>Wjifc^^y
LES SOCIÉTÉS POLITIQUES i57
bienfaisante des Amies de la Vérité. Un premier appel, publié en avril 1794, n'a pas eu d'écho, un an après, elle fait savoir que les fondatrices ont dû se borner, avec leurs propres ressources, augmentées d'un don unique de cent francs, à placer trois jaunes filles en apprentissage, et, elle prie d'adresser les fonds soit à M"^® Bouchu, trésorière, rue Sainte- Avoye, soit à M""** d'Aelders, secrétaire, rue Favart, n« 1 *. On voit ailleurs que la présidente se nommait M"^° Leyris.
Brissot avait fondé dès avant la Révolution une Société des Amis des noirs, pour laquelle il avait obtenu les adhésions empressées de Mirabeau, Siéyès, Dupont de Nemours, Bergasse, Volney, Lavoisier, Pétion, Tracy, La Rochefoucauld, Barnave, La Fayette, Condorcet, Grégoire, etc. Elle ne tient plus guère de réunions depuis qu'un décret de la Constituante a proclamé la liberté des hommes de couleur, et d'ailleurs les fondateurs sont maintenant trop irrémédiablement divisés sur la politique générale pour qu'il leur soit facile de délibérer en commun. Brissot et Grégoire notamment continuent leur apostolat par la plume. Mais, en face d'eux, il existe une réunion très remuante de colons proprié- | taires d'esclaves. Il y en a même eu un instant plu- I sieurs. Dans les dernières années de l'ancien régime, il existait au Palais-Royal, au-dessus du café de Valois, une Société ou Club des Colons, qui s'annonçait comme un simple cercle, mais où l'on ne pouvait être admis qu'à la condition d'être propriétaire
i. Eévoîuiiom de Paris,
es*. Il s'est formé depuis des sociétés moins les. Il en est une qui n'a pas désarmé , qui >lie les démarches auprès des ministres, se éfendre à l'assemblée par Malouet et Gouy- S paie et répand des brochures de propa- ; c'est la Société correspondante des colons is, séante à Paris, hôtel de Massiac. Ce club, ent des séances régulières , entretient une pondance active, a reçu l'hospitalité d'un de imbres, le marquis de Massiac, dans un hôtel place des Victoires, au coin de la rue des »-Montmartre; il est composé exclusivement peu près de propriétaires de l'île Saint- [gue. Des rassemblements hostiles se forment ips en temps devant l'hôtel de Massiac '. Les res du club, qui ont l'appui direct du château, mpopulaires autant comme aristocrates que B propriétaires d'esclaves, et l'on attribue à loléances pathétiques une part d'action sur le Crissement des denrées coloniales, semblée électorale du département de Paris ée en 1791, et qui avait à élire notamment les !S à l'Assemblée législative, en vint à former ^lubs adverses. Les électeurs feuillants, qui, 'appoint de quelques contre-révolutionnaires lécidés, se sentaient en nombre, se sont d réunis séparément et portes closes sous la 3nce de Deiavigne, puis sous celle de Rouà la Sainte -Chapelle. La plupart des autres
de des amateurs et des étrangers dans Paris, par Thiéry, Rambler, 11 ééeembre 1791 i
électeurs, tenant plus ou moins aux Jacobins, ont pris le parti de se concerter dans une salle de l'Évôché, c'est-à-dire de l'édifice môme où avaient lieu les élections, et ont admis le public à leurs délibérations. Dubois-Crancé est leur premier président. Ce club, survivant à l'élection des députés, commence à accueillir des citoyens qui n'ont pas reçu le mandat électoral des assemblées primaires; en février 1792, il se fait admettre à la correspondance des Jacobins, sous le nom de « Club central organisé pour discuter les personnes à porter aux diverses places. » En mars, les commissaires des sociétés patriotiques s'étant réunis à l'Evêché, bureau numéro 1 , pour s'entendre au sujet de la réception à faire aux soldats de Châteauvieux, installent un comité permanent*. Ce comité, la fête passée, se fond dans le Club, qui devient alors le Club central des Sociétés patriotiques, rentrant ainsi dans un projet dès longtemps caressé, et qui avait été un an plus tôt sur le point de se réaliser dans la salle de bal du citoyen Cirier, rue des Boucheries-Saint-Germain.
Le lecteur n'attend pas une description semblable du fameux comité autrichien, qui est dénoncé par Carra dans la presse, par Vergniaud et Brissot à la tribune, et qui donne lieu à toutes sortes de complications, jusques et y compris les entreprises d'un juge de paix sur l'inviolabilité parlementaire. Il ne s'agit pas, évidemment, en effet, d'une société ayant des statuts, tenant des procès-verbaux ou même se réunissant toujours dans un local invariable. Mais la