‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 87 sur 115 · Thirmomètn du jour · texte numérisé non relu

Thirmomètn du jour

228 LA VIE k PARIS (1791-1792)

Arrête que l'opéra d'Adrien ne sera pas joué tant que ce spectacle sera à la charge de la municipalité.

Signé : Boucher de Saint-Sauveur, doyen d'âge, président ; De Joly, secrétaire-greffier *.

C'était donc le renvoi après Pâques ; mais les entrepreneurs, à leur tour, ne se soucièrent pas d'inaugurer leur gestion par des échauffourées. Ils utilisèrent le ballet réglé pour Adrien par Gardel, avec la musique de Méhul, pour une reprise de Tarare et s'efforcèrent de radoucir Hoffmann en donnant quelques représentations de la Phèdre de Lemoyne, dont il avait également fourni le poème.

L'année théâtrale n'appelle plus qu'une observation. « Quelques directeurs de spectacles ayant demandé aux Magistrats du Peuple s'il fallait fermer leurs théâtres pendant la quinzaine de Pâques », le procureur de la Commune Manuel donna, sous forme de lettre aux administrateurs de police, une sorte de consultation sur la matière. L'interdiction de jouer lui paraissait contraire à la liberté des opinions religieuses et aux droits de l'industrie, « après une révolution surtout qui prouve si bien que les tragédies de Voltaire formeront plutôt les nations que les sermons de l'abbé Maury ». Au point de vue de la police même, l'auteur de la Police de Paris dévoilée ajoutait ces considérations : « Le théâtre ne me paraît pas seulement un moyen d'instruction entre les mains du Philosophe qui éclaire le Peuple : il en est un aussi de bon ordre entre celles de l'Administra-

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