LA VIH INTIME DE LA JEUNE FILLE EST UNE VIE DE PIRFICTIONNEMHNT
Ce qu'est le perfectionnement de la vie
Le perfectionnement de la vie consiste en une suite d'actes par lesquels nous tendons à rendre :
Notre d/ne plus unie à Dieu,
Notre cœur plus dévoué et plus généreux,
Notre intelligence plus développée et plus active dans la recherche de la vérité.
Notre z;(7/o«/r plus forte dans l'accomplissement du devoir.
Nous vous avons indiqué, dans la Vie au Pensionnat, les moyens à prendre pour arriver — en partie du moins — à cette perfection si désirée et qui, vous le sentez, peut seule vous permettre de remplir votre mission.
Marie modèle du perfectionnement de la vie
La voici en œuvre, dans la vie de la très sainte Vierge que nous a tracée saint Ambroise, s'adrèssant à des vierges chrétiennes à qui il disait, comme nous vous le disons :
Ce que Marie était, vous pouvez l'être, Ce que Marie a fait, vous pouvez le faire, Ce que Marie aimait, vous pouvez l'aimer. Dieu était avec elle. Il sera avec vous, Dieu agissait par elle, Il agira par vous. Ah ! sans doute, vous resterez loin de votre modèle, mais comme Marie bénira les efforts que vous ferez pour lui ressembler !
Rien d'extraordinaire dans cette vie de Marie enfant, de Marie adolescente, de Marie se préparant, elle aussi, doucement et simplement, à la mission à laquelle Dieu la destinait, et que, pas plus que vous, elle ne connaissait.
Voici le résumé de cette vie de la sainte Vierge, tracé par saint Ambroise.
Marie était
Pure de cœur et d'esprit,
Humble de cœur,
Grave, sobre, aimable dans ses paroles,
Prudente en ses conseils.
Appliquée au travail.
Amie des saintes lectures.
Marie jamais
Offensé ses parents, Méprisé les petits, Raillé les faibles. Repoussé les pauvres, Envié le sort des autres.
3° Marie jamais n'eut rien de répréhensible
Dans sa démarche, Dans ses regards, Dans ses entretiens, Dans ses actions, Dans sa mise extérieure.
Marie avait pour règle de conduite
De plaire à Dieu en toutes choses et d'accepter en tout la volonté de Dieu,
De ne faire jamais volontairement de la peine à personne,
De faire du bien à tous même en se privant.
D'aimer la solitude, mais sans affectation,
De se prêter à tout ce qu'on lui demandait, quand elle le pouvait, sans manquer à un devoir.
O jeunes filles, ayez-les devant les yeux, ces lignes qui vous redisent ce qu'était la sainte Vierge.
Laissez-les — chacune d'elles — rayonner en vous comme rayonne la lumière, vous montrant ce que vous devez être et ce que vous devez faire;
Laissez-les pénétrer en vous comme pénètre la chaleur, vous encourageant à ce travail de purification, d'amabilité, de perfectionnement qui vous fera ressembler à la sainte Vierge.
Vertus de Marie et Vertus de la Jeune Fille
Marie adolescente était pure de cœur et d'esprit. Vous aussi soyez pure, avec l'aide de Marie
I. La pureté, c'est l'état d'une âme, d'un cœur, d'un esprit sur lequel l'œil de Dieu se repose avec complaisance, comme l'œil d'une mère se repose sur le gracieux visage de son petit enfant que rien — pas même la plus légère poussière — n'est venu ternir.
C'est l'état d'une^âme, d'un cœur, d'un esprit dans lequel Dieu, se penchant avec amour, reconnaît, comme dans un miroir, son image divine.
C'est .l'état d'une âme, d'un cœur, d'un esprit qui rend heureux l'ange à qui Dieu les a confiés et à qui cet ange prodigue son affectueux dévouement.
Cette âme pure sentira la présence aimée de Dieu comme l'enfant sent la présence de sa mère ; et elle vivra rassurée, contente, sous cette maternelle protection qui ne faiblira jamais.
Cet esprit pur verra Dieu, la beauté de Dieu, la bonté de Dieu, la perfection de Dieu ; et il éprouvera à cette vue une joie à laquelle rien sur la terre ne peut être comparé — et les choses de la terre lui apparaîtront sous un jour qui lui en révélera toute la vérité.
Ce cœur pur aimera Dieu d'une affection douce, paisible, mais continue, mais forte qui le maintiendra lui-même dans un dévouement perpétuel pour Dieu et pour ceux qui l'entourent.
Et Dieu habitera dans cette âme, dans ce cœur, dans cet esprit, et se communiquant au corps qui les enveloppe, il manifestera au dehors sa bonté, sa miséricorde, sa puissance, sa charité.
C'est bien là ce qu'était l'âme de Marie : la demeure aimée de Dieu.
Oh 1 qu'il était beau, qu'il était bon et dévoué le cœur de Marie! une seule pensée le remplissait tout entier : faire plaisir à Dieu.
Q.u'il était éclairé, miséricordieux dans ses jugements, sage dans ses conseils, puissant dans ses œuvres, l'esprit de Marie I
2. Et vous, enfant de Marie, quand après une absolution qui vous a purifiée, vous avez reçu en vous la sainte communion, n'est-ce pas aussi îJ<9/r^ état?
Gardez la grâce que Jésus-Christ a laissée en vous, comme le feu, en disparaissant, laisse sa chaleur; et, par cette grâce, garde^ votre pureté !
L'absolution a oté vos fautes, mais elle n'a pas détruit vos penchants mauvais.
La sainte communion a affaibli ces penchants, mais ils restent encore en vous avec ce germe puissant que leur a communiqué le péché originel.
La vie et la force de ces penchants mauvais sont alimentées. Au dehors :
Par des images sensuelles qui, presque à tous les pas, se présentent à vos regards,
par des lectures qui semblent insignifiantes mais affaiblissent et amollissent votre volonté,
par àQS paroles sans retenue qui de partout viennent jusqu'à vous,
par des fêtes profanes auxquelles votre position ou vos relations vous obligent d'assister et auxquelles vous vous livrez avec toute Tardeur de votre jeunesse.
Ces penchants mauvais sont alimentés. Au dedans : Par l'orgueil qui vous fait murmurer tout bas :
Pourquoi ne saurais-je pas ce que tout le
monde sait ?
Pourquoi ne ferais-je pas ce que tout le
monde fait ?
Pourquoi n'irais-je pas où tout le monde va ?
Par la curiosité qui vous dit tout bas : C'est si beau de savoir !
C'est si attrayant de voir !
Par la sensualité qui se plaint et murmure : C'est triste de toujours se priver !
C'est dur de toujours résister !
Voilà comment on peut cesser d'être pure.
Voilà comment, en rougissant, et en pleurant, on répète douloureusement ces paroles d'un pauvre cœur trompé :
Je ne suis plus un ange, et mon oreille, hélas! Connaît des mots qu'hier elle ne savait pas. De méchants compagnons ont osé me les dire; Je rougissais d'abord, j'ai fini par sourire.
Ne sentez-rous pas le besoin de vous rapprocher de Marie, comme l'enfant qui a peur, se rapproche de sa mère r
D'appeler Marie, comme Tenfant, sur le point de tomber appelle sa mère?
Oui, que cet appel à Marie, que ce recours à iMarie, que cette union à Marie devienne pour vous un besoin impérieux.
A\QC Elle, près d'Elle, par Elle, vous resterez toujours pure.
3. Mais précautionnez-vous! Qu'elles soient, ces précautions, énergiques^ constantes surtout. Nous vous les rappelons seulement ici :
La prière, régulière, humble, accentuée.
La confession, fréquente, résolue, toujours au même confesseur, autant que possible.
La sainte communion, fréquente aussi, confiante, préparée surtout par l'accomplissement du devoir.
La dévotion à la sainte Vierge priée tous les jours, par la récitation d'au moins une dizaine de chapelet et de la prière Souvenez-vous.
Un dernier mot : Une âme ne peut être ^uvq toute seule; il lui faut un soutien : c'est le prêtre.
Marie adolescente était humble.
Vous aussi, soyez humble, avec l'aide de Marie
1 . Marie était humble, c'est-à-dire comprenant simplement, mais complètement, mais affectueusement, ce que Dieu avait fait en elle.
Elle le voyait, elle l'appréciait, et elle disait :
« Elles sont grandes, bien grandes les choses que Dieu a mises en moi.
J'étais petite, pauvre, dénuée et voilà que sa bonté miséricordieuse a rempli mon âme de sa sagesse, mon esprit de ses lumières, mon cœur de son dévouement.
Oh î qu'il est bon et que je le remercie ! »
Et au fond de son âme, Marie ajoutait :
« Mon Dieu ! que je me serve de tout ce que vous
m'avez donné pour vous faire connaître et vous faire
aimer! »
Et tout ce qu'elle faisait, et tout ce qu'elle disait,
avait pour but de procurer la gloire de Dieu et de
rapprocher les âmes de Dieu.
2. La voilà l'humilité que vous deve^ avoir, et disons-le simplement, celle que vous />6'«i;^^ avoir,
parce que être humble, c'est, avant tout, avoir du bons sens et voir ce qui est.
Soyez contente de ce que Dieu vous a donné ; aimei, embellisse^ ce que Dieu vous a donné : dons de Tâme, dons de l'intelligence, dons du cœur, dons extérieurs ; mais remerciez-en le bon Dieu, appréciez la bonté de Dieu pour vous, servez-vous de tout pour faire aimer Dieu.
Comme Marie et avec Marie, soyez à l'égard de tous, la servante de Dieu.
Que de choses renfermées dans cette parole ! Certes, ne la prononcez pas au dehors, mais qu'elle brille au dedans de vous, pour vous servir de guide et dinspiratrice dans vos rapports avec vos parents, avec vos frères, avec vos amis, avec tous ceux qui s'approcheront de vous.
La vanité, ma pauvre enfant, est chose si petite, si futile, si ridicule, si encombrante, si destructive de tout ce que le cœur a de bon !
3, Etre humble c'est être simple : n'avoir rien sur soi, rien e?i soi
ni dans la toilette, ni dans la tenue, ni dans la démarche, ni dans la parole, qui ait l'air de se faire remarquer.
Etre humble c'est être bien dans toute l'expression de ce mot; le savoir sans doute, mais ne pas en faire parade.
Etre humble c'est, pour la jeune fille, être charmante sans le vouloir.
Marie adolescente parlait peu.
\/ous aussi) soyez sobre dans vos paroles, avec l'aide de Marie