Numéros 1 (22 juillet) et 4 (26 juillet
et Prudhomme, ne tardent pas à être attaqués avec une véhémence semblable, et dans tous ces journaux le placard feuillant ou monarchien , ou les deux à la fois, n'est plus appelé que le Chant du coq-uin. On n'a pas de peine à deviner que la dépense en est pour le moins allégée par la liste civile. L'auteur s'évertue, avec un médiocre succès, à établir que les frais sont prélevés sur les bénéfices produits par le Babillard, « qui a 500 abonnés dont on peut voir la liste chez M. Pain, imprimeur. » 11 a d'ailleurs prévenu qu'il livrerait ses affiches aux députés « qui n'ont signé aucune protestation contre les décrets de l'Assemblée nationale » moyennant un sol la feuille. On désigne couramment comme le protecteur du placard l'épicier-député d'André, qui crie à la calomnie, et VOrateur du peuple veut que Malouet y soit aussi pour quelque chose, supposition conciliable avec les idées de cet ami de la cour sur la tactique à suivre dans cette période.
Pour défendre la cause jacobine, le jeune et actif Tallien a opposé presque aussitôt un autre journalaffiche, Y Ami des citoyens * ; mais il procède plus modestement et, en face des quatre numéros par semaine du Chant du Coq, il se contente d'un placard hebdomadaire. Il le fait vivre de souscriptions quôtées dans les sociétés fraternelles; le 28 août, Sergent intéresse à cette œuvre la Société des Jacobins et, quelque temps après, Pétion, Moreton et d'autres membres insistent sur cette recommanda-
1. Quoique VAmi des citoyens ne soit daté qu'à partir du n» 5, le premier Duméro a dû être placardé le 30 ou le 31 juillet, puisque le Chant du coq y répond le l®*" août.
tion;'On décide de s'imposer une cotisation supplémentaire de trois livres par trimestre. Les dames des tribunes, parmi lesquelles M'"'' Pétion, demandent à être admises à la souscription *. La Chronique de Paris a, cependant, signalé une petite déloyauté qui avait encore le pouvoir d'étonner : « Les rédacteurs du Chant du Coq-uin, disait-elle, ont soin chaque matin de faire couvrir Y Ami des citoyens par leur plaque, manière vraiment neuve de répondre et qui n'entraîne pas une longue discussion *. » L'Ami des citoyens survit d'ailleurs assez longtemps à l'adversaire qui l'avait suscité et, le 7 janvier 1792, le Moniteur lui décerne ce certificat : « L'affiche que M. Tallien publie depuis cinq mois a souvent contribué au maintien de la tranquillité public. »
Le troisième journal fait pour les murailles parait sous le ministère Roland, en mai 1792. C'est la Sentinellcy de Louvet. On souscrit pour 25 feuilles à l'imprimerie du Cercle social, à raison de 2 livres 10 sols ' ; mais, pour mieux garantir les frais, c'est le ministère qui souscrit au plus grand nombre de feuilles, par l'entremise du maire de Paris.
Il s'en faut, d'ailleurs, que la bataille ne soit engagée que dans les feuilles quotidiennes. Par exemple, le Journal de Louis XVI et de son peuple^ l'un des plus violents de la contre-révolution, surtout quand il s'en prend à la nationalisation des