‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 88 sur 115 · Journal de Paris du 15 mars · texte numérisé non relu

Journal de Paris du 15 mars

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leur qui le conduit. M. de Sartines, avec ses cent mille bras et ses cent mille yeux, convenait que la ville trop immense de Paris ne l'embarrassait jamais plus que quand le clergé, interdisant les plaisirs honnêtes, livrait des hypocrites à l'oisiveté qui conseille les vices et les crimes. » L'ancienne interdiction était donc levée * ; mais divers auteurs ' ont tiré une conclusion tout au moins exagérée en supposant que cet avis fut interprété comme un ordre en sens inverse, en affirmant qu'en 1792 un brusque changement se produisit dans les habitudes théâtrales et que les théâtres d'une façon générale n'eurent pas de clôture de Pâques. La plupart, en fait, sacrifièrent une fois de plus à la tradition. L'Opéra, tout établissement municipal qu'il fût, ferma le 27 mars pour ne rouvrir ses portes que le 17 avril : cela se conçoit ; autrement il eût été dans l'alternative ou de donner à ses abonnés un grand nombre de représentations qu'il ne leur devait point ou de jouer avec ses premières loges vides ; dans les deux cas, c'eût été une lourde charge sans recettes correspondantes. La Nation, Feydeau, Louvois chômèrent pendant une quinzaine franche ; il est vrai que Feydeau donna quelques concerts dans l'intervalle. La plupart des autres spectacles fermèrent pendant toute la semaine sainte. Le théâtre de la rue Richelieu n'interrompit ce congé que le jeudi pour

1. L'ancien régime ne tolérait pendant Ja semaine sainte que des concerts spirituels, des séances d'escamotage et le combat du taureau dont le même Manuel avait provoqué la suppression en 1790.

2. Notamment M. Henry Lumière, dans son livre d'ailleurs plein de faits et généralement exact, La Comédie- Française pendant la liévoîution.

une représentation au bénéfice de M"« Desgarcins. Les Variétés du faubourg Saint-Germain ne chômèrent que deux jours, le vendredi et le samedi. Enfin, il n'y a que deux spectacles qui aient joué sans interruption, le théâtre Molière et celui de la Montansier.

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