‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 66 sur 115 · Journal à deuœ liards^ 3« mois, n · texte numérisé non relu

Journal à deuœ liards^ 3« mois, n

2. Ce café est souvent mentionné dans les journaux du temps et, d'autre part, le limonadier Raisson fut nommé électeur en 1790 et en 1791. Un de ses confrères, Berger, rue Saint-André-des-Arts, obtint le môme honneur dans la section du Théâtre-Français, et dans un rang qui témoignait d'une véritable popularité ; mais je n'ai rien rencontré de particulier sur son établissement. — Raisson joua un rôle dans l'administration de Paris et aux Jacobins dans la période de domination de Robespierre. Il fut inquiété par le Comité de sûreté générale de la réaction thermidorienne, détenu quelque temps au château de Ham. Il fut chargé d'une mission diplomatique en 1799. C'était le père d'un littérateur qui eut une certaine notoriété sous la Restauration et la monarchie de Juillet^ Horace Raisscoi

Charpentier, toujours empressé auprès des avocats et des procureurs, ses clients ordinaires * ; le café de la Monnaie, rue du Roule ; la Groix-de-Malte, rue de TArbre-Sec ; le café David au coin de la rue du Roule et de la rue Saint-Honoré. Si vous inclinez dans la direction du Palais-Royal, vous trouverez sur la place le café des Beaux- Arts , au coin de la rue Froidmanteau, puis un second café Manoury, qui profite assez bien de la réputation plus ancienne de son homonyme; dans la rue Saint-Honoré, le café des Provençaux, le café de la Régence, qui n'a rien perdu, depuis les beaux jours de Philidor et de Bissy, de son attrait pour les pousse-bois : Haquin le maître du café n'en est pas moins inscrit aux Jacobins, et il s'est formé parmi ses habitués une société patriotique *. Presque en face de celui-ci, le café de Mirabeau, nouvellement ouvert pour recueillir la foule qu'attirent les, tragédies de Chénier et le jeu de Talma, adopté inopinément par une société d'aristocrates , mais finalement reconquis par les patriotes, qui brûlent les suppléments du Journal de Paris et contraignent le maître du café à se désabonner'.

C'est dans l'enceinte du Palais-Royal qu'il faut

1. Charpentier avait acheté le fonds et remis le café à neuf en 1773 ; mais c'est par inadvertance que M. Lenôtre écrit à ce propos : « le nouvel établissement. . . » Le café du Parnasse, quai de l'École, était mentionné en 1761 dans VÉtat ou Tableau précité ; il était tenu alors par le sieur Salais.

2. Au nom de cette société d'habitués, M. Saint-Ligier, le 4 mai 1792, dépose à l'Assemblée une offrande de 1500 livres et s'écrie, montrant le Château : « Veillez là et vous êtes sûrs que nous vaincrons aux frontières. » {Mercure universel.)

3; Courrier des 8S dfyartemênts^ 11 avril 1792*

pénétrer, si vous êtes d'humeur à voir flamboyer les cafés. Entrez dans le jardin par le côté droit, du côté de la cour des Fontaines, vous passez devant le Grand Café; sous les arcades, vous êtes sollicité par le café de Valois où les auteurs des Actes des Apôti^es^ cassés aux gages, continuent en conversation à affiner leurs épigrammes qui seront précieusement colportées et dont Gautier ou Marchant finiront bien par faire leur profit. Vous dépassez dans le jardin les tables du café de la Tente patriotique, où prennent le frais, dans le voisinage du cirque, des citoyens-soldats de tous les quartiers. Au fond de la galerie de Valois, dans l'encoignure », porte à porte avec le fameux Tissot aîné, marchand d'étoflfes nouvelles, s'abrite le café Mécanique ; il fit trois ou quatre ans l'amusement de la province et des faubourgs, parce que tout y était machiné et que le rafraîchissement demandé venait de lui-même se placer devant Tamateur ; la curiosité s'est vite blasée et l'établissement est à peu près délaissé.

Au fond du jardin, tout autour du perron où se fait l'agiotage et où les opérations de change reçoivent une impulsion nouvelle de rémission des bons patriotiques et des assignats, il n'y a que cafés, du moins au rez-de-chaussée, car les étages supérieurs sont occupés par l'Assemblée militaire, le salon des Arts, par une infinité de salles de conversation, d'exposition, de concerts et aussi, à ce qu'entend dire la municipalité, en dépit de la sévérité des statuts, par des salles de jeu. Il y a le

1. Dans le vestibule Radziwill, devenu depuis le péristyle Beauais.

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