‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 67 sur 115 · HK.C · texte numérisé non relu

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café de Chartres, familièrement surnommé le café des Ganonniers ; il tire ses meilleurs profits des entr'actes du théâtre de la Montansier, dont il n*est réparé que par un large vestibule; sa clientèle particulière a eu de brusques variations. A la fin de 1789, lors de l'installation de l'Assemblée dans Paris, il a été le rendez-vous de révolutionnaires de marque, plus ou moins rapprochés de la faction d'Orléans. Puis, il a été un temps abandonné à la jeunesse aristocrate. A présent, « MM. du café » sont des « patriotes tumultueux » qui font môme parfois des sorties pour aller corriger les aristocrates d'alentour * . Mais la cohue est chez Cuisinier, au café du Caveau. Une longue galerie aligne dans ce café les bustes des compositeurs à la mode : Philidor, Gluck, Piccinni, Sacchini, Grétry... Des consoles restent encore disponibles. On y parle beaux-arts, mais c'est surtout un prolongement de la Bourse, et vers midi, chaque jour l'agitation y est trop grande pour qu'il soit possible de s'y asseoir. La politique y tient peu de place ; dès 1790, pourtant, les habitués, pour affirmer leur attachement à la Révolution, ont décidé de ne tolérer personne sans la cocarde tricolore et de bâtonner quiconque refuserait de l'accepter.

Tout à côté, sous le passage du Perron, est la Grotte lyrique ou taverne du Palais-Royal, tenue par le sieur et la dame Boscal, poursuivis l'un et l'autre, le 3 mars 1792, par les moulinets de trois gardes civiques , dont l'un finit par transpercer de son sabre M^^^ Boscal * : on n'explique ce méfait que

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