‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 8 sur 115 · Journal de Paris du 26 février · texte numérisé non relu

Journal de Paris du 26 février

VOUS nous menez un train de poste. » Quoi qu'il en

isément à la Société )ciation générale des où l'Assemblée était recevait une adresse avé la vie à six cents s les parties de la les sentinelles de la rue Notre-Dame-deslus le point d'arrivée

es menues conçurent au nom du prine et qui refusent de a Ferme, ou de lui mpur de l'ancien réreprise de transports L première vue pour lire^ hôtel de Tours, diverses routes un jui paraît avoir sure Beauvais, Amiens, fait délivrer par les villes des certificats clientèle ^ Quant à rimant et expédiant

privilège des Diligences et e de Traitans et de Monohomme. In-8» de 7 p. De ertificat de la municipalité la date du 28 août 1790.

a Bibliographie Tourncux,

un journal : le Courrier extraordinaire ou le Pre~ mier arrivé. Les abonnés obtiennent des réductions sur le prix des places et le port des paquets, les voyageurs sur le prix de l'abonnement. On a rarement porté plus loin, môme dans la suite, les combinaisons de primes.

La voiture publique n'est d'ailleurs pas du goût de tout le monde. On s'arrange' souvent pour voyager en poste à frais communs, et l'on cherche les occasions. Il n'est pas rare de rencontrer dans les journaux parisiens des avis dans ce genre : « Il partira, d'aujourd'hui au 9 du courant, une voiture à quatre places, n'importe pour quel endroit de la Bourgogne ou provinces adjacentes où l'on voudra se rendre. S'adresser, etc. » ou bien : « On désirerait trouver d'ici au IS de ce mois pour Lyon, Saint-Étienne ou Montbrison, une place dans une voiture commode, à frais communs, où il y ait des personnes honnêtes. S'adresser * » A plus forte raison, des combinaisons de ce genre s'arrôtent-elles en province, sans intermédiaire, entre personnes qui se connaissent, possédées d'un égal désir de visiter Paris et qui n'y sont pas attendues à date fixe.

Si, par aventure, vous faisiez votre entrée en plus grand équipage, avec une suite, même avec chevaux et voitures, vous trouveriez telle installation que vous pourriez désirer dans les sections du Luxembourg, du Théâtre-Français et des Quatre-Nations : par exemple, à l'hôtel de Tréville ou à l'hôtel d'Entragues, rue de Tournon, à l'hôtel de Provence, rue

1. Ces deux annonces se suivent dans le Journal de Paris du 7 septembre 1791.

de Condé, à l'hôtel de Saxe, rue du Colombier, à l'hôtel d'Orléans, rue des Petits-Augustins, le plus renommé entre ses innombrables homonymes, ou bien rue Jacob, hôtel d'Augsbourg. Les hôtelleries de tout ordre, pour toutes les bourses, ne manquent pas d'ailleurs sur cette rive de la Seine, et vous avez le choix, si vous avez formé le dessein de vous mêler à la vie turbulente de ce quartier jeune, de vous produire, d'avoir sous la main les libraires, les imprimeurs, les bureaux de gazettes, la tribune du club des Gordeliers, la plus largement ouverte aux talents inexpérimentés et aux motions audacieuses. Que si vous débarquez en curieux, avide de spectacle, vous vous ferez conduire à portée du Palais- Royal, ce centre toujours en mouvement, où l'on trouve tout : les cafés, les restaurants, les théâtres, les magasins d'étoffes et de modes, les tripots, les libraires, les marchands d'estampes, de bijoux, de dentelles, de curiosités, des clubs à l'anglaise, des loges maçonniques, les bains qui s'appelaient naguère bains du duc d'Orléans, une académie d'échecs, la galanterie à une extrémité, la Bourse à l'autre, un cirque au milieu, pandémonium d'où est parti le premier appel aux armes qui a poussé le peuple de Paris contre les murailles inexorables de la Bastille. Vous pourriez à la rigueur prendre gîte dans le pourtour môme du jardin; la galerie de Valois, à elle seule, contient les hôtels de Montpensier, de la Reine, de Beaujolais, du Grand-Amiral; la galerie Montpensier, l'hôtel de Genève et l'hôtel de l'Empereur; il faudrait, à la vérité, avoir beaucoup de goût pour le jeu, pour la vie de plaisir tout au

byGoogk

UILMiSL..

moins, et faire bon marché de son sommeil ; mais, tout autour, à faible distance, les voyageurs affluent. Si vous n'ôtes pas obligé de regarder à la dépense, on vous recommandera des hôtels presque tout neufs pour la plupart et somptueusement tenus; la rue de Richelieu en regorge, et l'hésitation vous sera permise entre les hôtels de Chartres, d'Espagne, des Lords, de Valois, de Béarn, de la Paix, Louis XVI, Necker, des États-Généraux, de Malte, des Deux- Siciles; la rue Traversière-Saint-Honoré forme une sorte d'annexé et compte à peu près autant d'hôtels à la disposition des voyageurs que de maisons : citer les hôtels Pondichéry, d'Angleterre, d'Artois, de Provence, des Treize-Cantons, ce n'est pas faire une énumération, mais tirer de la foule ceux qui sont le plus en renom*. Toujours sans vous écarter beaucoup du grand centre d'attraction, on cite à peu près au môme rang un second hôtel des États-Généraux, rue et passage des Petits-Pères; l'hôtel de l'Europe, rue Notre-Dame-des-Victoires ; l'hôtel des Indes, rue du Mail; l'hôtel de la Liberté, rue des Fossés-Montmartre, ou bien encore, rue Saint-Honoré, en face du Palais-Royal, un hôtel d'Angleterre, qui tirait il y a quelques années du jeu, par protection particulière de la police, une prospérité aujourd'hui bien tombée ; vous trouverez plus de calme et les mômes soins dans des hôtels un peu plus anciens, l'hôtel des Deux-Écus ou l'hôtel des Prouvaires ; pour vivre à moindres frais, sans apparat, vous serez encore

1. VAÎmanaeh des Adresses pour 1792 en cite sept autres dans cette rue, et sa nomenclature des hôtels, il est aisé de le constater, est fort incomplète.

convenablement traité dans la plupart des bons hôtels bourgeois qui foisonnent rue de Chartres, rue Saint-Thomas-du-Louvre, rue du Bouloi ou rue de Grenelle-Saint-Honoré. Peut-être, si vous vous sentez attiré vers le boulevard, vous laisserez-vous séduire par l'hôtel des Trois-Évôchés, rue des Filles-Saint- Thomas, ou celui des États de Béarn, rue Feydeau; si vous êtes particulièrement préoccupé du voisinage de l'Assemblée, vous serez au mieux au grand hôtel des Tuileries, rue Saint-Honoré, ou à l'hôtel Ventadour, dans la rue du même nom. Je ne m'arrête pas à la supposition d'un voyage de peu de jours, uniquement motivé par des affaires de négoce, auquel cas, si vous n'aviez pas à vous mettre à portée d'une clientèle particulière, vous feriez bien de vous fixer dans un des huit ou dix hôtels groupés près du bureau des diligences dans la rue Montmartre. Mais c'est aux alentours du Palais-Royal qu'il faut vous maintenir, pour peu que vous teniez à avoir sous la main les coiffeurs, les baigneurs, et les carrosses de remise et les fiacres, toutes les commodités qu'une capitale peut offrir au voyageur.

A peine arrivé, on vous mettra d'ailleurs en mains des prospectus de fournisseurs de toutes sortes. L'un d'eux vous avertit que si, par malheur, vous tombiez malade à Paris, vous devriez vous faire transporter sans retard au Séjour d'Hygie, château des Thermes, hors la barrière du Roule, où, sous la direction de M"'® Colson et la surveillance de M. Sédillot, docteur en médecine et membre de l'Académie de chirurgie, vous trouveriez réunis, « avec les soins les plus attentifs, tous les secours pour le temps de

ARRIVÉE A PARIS i3

la maladie, et tous les amusements pour celui de la convalescence * ». Le sieur Mossel, chirurgien, essaie de parer le coup en rappelant la réputation déjà assise de sa « maison de santé et infirmerie générale », située rue des Vieilles-Tuileries, au faubourg Saint-Germain. Le sieur Albert ne vous demande pas de venir loger chez lui, bien qu'il ait des pensionnaires, et des députés dans le nombre, mais il vous fait connaître qu'il a formé sur le quai d'Orsay, au coin de la rue Bellechasse, une espèce de temple d'Esculape qui manquait à la capitale, c'està-dire une maison de bains où l'on trouve une piscine de marbre qui contient un volume de vingt muids d'eau, des étuves, des douches, des bains de vapeur, et où l'on a môme « introduit l'art de masser, inconnu parmi nous, et d'un usage très familier chez les Orientaux * ».

A supposer qu'Albert soit fondé à faire valoir la supériorité de sa maison pour les soins médicaux, il ne manque pas depuis quelques années de grands établissements qui présentent toute la propreté et toute la commodité désirables et qui sont môme installés avec luxe. On célèbre surtout les bains du Palais-Royal, dont l'entrée est dans la rue de Valois et dont les fenêtres ont vue sur le jardin au-dessus de huit arcades ; les bains de la rue de Richelieu qui ont porté jusqu'au voyage de Varennes l'enseigne du Bain-Royal; les bains Chinois, du sieur Turquin, qui

1. Suppléments au Journal de Paris du l*r mai et du 24 juillet

2. Journal de Paris du 20 mai 1792. Article intitulé : Médecine^ à la suite du programme des spectacles. — Cf. Guids de Thiéry, t. n, p. 593.

is assez longtemps sous le môme nom un mi de bains froids près du pont de la jt qui depuis trois ans égaie de ses pa- )chettes le boulevard de la Madeleine * ; tablissements de bains chauds de Guiailés sur bateaux, l'un au quai d'Alençon, quai d'Orsay, ont gardé les préférences e partie de la bourgeoisie parisienne.

partie appelée aujourd'hui boulevard des Capucines ; as alors cette division.

Page 1