Chronique de Paris, 9 août
fond, tenancier du tripot du numéro 36, galerie Montpensier, poursuit et blesse d'un coup de baïonnette un particulier qui a eu le mauvais goût de se croire fllouté. Chaque jour des propriétaires ou des locataires principaux, pour se mettre à Tabri d'une accusation de complicité, se plaignent de l'installation de jeux prohibés dans des locaux pris à bail pour d'autres destinations *. Le maire Bailly souffre de ces scandales. Il fait disperser, quand on les lui signale, les croupiers de la rue, fermer quelques-unes des « cavernes » le plus impudemment tenues. Il en résulte môme parfois des saisies qui aboutissent à des poursuites. C'est ainsi que, le 26 octobre, un sieur Saint-Fal se voit condamné à 3,000 livres d'amende pour avoir donné à jouer au biribi, rue Dauphine •, et que, le 7 novembre, le biribi du Cirque est saisi « par astuce ». On déplore pourtant dans les délibérations des corps constitués, et les journaux raillent la mollesse de cette guerre, qui ressemble plutôt à la protestation mélancolique d'un moraliste qu'à une action résolue.
Lorsqu'au vertueux Bailly succède le vertueux Pétion, le nouveau maire annonce, dès le jour de son entrée en fonctions, la résolution de travailler activement à la guérison de cette lèpre. Et, de fait, les descentes de police se multiplient et les tribunaux sont mis en mouvement. Après la condamnation du sieur et de la dame Poupart et du nommé Lacour, après celle de Rose, le directeur du Cirque, suite de la perquisition opérée sous la précédente admi-