‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 85 sur 115 · Aulard, t. UI, p · texte numérisé non relu

Aulard, t. UI, p

contre-réyolutionnaire, la lutte des sifflets contre les applaudissements s'engageait ; des menaces s'échangeaient d'un étage à l'autre; il fallut bientôt baisser le rideau. On demandait le directeur pour lui faire promettre de ne plus jouer le Club des bonnes gens. Trois mois auparavant, au même théâti'e, à la première représentation d'une pièce du môme auteur, les Deux NicodèmeSy un grand tumulte s'était élevé; le commissaire de police avait paru et, « dans un discours fort sage et plein de dignité, avait demandé et obtenu un silence que la grande émotion des esprits ne laissait guère espérer * ». On eut donc recours de nouveau à une semblable intervention, mais avec moins de succès. L'officier municipal de service fut assailli de pommes non cuites, certains chroniqueurs disent môme de pommes de terre, accusé de trahison, menacé de plaintes à la municipalité ; on sauta les trois quarts de la pièce, qui ne comportait que deux petits actes, et, comme on avait largement atteint l'heure ordinaire de la fermeture, elle se fit dans le vacarme. Pauvre cousin Jacques, qui avait donné pour épigraphe à sa pièce : « Ce qui sème la paix n'a pas besoin d'excuse ! »

C'était au moment môme où s'engageaient ces luttes que le public jacobin avait été mis au courant de la nouveauté « libcrticide » donnée au Vaudeville. Là, comme on l'a vu, il est plus triomphant encore et arrache ce que le directeur de Feydeau avait réussi à esquiver, la promesse du retrait de la pièce '.

Page 1