I. BONHEUR DU TRAVAIL INTELLECTUEL
1. Le prie-Dieu placé par la mère de la jeune fille dans cette chambre qu'elle lui a faite si coquette dans sa simplicité, si attrayante, si retirée, etqui, nous l'avons dit, ressemble à un petit sanctuaire, — ce prie- Dieu dit à la jeune fille :
Prie !
Le bureau surmonte d'une bibliothèque, placé, en pleine lumière, par le père de la jeune fille, et ornementant si bien sa chambre.
Ce bureau habituellement ouvert et présentant à l'esprit tout ce qui est de nature à l'attirer,
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Cette bibliothèque \>e\i chargée encore, mais offrant à côté des livres de prix, souvenirs du Pensionnat, une collection d'ouvrages choisis avec goût et avec prudence,
Ce bureau et cette bibliothèque disent à la jeune fille :
Travaille !
Oui, jeune fille, c'est là, pendant les intervalles que votre mère a su vous ménager au milieu de vos occupations matérielles, et le soir surtout, c'est là que vous devez venir vous reposer avec bonheur.
Le prie-Dieu reposera votre âme par la prière — et le livre de piétc\ non pas seulement un livre de prières, mais un de ces livres de conseils écrits pour les âmes sous le regard de Dieu — ce livre, toujours ouvert, vous aidera à voir Dieu autour de vous, Dieu votre père aimant, Dieu votre protecteur. Dieu l'ami de votre âme et l'ami de tous les vôtres.... Il vous fortifiera, vous encouragera, vous apaisera et vous donnera cette douce sérénité d'âme et de cœur et ce repos d'esprit inconnu dans le monde. — Quand vous priez, vous parlez à Dieu ; quand vous lisez un livre pieux, c'est Dieu qui vous parle.
Le btireau reposera votre esprit par la lecture et, je dirai, par la consolation douce, aimable, apaisante, avec des livres qui deviendront bientôt des amis.
« Oui, dit le P. Lacordaire, un bon livre est pour l'âme vertueuse un être dévoué avec lequel elle converse, un ami du soir qu'on admet aux plus familiers épanchements. Penser en lisant un vrai livre, le prendre, le poser sur la table, s'enivrer de son parfum, en aspirer la substance, c'est pour les âmes initiées aux jouissances de cet ordre, une naïve et pure volupté, le temps coule dans ces charmants entretiens de la pensée avec une pensée supérieure, les larmes viennent aux yeux, on remercie Dieu qui a été assez bon pour donner aux rapides effusions de l'esprit, la durée de l'airain et la vie de la vérité. »
« Après la prière, dit M^"" Landriot, je ne connais pas de meilleur remède qu'une lecture de quelques heures dans ces écrivains dont la noble pensée et le style sublime vous transportent dans ces régions sereines où Ton oublie les hommes et les affaires humaines.
Souvent, dans un rêve de l'esprit, à l'heure où l'atmosphère morale est étouffante autour de nous, on se dit : Mon Dieu ! si je pouvais donc me réfugier sur une haute montagne, m'y reposer quelques jours, y demeurer seul en présence de Dieu, du soleil et de la belle nature, quel bonheur, quelle vie et quelle joie de corps et d'âme !
Pourquoi ce rêve? Vous pouvez vous procurer ce bonheur sans sortir de votre chambre ; la lecture^ la
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méditation nous donnent des ailes ; l'esprit ne s'arrête pas à la matière; il monte, il vole, il plane sur ces montagnes intellectuelles où l'on trouve la paix et la sérénité dans la hauteur. »
Votre corps qui a besoin de repos, lui aussi, le trouvera, tous les jours, dans les heures d'une promenade régulière et dans les soirées de famille ; — et, de temps en temps, dans des sorties, des jeux plus prolongés, des voyages, de joyeuses réunions d'amis, des fêtes que vos parents sauront vous procurer.
Laissez au dévouement de votre père et de votre mère, le soin du repos et des récréations que réclame votre corps ; à vous, le soin de récréer votre esprit, sous le regard de Dieu.