‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 81 sur 115 · Mémoires de Jlf"« Campan, chap. xix · texte numérisé non relu

Mémoires de Jlf"« Campan, chap. xix

or, construite par M. Brongniart pour l'ancienne troupe du comte de Beaujolais ; le 3i août, le théâtre du Marais, d'un goût simple, peut-être môme un peu gothique, dont le directeur Langlois s'est assuré l'appui de MM. Beaumarchais et Mercier, et où Baptiste aîné attire le public, en attendant la grande vogue de Robert, chef de brigands. Le 16 octobre, on rouvre, mais deux fois par semaine pour commencer, les Variétés de la foire Saint-Germain, salle Audinot, où l'on verra bientôt le Club des Emigrants ou le Courrier à Coblentz, le Premier coup de canon aux frontièreSy le Mariage du curé^ le Sucre et le Caffé, puis les Piques, opéra national. Le 22 octobre, le cirque construit depuis la fin de 1789 au centre du jardin du Palais -Royal, et qui donnait tous les dimanches, parfois le jeudi, des concerts suivis de bals ou bien d'exercices d'hercules, des assauts d'armes, prend, après six semaines de fermeture pour aménagement de la salle, le titre de théâtre du Cirque-National et dans l'espoir de détourner l'attention de la police de son biribi, représente des opéras-comiques qu'il ne faut pas juger à la rigueur. En novembre, on entend parler du théâtre des Enfants-Comiques, boulevard du Temple, à côté du café Turc. Le 4 décembre, la salle de la rue du Renard-Saint-Merri se livre à une inauguration de plus, sous le nom de théâtre de Jean-Jacques Rousseau et place sous cette invocation « un nouveau spectacle turc, tudesque et barbaresque, intitulé les Grandes Ombres impalpables^ en trois actes ». Au début de 1792, l'ancienne salle de Nicolet, à la foire Saint-Germain, est reprise par des saltimbanques

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LES SPECTACLES âlH

inoccupés du Vauxhall, les sauteurs hollandais et le fameux hercule.

Les faiseurs de projets commencent à viser plus haut. Dans le môme temps que M"^ Montansier achète le vaste terrain de Thôtel de Louvois*, où elle va mettre deux cents ouvriers et provoquer des plaintes en encombrant la rue de Richelieu de ses moellons', un des entrepreneurs du théâtre de la rue de Richelieu, Dorfeuille, lance un Prospectus sur rétablissement y par actions y du théâtre de la Réunion des Arts y orné de ce copieux sous-titre : « Académie nouvelle de musique, de danse et de haute pantomime héroïque ; spectacle non encore exécuté, riche et fécond , qui fera fleurir les arts et tournera au profit de l'éducation, en donnant une connaissance sûre de la mythologie et des principaux événements que renferme l'hibtoire des temps les plus reculés. Avec l'institution encore d'un conservatoire destiné à former quarante élèves dans ces différents genres, sous la conduite des meilleurs maîtres ^. » Dans le théâtre que rêve Dorfeuille, l'opéra sera représenté trois fois par semaine, la haute pantomime trois fois, et le septième jour sera consacré, non pas au

1. Feuille du jour du 6 et Chronique de Paris du 7 novembre 1791.

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