‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 84 sur 115 · M™» Campan, Mémoires, ch. xix · texte numérisé non relu

M™» Campan, Mémoires, ch. xix

2. Cette façon de parler, que MM. de Concourt citent quelque part comme une fantaisie de Camille Desmoulins, était adoptée depuis la promulgration de la Constitution de 1791 par les citoyens qui se piquaient de s'y retrancher en toute rigueur. Cette Constitution, en elfet, ne reconnaissait point le titre de reine ; elle ne prévoyait, suivant les cas, que « la mère de l'héritier présomptif » ou « la mère du roi mineur ».

d'hui aux Italiens ; on Fa beaucoup applaudie. Plusieurs citoyens marquèrent leur mécontentement de ces applaudissements hors de saison. Alors on s'est écrié : Il y a ici des Jacobins, il faut les pendre, et Ton a beaucoup applaudi *. »

Il ne semble pas que le parti populaire eût été aussi complètement mis en déroute qu'on avait cru le voir de la loge royale : il avait été du, moins assez maltraité et la bataille était restée assez indécise pour qu'il ne fût pas d'humeur à s'en tenir là. Le lendemain était le mardi gras; un groupe de patriotes des sections s'installa au parterre de Feydeau, où l'on donnait depuis cinq mois un de ces opérasfolies bonassement rétrogrades et farcis de couplets ambigus comme les multipliait le cousin Jacques ; c'était le Club des bonnes gens ou le Curé picay^, la pièce à deux faces, suivant un mot de Gorsas. Le parterre lit jouer le Ça ira, puis les loges Vive Henri IV ; mais c'é tait au parterre cette fois qu'était la cohorte la plus compacte et la plus disciplinée ; massée debout autour des emblèmes qui étaient alors dans toute la fraîcheur d'un premier engouement, une pique surmontée d'un bonnet phrygien, elle se fit donner du Ça ira jusqu'à épuisement des forces des musiciens. Une sorte de trêve armée se maintint pendant la représentation du Médecin malgré lui, mis en musique par M. Désaugiers. Quand ce fut le tour de la pièce de Beffroy de Reigny, les comédiens, pour conjurer la foudre, pavoisèrent le décor aux trois couleurs; mais, à la première saillie

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