‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 91 sur 115 · Correspondance secrète^ pbib. par Lescure, t. II, p · texte numérisé non relu

Correspondance secrète^ pbib. par Lescure, t. II, p

mômes un rôle politique comme M™® Roland, ou comme M'"® de Staël, qui exhale ses plaintes en ces termes : « La licence de la presse est un des plus horribles inconvénients de ce nouveau régime ; il faut convenir que les aristocrates s'en servent au moins autant que les démocrates, et ce qui étonne dans un parti qui se nomme celui de la chevalerie, c'est leur acharnement contre les femmes; tout ce qui est jeune est l'objet de leurs infâmes libelles*. » Si les épigrammes qui blessaient M™« de Staël sortent en effet souvent des convenances, cela est peu de chose auprès des diffamations ordurières dont Gautier, Marchant, avec un acharnement ininterrompu, Parisau, Barruel-Beauvert, du Rozoi qui font leur partie à l'occasion, sans parler des rédacteurs de feuilles éphémères comme la Chronique scandaleuse ou le Rambler, poursuivent des femmes qui ont beaucoup moins fait pour s'exposer môme à la discussion, comme M™*» Condorcet, dont les Mémoires de tous les contemporains qui l'ont approchée nous ont transmis une image touchante et digne de respect, comme d'autres qui ont vécu d'une manière assez réservée pour n'avoir môme pas d'histoire. Ces vilenies, à distance, n'apparaissent salissantes que pour leurs auteurs. Il suffit de dire que la réfutation courante des théories républicaines de Condorcet consiste à lui répondre qu'il vend sa femme ; l'argument sert pour les autres aussi, et les beaux esprits ne sont obligés à chercher plus loin que lorsqu'ils ont affaire à un adversaire qui n'est pas marié.

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