‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 92 sur 115 · Lettre du 10 septembre 1791, déjà citée précédemment · texte numérisé non relu

Lettre du 10 septembre 1791, déjà citée précédemment

Digiti

Les journaux sont de formats et d'aspects très diyers. Le Journal des Débats et Décrets, le Perlet, le Courrier de Gorsas, le Journal d*Audouin, VAmi du Peuple, YOrateur du Peuple, le Courrier français ont des numéros d'un plus ou moins grand nombre de pages, imprimés dans le format în-8« ordinaire *. La Feuille du Jour et son rival patriote le Thermomètre du Jour, le Petit Gautier, le journal à deux liards n'ont même qu'une demi-feuille, huit pages par jour. Le Journal de Paris, la Chro^ nique, le Patriote français, les Annales patriotiques, le Journal général de Fontenay, la Gazette universelle, la Gazette de Paris, Y Ami du roi, le Journal des Débats des Jacobins, les journaux du soir, etc., paraissent in-4« à deux colonnes; mais, tandis que les premiers cités d'entre eux ont au moins huit pages et y joignent des suppléments plus ou moins fréquents, les derniers ne paraissent qu'en une demi-feuille de quatre pages. Le Mercure universel, dès son début, s'est rangé parmi les feuilles imposantes avec ses seize pages grand in-8* à deux colonnes. Mais le sujet d'émerveillement, c'est le format in-folio adopté par le Moniteur, à Vimitation des journaux anglais, et que le Logographe arrive à copier et même à dépasser. C'est une des curiosités du temps, et le minuscule Journal de la Cour dit, tel un gamin narguant un tambour-major :

Cette feuille n'est point le vain jouet du vent ; Avec trois Moniteurs on fait un paravent.

1. n convient d'y joindre les Affiches, annonces et avis divers^ plus couramment appelées Petites Affiches, qui contenaient des articles de renseignements, d'une tendance contre-révolutionnaire.

LA PRESSE iU

Une nouveauté encore, c'est le jOurnal-placard, celui que les citoyens peuvent lire sur les murs sans bourse délier. Il n'y a qu'une fatalité attachée à toute entreprise de ce genre, c'est que, condamnée à faire des frais pour le public sans rien recevoir de lui, elle pose naturellement la question de savoir d'où vient l'argent. C'est pendant le règne de la loi martiale, peu de jours après le schisme des feuillants et la catastrophe du Ghamp-de-Mars, que paraît le premier journal affiché, le Chant du Coq, fondé par « une société de vrais patriotes, rédacteurs du Babillard, » Ils varient parfois cette signature collective en y ajoutant quelques noms trop inconnus pour n'être pas des noms de guerre. Celui qui tient d'ordinaire la tête : Darmènes , déguise sous cet anagramme transparent le véritable rédacteur, Esménard*. Le Chant du Coq fait appel à la garde nationale — aux bataillons du centre, s'entend, — et invite chaque citoyen à courir aux armes au premier signal, pour se réunir à elle contre les factieux». Dès son second numéro, il prélude aux élections parisiennes en se ruant sur Brissot avec une extrême furie : il avoue qu'il n'a pas la preuve de toutes ses imputations diffamatoires, mais il renvoie « à M. Morande, cet écrivain intrépide. » Les directeurs des principaux journaux patriotes, notamment Carra

i. a Celui d'entre nous qui rédige cette affiche n'a pas vingtcinq ans », est-il dit dans le numéro 14. Les signatures qui se fixent à partir du numéro 26 sont : Darmènes (Esménard)) Volny^ Montdefer (écrit aussi Mondefer, qui paraît bien Un anagramme de Defermon, mais il est peu probable qu'il s'agisse du constituant de ce nom).

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