Journal de Paris ^ 5 avril
prend les repas de corps, fait noces et festins*. D'autres établissements du même genre, le Cadran- Bleu, l'Arc-en-Ciel, se sont fait une réputation dans des régions moins centrales.
Une date dans l'histoire de la cuisine parisienne a été le 26 mai 1791 : c'est ce jour-là que le sieur Méot, ancien officier de bouche de M. d'Orléans, a ouvert son établissement de restaurateur à l'hôtel de la ci-devant Chancellerie d'Orléans, rue des Bons-Enfants ; pour plus de commodité il a fait ouvrir dans la rue de Valois un passage aboutissant aux galeries dans l'arcade 177. En faisant part de cette inauguration au public, il s'est borné à promettre qu'on serait servi chez lui avec la plus scrupuleuse propreté et à se déclarer assorti des vins français et étrangers de la première qualité *. La vérité, c'est qu'il a d'emblée dépassé tous ses rivaux pour la somptuosité. Il semble, en effet, que la liquidation de la fortune du duc d'Orléans ait mis comme à plaisir à la disposition des prodigues, avec un cuisinier de distinction, cet hôtel construit naguère pour le marquis de Voyer, puis orné avec un faste un peu tapageur, où l'on n'a pas craint d'ajouter par quelques artifices à la profusion du décor artistique. On accède par un péristyle dorique à une grande pièce d'ordre composite dont le plafond est décoré par Briard de peintures représentant les travaux d'Hercule. Là, au grand bureau, deux dames d'un bel aspect président à la police et plus encore à la recette. La seconde salle, celle qui était la salle à
i. Journal de Paris, 11 mai 1791.