CHAPITRE PREMIER
Il est devenu facile de se rendre a Paris. Il y a vingt- cinq ans, on citait comme une merveille unique l'entreprise des diligences de Lyon, qui avait un départ tous les jours dans chaque sens et qui franchissait la distance en cinq jours au plus ; venait ensuite la diligence de Bruxelles, partant de deux jours l'un. I)ans toutes les autres directions, sauf pour la banlieue immédiate, les messageries, carrosses, charrettes couvertes et carabats ne partaient et ne revenaient qu'une fois dans la semaine, deux fois au plus. Tout cela s'est bien amélioré. Il est vrai que les fermiers des messageries ne se sont laissé arracher les nouveaux services qu'en faisant renforcer leur monopole et en détruisant toute sorte d'entreprises secondaires ; qu'ils ont trouvé le moyen de ne pas verser le prix moyennant lequel ils s'étaient fait adjuger leur privilège et de soutirer encore diverses indemnités ; il est mftme encore vrai que la légendaire diligence de Lyon n'a plus que cinq départs par semaine. Seulement, ces facilités de transport ne s'arrêtent
LA VIE A PARIS (l791-i:92)
plus à Lyon, elles se prolongent jusqu'à Marseille ;
3rème de la comiques, parcourt à 5s, remplaçant les charrettes ouvertes es et les réduisant des. Au lieu d'une > fois par semaine diligence, et il y a
y a trois services k^ec Dijon, Reims, arrive quatre fois ;ix fois de Rouen, ivée et leur départ
entrée principale ne autre rue Montlureaux différents, 5 places et des corîgistrer ses bardes différentes, un qui 'attente aux voyaations dédouane*.
TAuxerre, de Monautrefois au port i été transféré au s des messageries ^ec des entreprises rcspondances an-
't messageries nationales Imanach des Adresses de Jardin des Feuillants, et
ciennes et régulières dans les environs de Paris, C'est ainsi que les voitures pour Arpajon et Étampes, Corbeil et Essonnes, Montargis, Fontainebleau, ont leur bureau rue d'Enfer, au coin de la place Salnt-^ Michel ; celui des diligences de Beauvais, Gompiègne, Meaux,Coulommiers, Château-Thierry, Sézanne, etc., depuis longtemps rue Vendôme, au Marais, se trans^ porte le 27 février 1792 rue du Temple, près de régout, en face de la rue Nolre-Dame-de-Nazareth*. D'autres voitures pour des localités situées entre quinze et trente lieues de Paris ont continué à faire un ou deux voyages par semaine et à prendre ou déposer leurs voyageurs dans diverses auberges, comme la Pomme-de-Pin, rue des Prêcheurs (An^ gerville); le Compas, rue Montorgueil (Gisors); le Plat-d'Étain, carré Saint-Martin (Grépy-en-Valois) ; la Groix-de-Lorraine, rue du Jour (Ivry et Anet); la Ville-de-Rennes, rue des Deux-Écus (Eu et Aumaie), etc.
On s'était généralement attendu que l'Assemblée constituante, conséquente avec son aversion générale pour les monopoles, ouvrirait les messageries à la libre concurrence. Au contraire, elle s'est laissé surprendre par l'un de ses membres, Dauchy, un décret qui renforçait le privilège en vue d'une nouvelle adjudication. Ce Dauchy étaifmaître de poste à Saint-Just, près de Glermont-en-Beauvoisis. C'est à lui, un jour qu'il occupait le fauteuil et négligeait d'inscrire les demandes de parole, qu'un collègue criait d'un ton goguenard : « Monsieur le Président,